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  Journalsemilitteraire

La Malédiction de Gustave Babel - Un récit des contes de la Pieuvre, t.1 (Gess)

20 Juin 2018 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures curieuses, #BD

Gustave Babel est tueur pour la compte de la Pieuvre, mafia parisienne aux tentacules longues, et plutôt doué dans son domaine grâce à un flegme légendaire. Il est aussi doté d'un talent rare, la capacité à parler n'importe quelle langue sans l'avoir jamais apprise.

 

La BD (ou le roman graphique, peut-être comprendra-je un jour la différence) commence par un coup de feu. Un enfant fuit, Gustave est au sol, mortellement touché, le souvenir d'un meurtre avorté refait surface tandis que s'enclenche le processus de la mémoire et nous plonge avec lui dans un passé houleux. La mémoire, le souvenir, l'impossible réminiscence du passé, sont au cœur de l'album : des années durant, l'esprit de Gustave a dissimulé des pans entiers de sa vie. Il trouve néanmoins des points fixes : son amitié pour Filoche, la fille de joie (c'est pas tous les jours qu'elles rigolent), ses contrats avec la Pieuvre, et Baudelaire. Surtout Baudelaire, avant tout Baudelaire, et la force de ses vers, qui vient rythmer les pages autant que la vie de Gustave.

Les pages, d'ailleurs. Et le dessin. Au fond, je suis piètre lectrice de BD, le recul et les mots (encore eux) me manquent pour en parler précisément, mais, chose qui m'arrive rarement, j'y suis revenue plusieurs fois. Je lis des BD comme des romans, page après page, sans me retourner dans ma lecture. Cette fois, non. Il y a ces "fondus", ces pages violettes et noires de la noyade des premières pages. Ces coulures, qui encadrent les planches, rappelant à la fois un papier vieilli et les traces des souvenirs dans la mémoire. Les couleurs qui dominent chaque chapitre, remarquées seulement bien après lecture, quand j'ai feuilleté l'ensemble pour la dixième fois... Gustave est objectivement laid, d'une laideur qui devient beauté dans un monde laid. La rédemption semble arriver dans des couleurs chatoyantes en fin d'album, dans ces quelques pages joyeuses où la vie est enfin belle pour lui...

Un bel album, un bel objet, qui donne envie de se pencher encore un peu plus sur la BD d'aujourd'hui... et encore, pas autant que de relire Les Fleurs du mal.

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