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  Journalsemilitteraire

Articles avec #sff tag

Futu.re (Dmitry Glukhovsky)

24 Janvier 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #SFF, #Lectures SFF

Futu.re (Dmitry Glukhovsky)

... ou "chronique d'un éventuel abandon".

 

Dans le but vaguement honteux (tempus fugit) de redonner vie à ce blog poussiéreux, je me relance dans les impressions de lecture avec un roman que j'envisage de ne pas terminer.

Futu.re a tout pour me plaire, et figurez-vous qu'il me plait, en plus. Un futur noir, où l'immortalité est enfin acquise à l'homme, certes à celui qui vit dans la bonne région du monde en ces temps de crise et de surpopulation, mais acquise néanmoins pour la plupart. A un prix fort : l'impossibilité d'avoir un enfant sans y renoncer pour l'un des deux parents. Jan, le narrateur, est un Immortel, c'est-à-dire membre d'un groupe chargé de traquer les contrevenants pour leur retirer leurs enfants et leur faire l'injection qui relancera le processus de vieillissement. Un travail qu'il a été élevé pour faire, lui-même fils d'inconscients qui lui ont donné le jour sans autorisation.

Le roman s'ouvre lorsqu'il est chargé d'une mission officieuse a priori dans ses cordes : tuer un opposant politique qui a justement engrossé une femme dans l'illégalité. La mission ne se déroule pas comme prévu, l'opposant s'enfuie, Annelie, sa compagne, perd l'enfant alors que les comparses de Jan la violent...

Difficile d'aller plus loin sans spoiler. Le récit est entrecoupé de souvenir d'internat de Jan, cet internat si particulier où sont élevés les enfants de contrevenants, une éducation basée sur la violence et la haine, haine des enfants et des parents de manière générale. L'ambiance est efficace, forte, rythmée, et l'auteur n'a peur de rien pour assurer la cohérence de son univers. Il y parvient si bien que le malaise s'est peu à peu installé en moi durant ma lecture...

Il y a quelques années, je prêtais le premier tome de la trilogie Morgenstern, de Jubert, à une amie mère de famille pas du genre oie blanche. Elle me l'avais rendu, désolée, en me disant que peut-être oui, il aurait pu lui plaire si elle avait réussi à passer la scène de départ (un sacrifice d'enfant, si mes souvenirs sont bons). Aujourd'hui, je comprends. L'histoire de ma grossesse (la PMA et le sentiment d'injustice qui l'accompagne, sans entrer dans les détails) est encore trop récente, et mes questionnements sur ma condition de mère sont quotidiens, passer mes soirées dans cet univers où procréer, éduquer un enfant, est pris à contrepied de ma vision des choses est encore un peu trop violent pour moi. Et m'en voilà à la page 400 sur plus de 700, à avoir déjà fait une pause, et à me dire que j'y reviendrai plus tard, car vraiment, ce roman en vaut la peine, mais... je n'y suis pas prête. Pas tout de suite.

 

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Exodes (Jean-Marc Ligny)

18 Août 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #SFF

Couverture

Dans mon entreprise de lecture des finalistes du prix Rosny, j'ai terminé il y a peu Exodes, de Jean-Marc Ligny.

Le début fut raide. Sans doute l'influence des classiques avec lesquels je passe la journée (en ce moment, Sévigné et Nabokov pour l'agreg, moult extraits de tragédie et Bédier pour la rentrée), mais j'ai peiné ces derniers temps à entrer dans des romans de genre. Cerveau trop stimulé ou plus assez disponible, je n'en sais rien, mais Exodes...

Début raide, donc, car je lis le soir avec une âme d'enfant qui attend l'histoire avec laquelle s'endormir. Or, nous voilà exactement dans le genre de récit multiple qui fait fuir le sommeil : une anticipation si riche et crédible qu'elle prend aux tripes dès les premiers chapitres. Le cadre ? Un futur plus ou moins proche Celui qu'on ne saurait dater précisément, mais qui a tout de vrai, réchauffement climatique, pollution, humanité qui part à vau l'eau où, bien entendu et plus que jamais, les nantis s'en sortent avec la vie belle tandis que le bas peuple survit comme il peut.

Les personnages sont multiples et tous en errance, à des degrés divers. Pandora, l'adolescence à la jeunesse dorée se perd dans les affres de sa génération, tandis que son père continue des recherches pour un homme meilleur sans grande conviction et que sa mère traite les dossiers des crève-la-faim qui aimeraient entrer sous leur dôme, sans grand espoir de sauver qui que ce soit. Au-dehors, sous un soleil brûlant, le monde est dévasté et la loi du plus fort domine. Paula caresse pourtant l'espoir de trouver un médecin pour soigner l'un de ses fils malade. Fernando fuit une mère bigote, Mercedes, qui espère sauver au moins son âme. Dans le nord qui fait rêver les sudistes, Olaf et Risten voient les extrémismes s'imposer aux Lofoten et aspire à un monde autre... oui, les personnages sont nombreux, et s'ils semblent l'être trop au début, c'est qu'on attend un roman plus classique. Mais là n'est pas l'objet d'Exodes : c'est bien une histoire de l'humanité en générale qui se dessine, et une histoire aussi terrifiante que juste.

Et voilà donc un roman que j'ai adoré autant que je le déteste. Oui, ce roman est détestable, car il renvoie à une réalité violente, douloureuse et profondément prévisible, et en plus il le fait efficacement à travers la galerie de portraits que nous suivons. Le tout s'achève par la bibliographie qui achève la démonstration, concluant sur ce qui attend l'homme, malgré les touches d'espoir ténues qui colorent parfois les individus.

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