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  Journalsemilitteraire

Articles avec #lectures classiques tag

Frankenstein à Bagdad ( Ahmed Saadawi)

30 Juin 2017 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures curieuses, #Lectures classiques

Des romans qui intriguent et qui tranchent, et s'éloignent de mes us et coutumes de lectures science-fictifs... il en manque, mais le vide se comble un peu avec Frankenstein à Bagdad.

Dans mon imaginaire collectif personnel, Bagdad, c'est les Mille et une Nuits. Je vois de trop près des visages d'expatriés qui fuient des pays où l'ambiance est la même pour oser me demander quel y est le quotidien aujourd'hui. D'ailleurs, dans ce livre, nous ne sommes pas aujourd'hui, mais en 2003, année pas forcément paisible.

 

Hadi est un vieux chiffonnier bien connu du quartier de Batawin, qui raconte à qui veut l'entendre des histoires plus abracadabrantes les unes que les autres. Pour une raison qu'il a du mal à s'expliquer lui-même, il récupère des morceaux de cadavres après des attentats et reconstitue un corps, qui s'anime une fois complet... Le Trucmuche, ainsi qu'il le surnomme, se rend chez sa voisine, la vieille Elishua, restée seule en Irak malgré l'insistance de ses filles pour l'emmener avec elles dans un pays plus sûr. Elishua Oum Daniel refuse de croire à la mort de son fils, disparu une vingtaine d'années plus tôt, et l'attend chaque jour en priant St Georges, qui a le bon goût de lui répondre à travers le vieux tableau qui le représente dans son salon. Quand la silhouette du Trucmuche se dessine dans l'encadrement de sa porte, aucun doute n'est possible : c'est bien Daniel, le revenant tant espéré !

Des meurtres inexplicables se multiplient peu après dans les rues de Bagdad. Inexplicables ? Le Trucmuche, rebaptisé le Sans Nom par la police qui le traque, a soif de vengeance pour chacun de ceux qui le composent. Problème: à chaque victime vengée, le morceau de celle-ci se nécrose et tombe...

Le parcours du Trucmuche n'est pourtant qu'une petite partie de ce roman, où on suit davantage Mahmoud, journaliste montant qui a la chance d'interviewer Hadi et d'en obtenir un enregistrement du Trucmuche. Un petit événement dans son parcours, où on le voit surtout se démener pour avoir les faveurs de la maitresse de son patron.

Les fils narratifs s'entrecroisent et rejoignent le Trucmuche pour en faire le centre complexe d'intrigues finalement simples. Dans la ville meurtrie et meurtrière, l'enjeu de chacun est de vivre au quotidien malgré les conflits, la corruption et la folie des hommes. La création du chiffonnier incarne une soif de vie et de justice, un super héros qui suscite terreur et fascination, dont la légende fait plus que le personnage, en proie lui aussi au doute.

Ce roman a un charme bien particulier, celui de la littérature qui a de la profondeur sans en avoir l'air, et inviterait presque à une deuxième lecture, plus analytique cette fois, pour approfondir les liens qui se forment entre ses composants et la métaphore de l'humanité que forme le Trucmuche.

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Capitaine Futur - L'Empereur de l'espace (Edmond Hamilton)

5 Avril 2017 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures curieuses, #Un journal semi-littéraire, #Lectures classiques

Je ne suis pas très friande de pulps, ni de SF de l'âge d'or, et je ne suis pas sûre que j'aurais cédé à la curiosité en m'offrant un Capitaine Futur... mais... la joie des SP a oeuvré !

Capitaine Flam était l'un des héros de mon enfance. Je dis parfois que mon amour pour la SF s'est révélé avec Philip Ebly, mais le terrain avait été défriché par toute une clique d'animés du Club Dorothée, bien avant que je ne me penche sur ce qu'on trouvait en bibliothèque. Et Capitaine Flam... vraiment, je l'aimais. Au point de n'en avoir revu aucun épisode à l'âge adulte, de peur d'être déçue et de voir disparaitre la magie attachée au souvenir.

Là, par contre, découvrir les origines, ça me paraissait moins dangereux... et j'ai un peu trépigné en découvrant les deux premiers bouquins.

 

Capitaine Futur ? Ne cherchez pas. C'est lui, c'est bien lui, le Héros qu'on appelle à la rescousse, dont le seul nom suffit pour faire trembler le Vilain et le Méchant ! Ses acolytes sont les mêmes (quoi que... "le petit copain Ken" ? On le voit plus tard ?), l'ambiance délicieusement désuète, et l'humanité retient son souffle quand il arrive à son secours.

Ici, la mission est de taille (évidemment). Un mystérieux Empereur de l'espace serait à l'origine d'un virus terrible qui fait régresser ses victimes, les ramenant à leur condition simiesque ! C'est cousu de fil blanc, les rebondissements sont improbables, chaque situation désespérée se voit résolue de justesse et toujours avec panache. Le Capitaine Futur a bien conscience de son caractère exceptionnel, ses gadgets et ses fidèles amis sauront toujours le tirer d'affaire et venir à bout de l'ennemi.

Un grand moment de lecture suranné, dont je me suis délectée, autant par le plaisir des retrouvailles que pour la naïveté touchante d'un héros d'une autre époque.

 

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La Promesse de l'aube (Romain Gary)

9 Octobre 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Roman qui mériterait la création d'une catégorie "il était temps !". Car oui, depuis le temps que j'en fais étudier des extraits en classe, et que je clame à qui veut l'entendre que La Vie devant soi est un des meilleurs romans que j'aie lu, il n'y avait pas de raisons valables de ne pas déjà l'avoir lu. Ou peut-être si, une seule, cette peur que j'ai de voir émerger des chagrins enfouis face au récit de la mort d'un parent, peur injustifiée ici.

Même si j'ai conscience de m'attirer de folles visites de lycéens en quêtes de "résumé complet" en me lançant dans l'exercice, je n'aurai pas la prétention de faire de "compte-rendu" ou autre "fiche de lecture". Je me contenterai d'une citation :

 

- Il m'a fait lire du Proust, du Tolstoï et du Dostoïevski, déclara la malheureuse, avec un regard à vous fendre le cœur. Maintenant, qu'est-ce que je vais devenir ?
Je dois dire que ma mère fut très frappée par cette preuve flagrante de mes intentions et jeta un coup d’œil peiné. j'étais manifestement allé trop loin. Je me sentais moi-même assez embarrassé car il était exact que j'avais fait ingurgiter à Adèle tout Proust coup sur coup, et, pour elle, c'était en somme, comme si elle eût déjà cousu sa robe de mariée.

 

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee)

18 Juillet 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Voilà. Je l'ai lu. Et vite, si vite que je me suis souvenue qu'à une époque, un roman de cette épaisseur était englouti en quelques jours, que la magie est aussi capable d'opérer dans un roman de "blanche". Marrant, d'ailleurs, cet adjectif stupide, pour qualifier le non SFF, encore une fois il laisse à penser pour évoquer un romen où la couleur est une question cruciale.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee)

L'Alabama, les années 30, trois années d'enfance narrées à travers le point de vue de Scout, personnage principal dont on se délecte de l'humour et de la fausse candeur dès les premières pages. Elle grandit entre Jem, son frète, Atticus, son père, avocat réputé, et Calpurnia, bonne à tout faire noire qui a élevée les deux enfants orphelins de mère comme les siens dans la petite ville puritaine et fortement ségrégationniatse de Maycombe. Scout mène une enfance heureuse, aux allures idéales : on la laisse jouer en salopette, le monde lui appartient comme la liberté accordée aux enfants le permet encore, et les mystères du monde adulte ne la soucient que modérément. Modérément... mais tout de même. Le mystérieux voisin qui ne sort jamais mérite qu'on se penche sur son cas, et se voit l'origine involontaire de multiples plans destinés à le faire sortir de chez lui. Miss Maudie, vieille sympathique, inspire parfois des questions. L'arrivée d'une institutrice dépassée par la réalité d'une classe a de quoi faire pouffer, tandis que les procès auquel son père plaide restent lointains... jusqu'au jour de l'affaire Tom Robinson, homme Noir accusé d'avoir violé une Blanche, résonne jusque dans la cour de l'école.

Il y a un ton, une ambiance, une magie dans ce roman. Une sorte d'idéal, d'espoir, parfois rattrapé par le réel et sa violence, mais surtout un humour décapant. Une vraie lecture de vacances, qui porte.

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Le monde englouti (J. G. Ballard)

15 Juin 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Post-It, #Lectures SFF, #Lectures classiques

Post it pour un roman qui mériterait mieux (et ne sera certainement pas le seul de la catégorie)...

A voir les images de la ville où j'ai grandi sous les eaux, à voir celles des environs et d'un peu plus loin, j'ai senti l'urgence à lire ce roman. Ballard, c'est toujours grand et douloureux, et pas vraiment joyeux.

Kerans est biologiste, en mission dans une ville d'Europe sous les eaux. Tout est tellement noyé que plus personne ne sait vraiment de laquelle il s'agit, d'ailleurs, ce qui n'a pas tellement d'importance maintenant que la majeure partie d'une humanité décimée vit dans les pôles et que les principales interrogations portent sur la montée de la températute. La faune et la flore ont bien changé depuis notre ère, il semblerait que l'homme évolue aussi, remontant malgré lui dans le temps dans ses rêves de Trias...

 

Le monde englouti (J. G. Ballard)

Face à la catastrophe, l'humain reste finalement tel qu'on le connait, et sombre peu à peu dans la démence, malgré des apparences trompeuses. L'eau monte, décroît artificiellement avant de mieux submerger ce qu'on aurait cru revoir d'humanité... et c'est douloureux, aussi bien pour Kerans que le lecteur, mais je n'ai pas regretté de m'y être plongée. Même entre deux coups d'oeil à la cave pour voir si l'avancée de la situation méritait de pomper encore.

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Les aventures d'Huckleberry Finn (Mark Twain)

2 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Tom Sawyer (c'est l'Amérique) a bercé mon enfance, et lire La Longue Guerre (dont je vous parlerai peut-être un jour), où voyager à bord de Twains se fait le plus naturellement du monde, m'a rappelé la présence des aventures de Huck sur une étagère, à défaut de celles de Tom dont nous avons ici la suite directe.

 

 

Les aventures d'Huckleberry Finn (Mark Twain)

Recueilli par celle qu'il appelle La Veuve, Huck n'est prêt ni à renoncer à une vie d'aventure, ni à se plier aux bons usages, même s'il y met une certaine bonne volonté. Son père, alcoolique notoire, finit par l'enlever, bien décidé à reprendre le contrôle de ce fils enrichi de 6000 dollars qu'il refuse de lui céder, l'ingrat. Or, Huck a plus d'un tour dans son sac et maquille sa fuite en meurtre pour mieux aller se cacher dans l'île Jackson, où il croise Jim, l'un des esclaves de la Veuve en fuite lui aussi. Et c'est ainsi que débute l'aventure : en quête de tranquillité, les voilà qui descendent le Mississippi vers des états où Jim sera libre et pourra espérer racheter sa famille.

Contrairement à ce que ce résumé pourrait laisser penser, foin d'une histoire grave ou dramatique ici. Huck, en narrateur digne de ce nom, nous fait partager non seulement ses péripéties, mais aussi ses réflexions sur le monde, qui tournent autour de ce sujet crucial : son amour profond de la liberté. Le paradoxe est ainsi d'autant plus fort, car le fugitif qui l'accompagne n'est pas n'importe qui, c'est un Nègre, possession de la veuve qui a été si bonne pour lui... et ce qui se lit pourtant le sourire aux lèvres prend un sens nouveau. C'est l'esprit des états esclavagistes qui a formé Huck, qui n'en demeure pas moins un compagnon aussi fidèle que Jim peut l'être pour lui.

Je me suis régalée, sans pour autant oublier la question qui me taraudait au début de ma lecture : à conseiller à des collégiens ? Mon exemplaires antédiluvien a pour origine le désherbage d'une bibliothèque de collège, il y a bien eu une époque où certains l'ont fait. Je me verrais le proposer, mais je serais chagrinée de le faire sans accompagnement, donner la parole à Huck fait à la fois un texte riche, dense, pas du tout politiquement correct mais si jubilatoire qu'il serait dommage de passer à côté.

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Calvin & Hobbes - L'Intégrale (Bill Watterson)

26 Janvier 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques, #Lectures convalescentes

Je vous écris d'un moment très particulier. Figurez que je n'ai pas été assise à ce bureau, dans mon antre, depuis 11 jours exactement, suite à des aventures médicales qui m'ont immobilisée au plus profond de mon canapé, dont vous assistez par écran interposé à ma première sortie. Maintenant que mon corps va mieux, j'aimerais voir où en sont mes neurones, vu que je suis censée reprendre une activité normale sous peu.

Le moment semble donc idéal pour vanter, si besoin en est, les innombrables mérites de Calvin & Hobbes, dont on m'a offert l'Intégrale (oui, avec majuscule) lors de récentes réjouissances païennes.

Aaaahhh, Calvin & Hobbes. L'année dernière, j'avais entrepris d'en lire l'intégralité, à savoir ce que j'en trouverais à la Municipale ma voisine. Bien équipée d'ailleurs. A un ou deux tomes près, je crois que j'y étais. Mais cette fois, c'est chose sûre, et faite, sans même une impression de redite.

Imaginons qu'il y ait des profanes qui ignorent de quoi je parle. Calvin, c'est lui :

 

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Très souvent acconmpagné de son tigre Hobbes (que son entourage aveugle persiste à voir comme uen peluche), Clavin est un génie de six ans au quotidien aussi profond que drôle. Et du drôle, croyez-moi, j'en ai bien besoin.

 

 

Relire cette série m'a fait du bien, mais du bien ! Cette tranche de bonheur à l'état brut est encore disponible à quelques adresses, oublions qu'elle coûte le double en français par rapport à la VO (non, mais sans déconner ?), qu'une planche est par erreur imprimée deux fois à la suite quelque part dans le 3e tome, et que la traduction, revue, a peut-être perdu en fraîcheur, l'ambiance si particulière, les bonshommes de neige psychopathes, la persévérante Miss Wormwood, les parents cyniques et résignés de Calvin rattrapent largement ces défauts.

Pour conclure, Calvin & Hobbes, c'est bon, lisez-en. Et un lien vers le blog grâce auquel j'avais découvert cette parution, et pris l'air dégagé quelques semaines à l'avances pour dire à quel point c'était une merveilleuse idée de cadeau, parce qu'il le vaut bien.

 

Edition du 3 février : et qui a eu le Grand Prix du festival d'Angoulème ? Hum, qui, je vous le demande ? :D

 

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Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? a.k.a Bladerunner (Philip K. Dick)

22 Octobre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures classiques

Couverture

Je dois être dans une période nostalgique pour relire tant de choses... mais là encore, le souvenir était si loin que ce fut comme une découverte ! Comme à l'époque, je découvrais la SF grâce à Dick, exposé sous la forme de gros omnibus dans la bibliothèque où je me fournissais, j'ai replongé dans la fascination des origines...

Dès les premières pages, l'immersion est totale et le monde dense. Deckard, un chasseur de prime, se réveille avec l'orgue d'humeur pour commencer une journée comme une autre, à la poursuite d'androïdes clandestinement arrivés de la colonie martienne où ils travaillent à de basses besognes. La terre devient stérile, réduisant l'expansion humaine, interdisant la vie à des espèces de plus en plus nombreuses, et faisant de la possession d'un animal vivant l'ultime signe de richesse... à moins que ce ne soit le dernier palliatif à la profonde solitude des hommes, habitants de vastes immeubles délaissés, où leurs vies sont déclassées.

Deckard est invité à commencer sa nouvelle mission (l'élimination de Nexus-6, nouvelle série un peu trop proche de l'humain) par une visite à la fondation Rosen, créateur des androïdes. Il y rencontre la fascinante Rachel, élément clef de la suite de sa quête...

Je sais, d'autres l'ont dit et redit avant moi, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? est un chef d’œuvre. Je le répéterai quand même. Derrière ses allures de roman policier, Dick pose la question de ce qui fait l'humanité et de ses sentiments les plus profonds, sur fond d'un futur noir et, hélas, toujours aussi crédible (la VO date de 1968). Un texte grandiose et intemporel, qui répond à la perpétuelle question de savoir ce qu'est un classique : il suffit de s'y plonger.

 

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17 Septembre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Face aux vicissitudes quotidiennes, j'entreprends cette année un grand chantier d'organisation de mes journées et de mes lectures. Parfaitement. J'ai même, après des années de résistance, cédé à l'appel de la PAL avec des règles strictes, à savoir, pas plus de cinq trucs à la fois sur ma table de nuit, lus sans ordre particulier (autant dire l'anarchie la plus totale).

Entropie doit être mon 2e nom.

Parce que bien évidemment, les BD ne tiennent pas sur la table susmentionnée. Un vide-grenier a occasionné l'entrée sous mon toit de quelques nouveaux tomes des aventures de Gaston Lagaffe... et j'ai sombré. Toutes ces années après mes premières lectures, je n'y vois plus la même chose, mais, ô que c'est bon ! Voilà, voilà ce qu'on devrait prescrire en anti-dépresseur ! A condition de rappeler l'effet secondaire (indésirable ?), à glousser devant les gros yeux de Prunelle à une heure du matin, le sommeil s'éloigne...

Gaston, c'est bon. Lisez-en, c'est grand.

 

 

 

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Mardi et le voyage qui y mena (Herman Melville)

15 Avril 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

mardi.jpgUn micro-article à prétention non-littéraire : je suis venue à bout de Mardi !

Et je n'en suis pas peu fière...

Pour vous présenter la Bête, en voilà une à laquelle on n'arrive pas par hasard. A moins d'être étudiant, agrégatif ou fichtrement curieux de littérature classique, on entend rarement parler de ce roman monstrueux, que j'ai moi-même découvert dans le programme d'agrégation de cette année (à ce propos, mes notes à l'écrit furent minables, mais je ne reste pas peu fière d'y être allée !).

 

Mardi est ce qu'on peut appeler en toute objectivité un Monstre de la Littérature. Près de 600 pages d'une langue fine et travaillée, débordant de références et de développement en tout genre. On n'en attend pas moins  d'un texte associé à la problématique "Fiction du savoir et savoir de la fiction". Le moins qu'on puisse dire, c'est que le texte offre de la résistance, qu'il n'est pas de ceux à lire paisiblement en attendant le sommeil (qui arrive au grand galop dans ce cas précis).

 

Mais qu'est-ce que Mardi ?

Le voyage d'un gentleman qui décide de quitter le baleinier où il estime avoir passé trop de temps alors qu'il aspire à l'aventure et à la découverte du vaste monde. Le voilà donc embarqué sur un frêle esquif avec le fidèle marin nordique, et à voguer d'une île à l'autre, découvrant moult peuplades et leurs coutumes, se trouvant de temps à autre pris dans une rixe ou une cérémonie religieuse primitive...

L'intrigue n'est pas l'intérêt du texte, qui supporte facilement d'être mis de côté et repris par la suite. la seconde moitié du roman voit se succéder les portraits des différentes tribus qui vient dans l'archipel de Mardi, sur un ton qui m'a rappelé plus d'une fois les contes philosophiques de Voltaire.

 

Bilan : ce fut long, parfois pénible, souvent épuisant, mais je l'ai eu. La souffrance n'a même pas été si grande que ça, passé une réadaptation du cerveau à ce style d'écriture, le plaisir intellectuel arrive et s'installe... et on est bien réjoui de ne pas avoir à aller développer le tout face à un jury.

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