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  Journalsemilitteraire

Le fils de l'homme (Robert Silverberg)

12 Août 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

fils-de-l-homme.jpg"Il est seul et nu. Il n'a pas de souvenirs. Le monde a disparu. Et voici qu'un oiseau lui défèque dessus. Ça crée une relation."

Clay se réveille dans un univers inconnu. Après avoir progressivement repris conscience de son corps, il fait une première rencontre avec une étrange créature, Hanmer, qui lui apprend qu'il est arrivé dans ce monde par le flux temporel...

Clay, homme de notre siècle, s'est retrouvé projeté dans un futur lointain, où cohabitent plusieurs versions de l'homme, mais aussi des incarnations de ses pensées, de ses concepts, de... de l'homme, ce qui le fait et ce qu'il fait.

Chaque chapitre ouvre une réflexion différente, pose un monde autre à la découverte duquel Clay ira avec un esprit toujours ouvert, prêt à découvrir chaque facette de l'humanité.

Foin d'histoire au sens classique ici. Ce livre (peut-on vraiment parler de roman?) est un voyage dans l'esprit humain, invite à la réflexion, à la rêverie... déroutant car on en perd parfois le fil, et quand on se penche de près sur celui-ci, chaque paragraphe permet une rêverie sans fin. La difficulté est finalement de trouver la bonne distance, celle qui permet d'avancer dans sa lecture en prenant le temps nécessaire pour savourer chaque ligne.

 

Ce texte est aussi beau qu'insaisissable. Certes, il donne l'impression d'avoir été écrit sous acide, et transpire le mysticisme mais donne envie d'y revenir car la plume est si riche qu'il trouverait facilement sa place auprès des recueils de poésies où on pioche de temps à autre quelques vers pour s'en imprégner et les savourer.

 

Pour en savoir plus: des critiques bien plus inspirées que la mienne sur nooSFere!

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Fantasia chez les ploucs (Charles Williams)

12 Août 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

fantasiaBilly est âgé de sept ans et vit dans une roulotte avec son père, qui parcourt les champs de courses pour prendre les paris. La vie est plutôt belle pour lui, mais voilà que les "dames des bonnes oeuvres" s'inquiètent de savoir s'il sait lire (bien sûr! sauf quand les auteurs s'embrouillent avec des tas de mots trop longs!) et si cette vie est bien saine pour lui. Sentant le vent mal tourner, son père décide de partir passer quelques temps au vert dans la ferme de l'oncle Sagamore.

Une nouvelle commence pour Billy. Dès leur arrivée, ils croisent l'oncle Finley, très occupé à assembler des planches "Comme s'il avait voulu construire un bateau, ensuite avait changé d'idée et décidé d'en faire une maison et puis s'était dit tout d'un coup Oh! Et puis flûte! je le cloue comme c'est là, on verra bien ce que ça donnera!", et sont ensuite accueillis par une odeur pestilentielle de tannerie dans la cour de la ferme, avant d'apprendre que la tante Bessie est partie pour quelques semaines, "prise de bougeotte".

Billy n'a ni le temps ni l'envie d'approfondir ces questions d'adultes: bientôt, Melle Harrington vient s'installer près de la ferme avec son médecin pour profiter du grand air (la pauvrette souffre d'anémie!) et entreprend de lui apprendre à nager, malgré les chasseurs de lapins qui semblent tout à coup se multiplier dans le coin.

 

Voilà un de ces romans destinés à la jeunesse où je me demande ce que les enfants y comprennent... la saveur de Fantasia chez les Ploucs vient de la voix narrative, celle de Billy, qui raconte des histoires d'adultes avec un ton d'enfant. Finley est en réalité un mystique qui construit son arche en prévision de la fin du monde, Melle Harrington une strip-teaseuse recherchée à la fois apr la police et la mafia, et l'oncle Sagamore... un fieffé filou qui passe son temps à faire tourner en bourrique la police, le tout en pleine prohibition.

 

Ce livre est drôle, très drôle et faussement naïf. Un air de Petit Nicolas dans l'écriture, et le même plaisir de lecture pour ma part!

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Born to be a larve (Boulet)

4 Août 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

boulet-notes1.jpgSi je suis fidèle à Maliki, je passe de temps en temps aussi sur le blog de Boulet. Pas assez souvent visiblement pour avoir remarqué que ses webstrips existaient aussi, depuis 2008 sous format papier!

 

Comme la vie est bien faite parfois, j'ai pu lire le premier volume de ses Notes, intitulé, comme ce billet Born to be a larve.

Difficile de résumer cet ensemble d'anecdotes, de strips tous plus hilarants les uns que les autres, mais pour dire l'essentiel, j'ai vraiment bien ri. Boulet a l'art, en peu de vignettes, de pointer l'incongruité ou l'absurdité de la SNCF, de mettre en scène les flemmes ménagères (celui qui n'a jamais eu peur de la raclette à tentacules ne peut comprendre) ou les angoisses de l'utilisateur d'ordi face à la panne incompréhensible pour le simple mortel qu'il est.

 

Comme dans son blog, plusieurs strips geek, mais le tout reste très joussif pour le commun des mortels! Alors si vous n'ouvrez la BD, je n'aurais qu'un conseil: courez sur son site!

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Le lièvre de Vatanen (Arto Paasilinna)

4 Août 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

lievre.jpgVoilà un roman qui change radicalement de ce que je lis habituellement. Une petite incursion dans la blanche en fait pas de mal de temps en temps, et je m'aperçois que je sors de la SFF uniquement pour des classiques ou de la jeunesse, mais de plus en plus rarement pour autre chose.... si ce n'est pas une honte!

 

Le nom de Paasilinna revient souvent dans le Magazine Littéraire et dans d'autres, il y avait bien longtemps que je l'avais noté dans un coin, puis méticuleusement oublié, comme à chaque fois finalement. Je me souvenais d'avoir lu qu'il s'agissait d'un livre extrêmement drôle, qui racontait l'histoire d'un homme qui plaquait totu pour traverser la Finlande avec un lièvre...

 

Et c'est bien ainsi que débute l'histoire. Vatanen est journaliste, il est excédé par les agaceries quotidiennes, et plus précisément ce soir là par son collègue photographe qui l'accompagne. Tout à coup, le drame: la voiture heurte un malheureux levraut. Vatanen court le soigner, essuyant les sarcasmes puis l'impatience de son collègue... qui finit par redémarrer et l'abandonner au milieu de nulle part.

Il ignore que pour Vatanen, une autre vie commence.... Le journaliste s'attache au lièvre, et surtout fuit sa vie, sa femme, ses obligations et part dans une vadrouille sans but mais ô combien épanouissante.

 

Qui n'a jamais songé, même un bref instant, à tout plaquer? Vatanen le fait et son périple  l'amène dans bon nombre de situations improbables, où on frémit souvent pour la lièvre plutôt que Vatanen. Mais le frémissement demeure bien léger, je me serais bien vue à la place de son maître plus d'une fois...

 

Au final, une jolie fable, amusante, qui se lit d'une traite sans ouvrir de nouveaux horizons mais dans laquelle on se surprend à rêver de grands espaces...

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