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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 16:40

baroque.jpgAuteur dont je connaissais déjà un peu la plume grâce au recueil Hommage à Sir Terence, dans lequel on peut lire "Sale Petite Peste", à mes yeux l'un des textes les plus réussis de cette anthologie (dont je n'ai pas parlé, comme d'une pile de livre au moins aussi haute que moi à l'heure actuelle... tempus fugit !)... je n'avais absolument pas prévu de ramener Baroque'n'Roll du festival Zone Franche, mais que voulez-vous, il est des mots qui déclenchent chez moi des réflexes pavloviens, et happant au passage quelques noms de groupes que d'aucuns qualifient de "gros bruit qui têche", je me suis arrêtée. Et j'ai cédé.

Et même que je ne le regrette pas.

Sont réunies ici quinze nouvelles, parues dans divers supports avant d'être rassemblées. Fantasy, fantastique et horreur se mélangent, dans des histoires hétéroclites qui m'ont plu à des degrés différents. Si je suis restée plutôt hermétique à "L'internat de Tatie Billot" (un pensionnat où les récalcitrants finissent mal) et à "Courrières" (l'accident de la mine revisité), plusieurs idées m'ont amusée, notamment "Permission de minuit" (un vampire s'improvise baby-sitter, s'il réussit, les deux enfants qui lui sont confiés feront partie du salaire), ou "Nuage rouge", où l'influence de Pratchett se fait sentir.

D'autres textes encore jouent avec une certaine poésie morbide, un peu adolescente pour "Madone nécrose". "Noblesse oblique" (ou "noblesse oblige" ? ...titre qui apparaît au sommaire différent de celui qui surplombe le texte) laisse matière à réfléchir, et en parcourant à nouveau le sommaire, je crois que j'ai une préférence pour "Fée d'hiver". Une nuit inquiétante, pendant la seconde guerre mondiale, où la fraicheur de l'enfance rencontre le danger. Finalement, peut-être est-ce quand ils s'éloignent du gore ou de l'humour potache que les textes sont les plus réussis dans ce livre.

Je pense qu'il y a un sacré truc générationnel si j'ai pris autant de plaisir à les lire, entre les groupes dont se réclame l'inspiration de l'auteur et les échos à des textes appréciés par ailleurs, j'ai été servie. En guise de bilan, une bonne lecture de bus, ce qui n'est pas péjoratif de ma part !

 

Un regret tout de même... je ne suis pas extrêmement regardante sur la fabrication des livres en général, mais je crois que les jeunes éditions Midgard ont quelques progrès à faire. Le film qui couvre la couverture se décolle en se tortillant, la pagination de la table des matières ne correspond pas, et les coquilles... glurps.

Par Angua - Publié dans : Lectures SFF
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 12:45

 

elliot.jpgAvoir avoir tapé "harcèlement à l'école" dans le catalogue de ma bibliothèque municipale, je suis tombée sur ce roman au milieu d'essais plus proches de ce que je cherchais. Je l'ai emprunté sans conviction, avec le vague espoir d'avoir peut-être un truc à proposer à lire sur le sujet. Avec lui, le très intéressant Harcèlements à l'école, de Nicole Catheline, qui a le mérite d'aborder le sujet clairement et de proposer des pistes de réflexion. Je ne peux que conseiller ce titre si le sujet vous intéresse, mais entre les deux, c'est clairement Elliot dont je veux garder une trace.

Elliot est un souffre-douleur, un de ces vrais gamins victime sans qu'on sache trop pourquoi. Oh si, on se doute que ses vêtements défraîchis et son caractère rêveur n'aident en rien, mais, et c'est là que le profond réalisme de la situation m'a interpellée, rien qui n'explique comment un enfant ou un ado "lambda" devienne un véritable bourreau face à la faiblesse.

Dès les premières pages, nous le voyons intégrer un nouveau lycée. Elliot vit dans la peur, calcule chaque geste, chaque attitude, pour passer inaperçu, mais pas trop non plus, il doit aussi réussir, mais juste suffisamment. Chaque contact avec l'autre est source d'angoisse et de réflexions sans fin sur ce qu'il doit faire, ne pas faire, pour ne pas retomber dans la spirale qu'il a quittée. Son nouveau lycée se veut de bonne réputation, mais par définition, accueille des adolescents. L'âge où les phénomènes de groupe sont les plus violents. De victime, Elliot devient simultanément témoin et complice, malgré lui, surtout lorsque les Gardiens, grands organisateurs des lynchages demandent à le rencontrer pour qu'il devienne l'un des leurs...

J'ai lu ce roman avec un oeil particulier. D'une part, l'enseignante qui se demande comment, p***, b***l, m**de, faire quelque chose pour calmer un beau cas de mise au ban dans sa classe. D'autre part, l'ancienne animatrice/formatrice BAFA qui a passé un bon paquet de semaines à décortiquer les relations dans les groupes et à tenter d'en faire comprendre les mécanismes les plus courants. D'autre part encore, l'oeil de la lectrice, qui s'est laissé entraîner dans un roman haletant, où les angoisses d'Elliot sont palpables, les personnages criants de réalité, et le scénario efficace. L'auteur a réussi à retrouver les interrogations adolescentes et à mettre en scène la complexité des relations de domination qui poussent l'individu à l'extrême, et si mes collégiens sont encore un peu jeunes, voilà néanmoins une beau texte à proposer à des plus âgés.

Par Angua - Publié dans : Lectures curieuses
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 21:16

big-blackwood.jpgJe trouve le titre de ce recueil magnifique. C'est d'ailleurs à cause de cela que je l'ai emprunté, même si le nom de l'auteur me disait bien vaguement quelque chose aussi.

L'Arbre Vengeur nous propose ici des nouvelles fantastiques à l'ancienne, écrites dans une langue belle et travaillée. Où l'action prend son temps pour s'installer, tandis que l'angoisse monte chez les personnages, le plus souvent face à des forces dont ils ne peuvent que soupçonner l'étendue, choses impuissantes qu'ils sont. Les forces de la nature entre autre, font des leurs et font frémir, que ce soit dans "les Saules", nouvelles qui ouvre le livre et livrent deux canotiers campeurs à d'anciennes divinités présentes sur le Danube, ou "L'homme que les arbres aimaient", où un brave retraité de la compagnie des Indes se laisse aller à sa profonde passion pour les arbres. Passion partagée...

Des thèmes bien classiques se retrouvent aussi (maison maudite, Petit Peuple, vies antérieures aux traces dans le présent), chaque fois avec les ingrédients nécessaires pour entretenir le doute qui fait la saveur du genre, celle que j'aime y trouver, et avec une maîtrise qui amène vraiment à se demander pourquoi cet auteur n'est pas davantage connu parmi les classiques.

Par Angua - Publié dans : Lectures SFF
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 18:54

v.jpgVoilà une BD déroutante, et pourtant, ô combien bonne...

Vivant dans une dimension parallèle, je n'avais jamais entendu parler du film ni de la BD avant les Utopiales dernières. Seul le masque m'évoquait quelque chose, à savoir les Indignés et la révolte. Il était temps que je passe aux origines du symbole.

Fin des années 90. L'Angleterre est une dictature, la catastrophe a eu lieu et un état fascisant est en place oppressant et exploitant l'homme comme il se doit dans un tel contexte. L'humanité de la fiction n'est pas trop loin de celle d'aujourd'hui : épuisement, désespoir, peu de temps, d'énergie et surtout peu de clefs pour réfléchir au monde alentour. Un soir où une adolescente part vendre son corps pour la première fois, la mort dans l'âme, son premier client est un agent de l'ordre. Bien sûr, ce qu'elle veut faire est interdit et mérite un châtiment, mais ce serait encore trop agréable pour elle si l'homme et ses sbires ne profitaient pas de la situation auparavant. Tout à coup, tel le héros surgi de la nuit, un inconnu intervient, la sauve et ... une première explosion a lieu. L'homme au masque, le sauveur, se fait appeler V. Aussi efficace que mystérieux, il est l'agitateur, le réveil des foules et l'angoisse du pouvoir qui ne parvient qu'à découvrir une chose : V est un ancien détenu d'un camp où se pratiquaient des expériences peu avouables, ce qui aurait eu pour conséquence d'en faire un homme à part.
Nous sommes bien du côté comics, monde que je connais peu, mais V m'y parait à part. Il est simplement fascinant. Son langage se fait de citations littéraires, son esprit reste à la fois insaisissable et transparent, ses actes extrêmes et désintéressés, au service d'une seule cause : impulser la révolution. Quel qu'en soit le prix, il sera celui qui détruit pour permettre aux autres de reconstruire.

Le tout dans un dessin dense, pesant comme Londres et l'angoisse qui y règne, avec un scénario peut-être classique, mais où les ficelles sont suffisamment bien tirées pour qu'on les oublie. Heureusement que j'ai lu l'intégrale sans avoir à patienter entre les différents tomes.

Par Angua - Publié dans : Lectures SFF
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 18:38

momie.jpgUn tout petit billet sur une lecture qui commence à dater et que j'aurais déjà oubliée si elle n'était restée sur mon bureau...

Prêt d'un ami amateur de polars, qui me l'a présenté comme un roman où le personnage principal est la ville de Paris à la fin du XIXe. Après lecture... il avait totalement raison ! Non que ça m'étonne, mais trois semaines après l'avoir refermé, c'est à peu près tout ce qui m'en reste.

Pour ne pas résumer, ce roman est le 8e tome d'une série, dans laquelle les personnages sont les mêmes et évoluent. Tout commence ici lors d'un déchargement de bateau, quand un gamin de Paris fait une découverte horrifiante, se prolonge avec le licenciement d'un employé modèle d'une usine de parfums et la mort particulièrement suspecte d'une brave brocanteuse avec qui l'un des héros (et néanmoins libraire) a l'habitude de traiter. Je ne me suis pas prise au jeu de reconstituer les pièces du puzzle qui forment l'énigme (si je suis honnête avec moi-même... ça m'intéresse rarement), par contre, le portrait de Paris.... je me suis laissée séduire.

Un roman finalement très reposant, mais aussi bien agréable, dans une atmosphère qui semble être la cousine française des textes d'Anne Perry.

Par Angua - Publié dans : Lectures curieuses
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