Se faire une PAL, c'est bien pratique...
Mais... je suis trop fétichiste avec mes livres pour me résigner à empiler ce qui est à lire.
Donc... Voici la Liste-Pile-à-Lire! De ce qui est sagement rangé en attendant son tour, un jour peut-être...
Aguilera Juan Miguel, Mondes et Démons Auster Paul, Brooklin Follies
Barbery, Muriel, L'Elégance du hérisson Bobineau Olivier (direction), Le Satanisme Brooks Max, Guide de survie en territoire zombie Card, Orson Scott, La
Stratégie Ender Clément, Catherine, Le voyage de Théo Cook Glen, Garret, détective privé T.1 Eschbach Andreas, En panne sèche
Féval, Paul, Le Bossu Fioretto Pascal, Et si c'était niais? Hobb Robin, L'Assassin royal Jubert Hervé, Blanche ou la triple contrinte de
l'enfer Modiano Patrick, Accident nocturne
Morpurgo Michael, Le trésor des O'Brien Schmitt Eric-Emmanuel, Odette Toulemonde
Shecley Robert, Echange standard Sternberg Jacques, Univers Zéro et autres nouvelles
Sternberg Jacques, La Sortie est au fond de l'espace Todorov Tzvetan, La Littérature en péril Tolkien JRR, Le Fermier Gilles de Ham Willis Connie, Le Grand
Livre Zelazny Roger, Les Neufs princes d'Ambre
Anthologies: Dufour Catherine, L'Accroissement mathématique du plaisir (Pro)créations
Catastrophes (Omnibus) Histoires de fins du monde (La grande anthologie de la SF)
Dans la catégorie "faut vraiment que je le relise parce que j'avais trouvé ça vachement bien mais j'en ai oublié les trois quarts":
Jasper Fforde, L'Affaire Jane Eyre Maurice Druon, Les Rois maudits George Sand, Consuelo
Ceux qui me connaissent savent que je suis une grande râleuse, et que j'ai rapidement un langage des plus fleuris quand
je m'agace (d'ailleurs, j'en connais quelques uns qui, suivant mon élégant exemple,
parlent de "foutrechiottes" plutôt que d'assureurs, mais ceci est une autre histoire).
Quotidiennement, je trouve sujet à piquer des colères dans l'actualité, particulièrement fertile en conneries, dégouliniaiseries, et non-sens politiques. Mais ce blog n'étant pas composé de
billets d'humeur, je me modère et vais cracher mon fiel agacé ( juste titre, toujours) ailleurs.
Mais LA... il est question de littérature.
De liberté d'expression.
Avez-vous entendu parler d'Eric Raoult?
J'ai découvert ce personnage hier, dans cet article ahurissant. La mâchoire m'en
est tombée.
Qu'un député tienne de tels propos me scandalise. Vivre dans un pays où un tel homme a été élu m'inquiète et m'effraie...
Décidément, la démocratie va mal. J'avoue qu'en plus de la colère, j'éprouve un réel malaise en lisant ce genre de choses.
En illustration, une suggestion de lecture de circonstance, pour la peine.
Ah, James Morrow.... plus je le lis, et plus je l'aime...
J'ai trainé un peu avant de m'offrir le Dernier Chasseur de sorcières, et, honnêtement, c'est franchement une honte. C'est de ma faute aussi, je croyais bêtement que c'était un roman historique.
Certes, tout roman historique peut avoir des allures d'uchronie, mais je ne me sentais pas d'humeur. Puis j'ai commencé ce roman.
Il nous raconte la vie de Jennet Stearne, qui a moins d'une dizaine d'années en 1688, et est éduquée par sa tante Isobel, femme férue de sciences tandis que son père exerce par monts et par vaux le
dur métier de chasseur de sorcières. Bien sûr, science et croyance ne font pas bon ménage, et les choses tournent mal pour Isobel, pourtant décidée à prêter main forte à son beau-frère en tentant
de prouver la présence de preuves diaboliques dans les familiers des condamnées.
Isobel meurt sur le bûcher, malgré les efforts de Jennet pour faire intervenir Newton lors du procès, dans l'espoir d'une démonstration de la non-existence des démons.
Jennet promet de consacrer sa vie à prouver que la sorcellerie n'existe pas, et suit quelque temps plus tard son père et son frère, futur successeur de la charge familial en Amérique.
Il faut lire ce roman. Les rebondissements sont riches et nombreux, l'érudition réjouissante, la plume de James Morrow affûtée comme jamais... et le narrateur n'est autre que Principia
Mathematica d'un certain Isaac Newton, excusez du peu. La peinture d'un pays naissant est aussi touffue que colorée, et surtout, surtout, la galerie de personnages passionnantes. Qu'ils soient
pures créations ou inspirés de l'histoire, leur efficacité est la même, que ce soit pour Barnaby, conservateur d'un musée de l'étrange composé de foetus déformés en bocaux, ou encore Ben Franklin,
déjà un génie passionnant. Et toujours, derrière un cynisme et un humour à toute épreuve, une véritable réflexion de fond sur la condition humaine et son rapport au monde, et à
Dieu...
Ce qui est hyper agréable quand on revient des Utopiales (et qu'on laisse de côté la question vexante des finances), c'est qu'on en ramène un tas de trucs vers lesquels on ne se
serait jamais tourné en restant chez soi. Des Lendemains sans Nuage entre dans cette catégorie. D'autant plus que des BD, vu que je n'en lis pas, ce n'est pas moi qui vais en acheter! Preuve est faite (si besoin était) que c'est
un tort.
Tout commence dans un futur aseptisé qui ressemble à plusieurs romans bien connus. Le monde est aux mains de F.G.Wilson, homme à la tête d'un groupe financier immense qui a une main mise sur chacun
entre autres grâce l'implant de puces cérébrales qui ont pour particularité d'empêcher quiconque de s'en prendre à lui.
Un homme décide de changer le cours de l'histoire, et revient dans le passé, au moment où la vie de Wilson aurait pu prendre une tournure radicalement différente: la biographie de ce dernier révèle
qu'un manuscrit lui a été volé dans sa jeunesse, mettant fin à une carrière prometteuse avant même qu'elle ne commence.
Nolan Ska part donc à la rencontre du jeune Wilson... et découvre que ses talents littéraires tiennent purement du mythe.
Une BD d'un genre complètement nouveau pour moi: l'intrigue principale est enrichie d'histoires brèves, à la manière de nouvelles émaillant un texte (au fait, parle-t-on de nouvelles dans la monde
de la BD?), et des nouvelles de SF comme j'en lis finalement peu.
Rien de révolutionnaire dans les idées (je me demande toujours si L'homme pressé ne serait pas inspiré d'une nouvelle où tous les hommes sont dopés et où les JO ne sont plus que des
affrontements de laboratoire... nouvelle que je n'ai pas lu et dont j'ignore le titre... peu pratique pour la trouver et vérifier! Si vous voyez de quoi je parle, ça m'intéresse!), mais un ensemble
bien mené et avec de fines touches d'humour.
Une
anthologie de Sf érotique, quoi de plus prometteur? 69 rassemble 12 nouvelles de grandes plumes actuelles du genre. Et quand on parle de plumes... ce sont, entre autres, celles de Stéphane
Beauverger, Maïa Mazaurette, Mélanie Fazi ou encore Joëlle Wintrebert qui écrivent ici. Douze textes qui ont en commun une sensualité débordante, un goût prononcé pour l'affûtage des mots, la
recherche d'univers charnels envoutants, dérangeants ou décalés.
Une bien agréable surprise, que je n'aurais pas cru ramener des Utopiales (il fallait bien un prétexte pour aller causer à Maïa Mazaurette, que voulez-vous!), et que je ne regrette absolument
pas.
Berthelot nous entraîne dans un cinéma futuriste où le peplum est devenu interactif, Mazaurette (oui, encore elle) dans une lune de miel a priori des mieux orchestrée, Sylvie Lainé dans une
réflexion de fond sur ce qui compose la plaisir charnel... Le plus beau des textes est certainement celui de Mélanie Fazi, auteur dont j'ai souvent entendu parler sans encore prendre le temps d'en
lire quoi que ce soit, et ce fut réellement une belle découverte. Sa nouvelle, Miroir de porcelaine, est d'une très grande poésie, dans ces zones limitrophes mal définies entre fantastique
et SF et vaut vraiment le détour.
Et puis, surprise! Gudule n'est plus pour moi l'auteur de la gentillette Bibliothécaire, mais aussi un auteur accompli pour adulte. Dans tous les sens du terme.
Au final, un recueil vraiment sympa, qui réussit le tour de maître de rester fidèle au genre de la Sf sans jamais basculer dans la pornographie, ce qui était loin d'être gagné avec une telle
thématique et qui a en plus l'avantage non négligeable de m'avoir donné envie de découvrir d'autres écrits des auteurs mis à contribution.
La vie fait parfois bien les choses. Ou plutôt réussit à se rattraper des malheureux hasards qu'on y rencontre. Car, en toute honnêteté, je me serais bien
passée de la grippe (oui, vraisemblablement celle dont tout le monde parle), mais quitte à l'avoir, j'aime autant avoir de littérature jeunesse sous la main plutôt qu'être condamnée à me dire que
je ne comprends rien à rien de ce que je lis (oui, l'option magazine féminin quand je grelotte emmitouflée sous ma couette, ça me déprime).
Voilà donc un heureux hasard que celui qui me fit faire le tour des blogs de ma connaissance avant d'aller écumer les rayons de ma voisine la bibliothèque municipale. En général, de douloureuses
hésitations, que vous comprendrez d'autant mieux si je précise qu'une des bibliothécaires est (grande) lectrice de SF et en fait bien profiter les rayons.
Et puis, en une veille d'Utopiales, je voulais être raisonnable et ne point trop en ramener, des livres. Et puis, un titre de jeunesse, c'est vite lu, et toujours ça de pris pour éventuellement en
parler en classe.
C'est donc en ayant fraîchement lu l'avis plutôt enthousiaste de Liliba que j'ai cherché Le Passage. Enfin,
cherché avec l'aide du charmant bibliothécaire jeunesse, car pour une obscure raison, le roman avec lequel je suis rentrée s'appelle La morsure du lézard, ce qui s'explique finalement par
l'adaptation Disney du roman sous ce titre. N'aurais-je été malade quand j'ai commencé ma lecture, ce détail aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Holes, donc, pour reprendre le titre choisi par l'auteur (le seul des trois que je trouve justifié et compréhensible) est l'histoire de Stanley Yelnats, condamné à tort à être envoyé dans
un camp de redressement pour jeunes délinquants. La vie s'annonce sombre là-bas: sa punition et celle des co-détenus consiste à creuser chaque jour un trou d'un mètre cinquante de profondeur et de
diamètre, dans le vague espoir d'y trouver quelque chose qui intéresse le Directeur et permette d'obtenir une journée de repos...
Très vite, je me suis sentie mal à l'aise dans ce roman. C'est finalement une pure histoire de maltraitance et d'abus de pouvoir que celle que nous raconte Louis Sachar, un enfer sur terre qui n'a
l'air de déranger personne, à croire que les Américains seraient coutumiers du fait (ce qui n'est peut-être pas faux, je n'en sais rien en fin de compte). J'avoue que je craignais un peu le Happy
End, et les hasards les plus improbables qui débloqueraient la situation et... je les craignais à juste titre. Même embrumée par les miasmes et la fièvre.
Un roman pas si mal écrit (ou bien traduit?), mais une intrigue qui me laisse de marbre. Trop d'irréalisme et de hasards heureux, trop de personnages manichéens... bref, tout ce qui me dérange.
Mais soyons honnête: quand mon cerveau mouline à vide, ça passe très bien... et je suis sûre qu'il plairait à plus d'un de mes élèves.
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