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  Journalsemilitteraire

L'enfant de poussière (Patrick K. Dewdney)

12 Mars 2019 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Un journal semi-littéraire

C'est qu'il m'en a donné, du fil à retordre !

D'ailleurs, c'est dire si j'étais motivée à le lire. Depuis le temps que je laisse de côté la fantasy "médiévalisante", il aura fallu une avalanche de bonnes critiques et un prix Julia Verlanger pour me donner envie de m'y plonger.

 

Syffe grandit chez une veuve qui accueille des orphelins. "Chez", c'est vite dit : elle les nourrit, leur laisse un accès à la grange pour la nuit, et Syffe et ses trois jeunes compagnons, Merle, Cardou et Brindille, passent leurs journées comme bon leur semble, entre la ville de Corne-Brune, la campagne et le campement des nomades lorsqu'ils sont dans la région.

Il découvre un jour le corps d'un homme assassiné. Qui, pourquoi, le mystère est entier, mais cela le met face une première fois à la garde de Corne-Brune. Garde qu'il retrouve quelques temps plus tard, après avoir chapardé sur le marché pour faire des cadeaux à Brindille... Hesse, première-lame de son état, sauve la main qui aurait dû lui être coupée : Syffe deviendra ses yeux et ses oreilles.

L'enfant de poussière respecte tous les codes du genre, et maîtrise le dosage des ingrédients qui font un roman addictif : rebondissements attendus et inattendus, souffle fantastique discret mais bien présent, trahisons et alliances, récit d'apprentissage au narrateur attachant... et part de mystère toujours à résoudre une fois la dernière page de ce premier tome tournée. Patrick Dewdney a réussi là où plusieurs ont échoué ces derniers mois, sans que j'en parle sur ce blog : il m'a plongée dans un univers rude et pénible où je suis restée avec la seule ambition de savoir comment évoluerait la situation pour Syffe. Je vous garantis que ce n'est pas rien.

Par contre, je crois que ce bouquin marque un virage dans ma vie de lectrice. Le lire confirme que j'ai fait le tour de ces univers de fantasy qui se ressemblent tous. J'en ai assez, pour l'instant, d'essayer de m'intéresser à des conflits entre villes plus ou moins semblables dont je me contrefous au fond, et j'ai envie d'univers neufs. L'enfant de poussière a d'autant plus de mérite de m'avoir tirée jusqu'au bout, car pendant ma lecture j'ai aussi râlé. Un peu, beaucoup, pas trop. J'ai râlé parce que je me lasse de ces histoires où j'ai juste envie que le personnage s'en sorte, et où on comprend que non, forcément, une nouvelle tuile va lui tomber dessus. Parce que l'apprentissage du guerrier, oui, cela prend du temps, mais aussi du temps de lecture. Parce qu'au final, j'aurais aimé simplement savoir comment se termine l'histoire de Syffe sans avoir à envisager de lire le 2e tome, je vous laisse méditer sur ce paradoxe.

En conclusion, je crois que je vais faire une pause dans la fantasy médiévale. La lecture de Dewdney est arrivée au bon moment, pour me rappeler qu'elle peut être bonne et même me plaire, mais aussi que j'en vois trop les ficelles pour en profiter vraiment.

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