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  Journalsemilitteraire

La Cité des Saints et des Fous (J.VanderMeer)

28 Avril 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

cite-saints-fous.jpegVoilà un billet bien compliqué à écrire.
Pas seulement parce qu'une flemmingite foudroyante (et de bonnes occupations IRL) m'ont fait déserter ce blog pendant près d'un mois, non, vraiment, parce qu'il y a un truc qui coince avec ce bouquin.


Il s'ouvre avec l'histoire de Dradin, missionnaire fraîchement débarqué d'Ambregrisqué d'un voyage catastrophique, arrivant dans la cité d'Ambregris. Un visage entr'aperçu par une fenêtre lui retourne les sens: c'est cette femme qu'il aime, qu'il veut!

L'histoire narrée par ce livre n'est pas celle de Dradin... mais celle d'Ambregris. Une cité à l'histoire complexe, à travers laquelle l'auteur se propose de nous entraîner, faisant revivre sous nos yeux les premiers temps, l'arrivée des hommes, leur rencontres avec les Champigniens, étranges autochtones bien plus offensifs qu'il y paraît. Ambregris, cité de mystère et de violence, surtout lors de la fameuse fête du Calmar d'eau douce... Le calmar a lui aussi la part belle dans ce livre, qui nous offre un traité à son sujet. Ainsi que quelques documents échappés de l'hôpital psychiatrique...

"Ce livre" car ce n'est pas vraiment un roman. Plutôt une prouesse, un moment de folie qui s'est prolongé par l'auteur qui, comme bien souvent les êtres déraisonnables qui écrivent le fait avec brio. Et ne parlons même pas de l'enfer qu'a du être la traduction... S'il y en a un qui a bien du mérite, au fond, c'est Gilles Goulet!

Ce livre, donc, se compose de textes très différents, qui construisent nombre de mystères plutôt qu'ils ne les résolvent. Si la langue est belle, si l'irruption du personnage de l'écrivain fou donne une dimension fascinante à l'ensemble, si à plusieurs reprises j'ai objectivement pensé "c'est un sacré bouquin"... j'ai finalement pris peu de plaisir à cette lecture.

Pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, elle a duré, duré... certaines parties se dévorent (les nouvelles, les lettres de l'HP), mais d'autres m'ont paru interminables. Mon erreur a sans doute été de m'acharner. A craindre de passer à côté DU détail qui fait de ce livre un chef d'oeuvre, à persister à lire encore un paragraphe, puis encore un autre, avant de passer à autre chose pour la soirée... Sans en avoir développé du dégoût pour autant, je ne m'y suis pas épanouie.

Et pourtant... j'aurais tendance à penser que si, c'est un chef d'oeuvre. Seul un esprit génialement malade a pu concevoir un truc pareil et le mener à bien... toutefois ce livre fait partie de ceux qui ne m'ont pas fait vibrer.


(en plus de m'occuper un nombre d'heures de lecture considérable, mais bon, j'étais consentante!)

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Acr0 29/04/2010 10:30



Enfin quelqu'un sur la bloggo qui l'a lu.
J'ai le même sentiment que toi : est-on épanoui quand on a fini de lire ce livre ? C'est une bonne question... Ce monde est complexe mais VanderMeer le maitrise. Il y a quand même une dose minime
malsaine qui me dérange. Mais c'est complètement renversant, aussi. Moi j'ai peut-être fait l'erreur de le lire dans le sens : première à la dernière page alors qu'il aurait fallu davantage que
je "picore".


Ceci dit, c'est une lecture qui doit être choisie avec réflexion. Ce n'est pas une lecture "banale". C'est le moindre qu'on puisse dire !



Angua 29/04/2010 17:21



Oh, rien de banal dans ce livre!


Peut-être mon erreur a-t-elle été la même que la tienne: commencer au début, et lire page après page...