Le Sanctuaire ailé (Marie Brennan)
AVERTISSEMENT : Articles à spoilers majeurs !
Il faut que je décante après le dernier tome d'une série longue. D'ailleurs peut-on parler d'une longue série à partir de 5 tomes, ou est-ce encore peu ? Toujours est-il que ma lecture s'est bien étalée sur trois ans, et que si j'évite de me lancer dans des cycles avant la fin de leur publication, je ne l'ai pas regretté pour ces Mémoires de lady Trent. Ce sera même le principal sujet de cet article : le plaisir des retrouvailles et la frustration des adieux.

Isabelle, dite lady Trent depuis qu'elle est pairesse, est démarchée par un Yélangois qui prétend avoir découvert le corps d'un dragon de race inconnue, loin là-haut, dans ces montagnes inaccessibles qui pourraient être celles d'Asie centrale si nous étions dans notre univers. Le voyage est périlleux, mais nous savons tous qu'il en faut plus pour arrêter sa soif de découverte : la voilà donc embarquée avec l'armée, son mari, ce guide, et Tom, l'ami de toujours. Récit d'aventure aux allures anciennes oblige, la description du voyage et de ses aléas est longue malgré ce que prétend la narratrice.
Enfin, leur but est atteint. Le hasard ou la chance met sur leur chemin un corps préservé par la glace, et confirme les dires de Thu : des dragons d'aspect inédit ont vécu à cet endroit. Malheureusement, ils disposent de peu de temps pour se réjouir, une avalanche emporte aussitôt les explorateurs, et Isabelle se voit mourir.
Elle croit délirer quand elle reprend conscience, dans l'habitation de ses sauveuses : celles-ci appartiennent à la mythique race des draconiens. Le Monde perdu, vous vous souvenez ? Nous y sommes. Et mon cœur tout mou de lectrice a frémi avec celui d'Isabelle. Car si certains rebondissements sont téléphonés et que le hasard fait souvent fabuleusement bien les choses dans cet univers, je n'avais pas envisagé cette possibilité, et je m'attendais à lire une ultime grande découverte sans avoir réfléchi à la possibilité d'une rencontre entre les espèces. Forcément, la narratrice m'avait conditionnée, depuis le temps.
Évidemment, tout finit bien, malgré quelques moments d'inquiétude sur la manière dont le monde prendra cette découverte majeure, ou le moyen dont Isabelle quittera le sanctuaire, et on se prendrait presque à regretter que tout s'arrête. Presque, seulement, car la conclusion est finalement logique, malgré la nostalgie qui accompagne la séparation avec des personnages côtoyés au long cours.
Et puis... il y a longtemps que je n'avais pas dévoré un roman, au sens propre du terme. Y'a pas à dire, ça fait du bien !
PS : Je tiens à souligner que je suis victime d'une malédiction qui m'empêche d'avancer dans le Challenge ABC Imaginaire 2019, et que tous les auteurs de livres lus récemment ont une initiale correspondant à un titre déjà lu ! Il faut que cela cesse !
... mis ce ne sera pas pour tout de suite, L'Enfant de poussière de Patrick Dewdney vient de m'arriver. Grumphf.
