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  Journalsemilitteraire

La Grande faucheuse (J.Morrow)

8 Novembre 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Je viens de terminer la lecture du dernier volume de James Morrow consacré à un âge post-théiste.
Après la mort de Dieu (En remorquant Jehovah) et son procès (Le Jugement de Jehovah), l'humanité doit faire face à la Peste aboulique, malédiction s'il en est, sous le regard narquois du Cranus Dei, divin crâne en orbite autour de la terre qui la domine d'un sourire ricanant.
L'histoire de deux personnages se croise dans cet univers: Nora, veuve et mère d'un adolescent malade et Gérard, sculpteur génial à qui le Vatican commande le reliquaire qui abritera les os divins.
Bien évidemment, l'Eglise a toujours du mal à accepter que son fond de commerce est bien mort.  Gérard pense un monument à la connaissance et au savoir, qui se voit détourné par le Vatican, provoquant sa grande colère, qui va lui permettre de rencontrer Lucido, un psychanalyste créateur d'une nouvelle église, dont les idoles pourrait vaincre les malades de la peste.
Les voilà donc partis s'installer au Mexique, construisant leurs nouvelles idoles en terre olmèque et s'affirmant bientôt une réputation mondiale de guérisseurs dans un monde dvasté par la maladie. Nora entreprend le voyage pour sauver son fils, dont le spectre est décidément insupportable malgré l'humour noir grinçant.
Oui, le spectre... spectre qui est le double de chacun, mais aussi l'image de sa propre mort, et vient s'installer dans le corps de son hôte, qu'il accapare de plus en plus au fil des différents stades de la maladie. Spectre personnalisé, qui apparaît quand bon lui semble et porte préjudice à son hôte quand il le décide, et peut parfois s'avérer utile même si jamais fiable...

Voilà, les aventures de l'humanité face à la mort de Dieu sont terminées pour moi, et elles me manqueront. Certes, il existe encore des romans de Morrow que je n'ai pas lus, mais la thématique de ce cycle, émaillé de réflexion sur la condition humaine et la croyance m'a passionnée et profondément interrogée. La représentation de la Mort est à mon avis l'élément le plus intéressant de ce roman: l'image du double spectral de chacun invite à la réflexion... et m'a plus ou moins rappelé les Daimons de Pullman.

Toutefois, le premier opus reste à mes yeux le meilleur, les deux suivants se ressemblent trop sans parvenir à questionner avec autant de profondeur, même si Le Jugement s'y emploie activement. De plus, certains passages me laissent perplexe: les "voyages" effectués par certains personnages sont proches de moments de délire total et contrastent singulièrement avec  le monde  auquel ils s'opposent. Monde qui est le notre... et qui pourtant, semble ne pas nous appartenir, tant nous y sommes peu de choses.

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