Le cercle de Farthing (Jo Walton)
Bonne résolution : écrire, même brièvement, sur ce que je lis.
Le premier article consacré à une lecture cette année sera court, et consacré au Cercle de Farthing, l'une de mes rares acquisitions des Utopiales de cette année. J'avais tellement aimé Morwenna, j'étais tellement malheureuse de ne pouvoir rine approcher ni personne, et donc de ne pouvoir assister aux tables rondes où Jo Walton prenait la parole...
Tout n'est pas négatif : pour me consoler, je me suis offert un livre et j'ai osé l'aborder sur l'esplanade pour lui dire à quel point je l'aimais. C'était bref, mais bon !

Le Cercle de Farthing prend place dans une Angleterre uchronique, où la 2e GM voit les nazis s'installer jusqu'en France, tandis que la paix signée en 1941 fait sortir l'Angleterre de la guerre. Les juifs y sont plus ou moins en sécurité, admis, mais montrés du doigt. Lucy, fille d'une famille de la bonne société qui a les deux pieds dans le gouvernement, a révolté les siens en épousant David, juif de son état. Lors d'un week-end de réjouissances où, contre toute attente, sa mégère de mère les a invités, un meurtre a lieu... la suspect est tout désigné.
L'humour corrosif de Walton dénonce sévèrement la bien-pensance des hautes sphères, et les personnages, de Lucy comme de l'enquêteur Carmichael, en passant par une galerie de seconds rôles touffue, sont subtils et donnent une saveur particulière au roman. Ses allures classiques m'ont rappelée Jane Austen , le mordant et l'actualité des idées en plus, et ce récit, ô combien intelligent, devient page turner. C'est à cela qu'on reconnait les grands auteurs.
Bémols énormes pour conclure, hélas : deux autres tomes suivent... et je ne les ai pas. Ça, c'est la vrai chagrin. A ses côtés, l'agacerie qui fut parfois sévère pendant ma lecture : la syntaxe... la traducteur n'est pourtant pas un débutant, Lune d'encre en a publié, des bouquins bien corrigés, quid de celui-ci ? Je n'ai pas relevé, mais j'ai tiqué plus d'une fois dans les premiers chapitres. L'oeil de la prof de français devient bougon avec l'âge.
