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  Journalsemilitteraire

Les Enfants terribles (Jean Cocteau)

27 Octobre 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

enfants-terribles.jpg Cocteau est l'un de mes auteurs préférés du XXe siècle.

Dire qu'il aura fallu que je relise Les enfants terribles pour m'en apercevoir!

 

Les enfants terribles sont Paul et sa soeur Elisabeth. Ils vivent seuls avec leur mère, mais surtout seuls, car celle-ci est malade et impotente, mais seuls aux yeux des autres seulement car ce qui les lie vaut toutes les compagnies.

Un après-midi d'hiver, Paul reçoit une boule de neige dans la poitrine. Il perd connaissance, le verdict du médecin qui l'examine est sans appel: il doit garder la chambre, sa santé est bien trop fragile pour qu'il continue le collège! Ce qui aurait pu être un drame est en réalité le début d'une vie rêvée, seul ou peu s'en faut avec Elisabeth. "Peu s'en faut" car le duo est fascinant: enfants, innocents... méchants, cruels, égoïstes, fusionnels...D'autres gravitent autour d'eux, mais personne, pas même l'homme qu'épousera Elisabeth, ne parviendra à pénétrer leur couple si étrange...

 

Ce qu'écrit Cocteau est tout simplement beau. Les enfants terribles est un roman aussi bref que dérangeant, la spirale dans laquelle ce frère et cette soeur sont volontairement pris nous absorbe, nous entraîne, et fait de cette lecture une expérience forte, sauvage et redoutablement marquante.

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Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski)

25 Octobre 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

gagner-la-guerre.jpgLecture terminée il y a quelques semaines maintenant, qui m'a laissé un souvenir magistral!

Tout le monde le disait. Le prix des Imaginales, les bloggueurs, mon compagnon (qui s'était jeté dessus éhontément à notre retour des Utopiales l'an dernier)... et je suis d'accord: ce roman est bon, vraiment bon. Il nous rappelle que le récit d'aventures est un art qui peut être complexe, travaillé, écrit dans une belle langue, et immensément jouissif, prolongeant le plaisir par une intrigue qui prend le temps nécessaire pour s'installer, un univers qui s'enrichit, se développe... vit sous nos yeux de lecteurs ébahis.

 

En soi, l'intrigue n'a rien d'exceptionnel (à l'occasion, je devrais m'interdire cette phrase, et me contenter de le signaler, le jour où je trouverai qu'une histoire est hors du commun!). Don Benvenuto fait partie des Chuchoteurs de Ciudalia, ce qui signifie que ses talents sont bien cachés et connus de ses employeurs seuls. Aux yeux de tous, il est un homme de confiance du Podestat... mais son rôle est bien plus complexe. Espion, homme de main spécialisé dans diverses formes de morts rapides, le voilà embarqué dès les premières pages dans un complot qui semble prendre un autre chemin que celui attendu...

Lire Gagner la guerre fait du bien. Benvenuto est l'un de ces narrateurs sans grande morale, mais auquel on s'attache, car il est finalement bien réaliste. Salaud dans un monde de salauds, victime autant que bourreau, il nous donne l'occasion de découvrir et parcourir les rues de Ciudalia, cité qui est à elle seule un personnage à part entière, et de nous engouffrer dans les coulisses d'un pouvoir aux rouages... bien réalistes eux aussi. L'art de Jaworski, dans ce roman, est de parvenir à rendre étonnement palpable un monde imaginaire, grâce à une analyse et une connaissance fines de l'esprit humain. Univers de fantasy pourtant, où la magie, aussi discrète soit-elle, est bien présente, par touches ténues, suffisante pour inquiéter. L'alchimie délicate entre réflexion et plaisir fait de ce roman un excellent livre...

Gagner la guerre est un texte exigeant, mais son rythme et la langue du narrateur en font un délicieux moment. Si j'osais, je ferais un abus de langage en parlant de page-turner, car en ce qui me concerne, il me fit dormir un peu moins que prévu durant plusieurs nuits!

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La Jalousie (Alain Robbe-Grillet)

22 Octobre 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Avant toute chose, merci beaucoup à tous ceux qui m'ont envoyé des messages suite à mon précédent article! Il faut l'avouer, derrière mes 18 jurons à la minute et mes goûts musicaux que d'aucuns prétendent douteux, je suis une petite chose sensible et tout cela m'a fait chaud au coeur...

 

Même si les toiles d'araignées risquent de pointer vu mon rythme de mise à jour de ce blog, je lis toujours. Si, si. Et je me suis même fait très mal ces derniers temps en allant au bout d'un des romans, extrêmement rares pourtant, qui m'était déjà tombé des mains il y a quelques années.

 

Autant, l'annoncer, ce qui va suivre est exclusivement subjectif. Et j'ai bien conscience de prétendre tenir un blog littéraire, d'avoir fait des études dans le domaine, de me targuer de donner mon avis sur les livres qui me passent dans les mains, voire même parfois d'enseigner la littérature tout en conspuant l'un des auteurs phare du Nouveau Roman.

 

Mais je tiens à le dire, je suis fière. Très Fière. J'ai lutté. J'ai vaincu. J'ai LU La Jalousie en entier.

Pour tout vous dire, il y a tout de même un intérêt énorme à lire ce bouquin: aucune histoire, donc aucune distraction pendant ma lecture, tandis que mon cerveau, au bord de la rupture, carburait à fond sur de l'analyse stylistique pure ou presque. Moi qui envisageais l'agreg en touriste (curieuse de vivre l'expérience de plusieurs jours de suite enfermée dans une salle à disserter après toutes ces années), j'ai tout à coup vu tout un tas de réflexes d'analyse se remettre au route. Autant dire que ce ne fut pas une "lecture plaisir"...

Autre point positif: on pensant à ma propre souffrance, j'ai eu une pensée émue pour tous ces élèves pour qui lire est une torture... ceux qui comprennent ce qu'ils lisent, mais vraiment, n'aiment pas cela, s'ennuient, mais s'acharnent.

 

Comme nous sommes entre nous, je vais me fendre d'une critique (subjective bien sûre) détournée.

En lisant ce roman, je l'avais mon analyse personnelle.

Que voici:

 


 

 

 

 

(Rappelez-vous: j'avais prévenu en début d'article!) 

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Il est des jours tragiques...

15 Octobre 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Je n'ai pas pour habitude de raconter ma vie sur ce blog, même si la pratique de la chose est par définition, souvent nombriliste.

 

Aujourd'hui, je suis simplement malheureuse et triste.

 

Ce matin, j'ai trouvé le corps de mon chat sur le trottoir d'en face. Quel début de journée.

 

Ce soir, en ouvrant mes mails, j'apprends la mort d'Alain le Bussy. On ne peut pas dire que je le connaissais personnellement, mais j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui lors de deux conventions de SF, et c'était un homme d'une très grande gentillesse, avec un sourire amusé au fond des yeux. Les connaisseurs le surnomment "l'homme qui écrit plus vite que son ombre", il suffit d'un clic pour le vérifier.

Au-delà de ses écrits, il faisait partie de ces gens qui oeuvrent pour la SF, donnant vie aux conventions de Tilff. Celle de l'année prochaine se trouve orpheline... Il était également partie prenante du prix Infini... et surtout un homme abordable,toujours prêt à discuter avec les vieux de la vieille du fandom comme avec la petite nouvelle que je fus il y a quelques années de ça...

 

Putain de journée.

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Chuis pas morte...

3 Octobre 2010 , Rédigé par Angua

 

 

 

... mais sacrément débordée. Et même agacée au moment où je vous écris: un long article s'est perdu hier soir dans les limbes du net, et, de dépit, je suis allée me coucher. Seulement, je suis opiniâtre. Donc je réitère.

 

Je disais donc hier soir que jamais je ne prendrai le temps d'une mise à jour dans les chroniques de mes lectures de ces derniers mois, mais que je voulais néanmoins en garder une trace. Voilà donc un belle série de lectures express!

 

 

millecrabePour commencer, en août: Millecrabes, du légendaire P.-J. Heraut. Oui, légendaire, car il fut un auteur du mythique Fleuve Noir Anticipation, et fait partie de ceux qui ont pu écrire ailleurs par la suite... Pour faire bref, l'idée de départ m'avait séduite (une uchronie, dans laquelle Napoléon n'a pas perdu la guerre. Nous sommes maintenant au milieu du XXe siècle, et le conflit mondial éclate, cette fois entre la Chine et l'Europe) mais clairement... sa plume n'est pas pour moi. Le début est long, les personnages se veulent attachants et sont au final bien prévisibles. J'ai le sentiment que l'auteur a pris beaucoup de plaisir à les créer, mais je n'en pas vraiment pris à les découvrir. Enfin, le pire n'est pas là, mais bien chez Interkeltia: bon sang, il n'y a personne qui maîtrise la ponctuation pour faire un vrai boulot d'éditeur? 50% des phrases se terminent par ??? ou !!! et honnêtement, c'est une horreur. Je suis allée jusqu'à la fin, mais ne lirai pas les tomes suivants.

 

J'ai continué (pendant la Conv' de Grenoble, très exactement) avec Serpentine, de Mélanie Fazi, auteur que je voulais découvrir depuis un bonserpentine moment. Recueil de nouvelles fantastiques à la mouture très classique, et plutôt bien agréables, elle a effectivement une plume travaillée et l'art de bâtir des phrases qui sont efficaces. Bon, j'ai trouvé les textes de la fin du recueil moins bons que ceux du début, hasard de l'anthologie, ou habitude prise de son style? En tout cas, un vrai bon moment de lecture.

 

magiciennesPour la rentrée, je me suis plongée dans le recueil des Imaginales, Sorcières et magiciens. Et... j'y ai trainé. J'ai même fini par me dire qu'en fait je n'aimais pas la fantasy. Heureusement, quelques bons textes clôturent le recueil, à condition d'aller jusque là (ce que j'ai bien failli ne pas faire), dont un de Bordage que j'ai trouvé particulièrement fort, même s'il n'a de fantasy que l'étiquette du recueil. Dunyach reste égal à lui-même et propose un texte amusant qui se lit d'une traite, et Lionel Davoust bâtit un univers qui m'a laissé sur ma faim... car je trouve qu'il mériterait plus qu'une nouvelle.

 

 

En septembre, j'ai relu, pour des raisons d'abord bassement liaisonsprofessionnelles, Les Liaisons dangereuses. Ah. Un bref instant, j'ai même fini  par me dire que je devrais arrêter un peu la SFF, parce que vraiment... il y a des classiques

 que je délecte à redécouvrir, et ceux que je n'ai pas encore lus, et Choderlos de Laclos me régale. Tout simplement, il n'y a pas d'autres mots.

 

 

stalker.jpgBon, je ne vais pas lâcher mes amours comme cela, et j'ai ensuite lu Stalker, des frères Strougatski. Ahhhhhhh... une bouffée d'air frais. De la SF, de la bonne comme j'aime! Imaginez que les extraterrestres soient "passés" sur notre planète et y ait laissé des traces, sous la forme de zones où des artefacts à l'usage parfois indéterminé demeure. Que des hommes aillent les y récupérer, au péril de leur vie... un excellent roman, l'un des plus connus en matière de SF russe, et croyez-moi, il le mérite.

 

Oh, en insérant des images, je m'aperçois que j'ai failli oublier le troisième tome des aventures de Merry Gentry, de Laurel K.Hamilton! Et pourtant, je l'attendais. J'en espérais beaucoup même... je n'irai pas jusqu'à dire que merry3.jpgje regrette ma lecture... mais je comprends que les précédents éditeurs se soient arrêtés à la traduction du tome 2. On nous y laissait sur du suspens, de la frustration et... ce tome 3 ne sert qu'à l'entretenir. Il s'y passe peu de choses, mis à part les incontournables scènes de coucherie et un peu plus de gore, mais d'avancée de l'histoire... nada.

 

 

Rmandragore.jpgeprendre le travail signifiant reprendre les transports en commun (et alléger mon sac le plus possible), j'ai cédé à la curiosité et lu Le masque de Mandragore dans un moment de manque du Docteur. Je craignais que ce soit fade, mal écrit, et bien loin de la série... Et c'est fade, mal écrit, et quelques tentatives d'humour ne suffisent pas à rendre la saveur de la série. Bon, au moins, j'aurais essayé, et l'intérêt d'un style zéro, c'est qu'en quelques trajets, c'est plié.

 

Quelques BD aussi! Les derniers jours d'un immortel, excellente BD de SF. Le personnage principal est un philosophe qui enquête sur les problème éclatant entre diverses nations extraterrestres, abordant les choses sous l'angle du décalage culturel. Nous sommes dans un futur extrêmement derniers-jours.jpglointain, où la téléportation est possible et facilitée par l'existence de doubles de chacun, l'ensemble se veut l'occasion d'une rêverie qui prend des allures de réflexions philosophiques sur l'autre, sur soi, et sur la difficulté à communiquer avec son prochain... dit comme cela, on pourrait croire que cette BD ne fait que secouer des poncifs, mais c'est loin d'être le cas. Piêtre lectrice de BD, j'ai trouvé l'ensemble novateur et vraiment réussi.

 

Sur les conseils de mon bibliothécaire, j'ai aussi découvert Blaise. Ah, blaise2.jpgBlaise! De l'humour cynique, bien noir, bien grinçant, exactement ce qu'il me fallait. Des aventures d'une planche, où Blaise, ado mal dans sa peau ou ses parents, immondes bobos caricaturaux, nous font part de leur réflexions limitées ou de leurs lâchetés...

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