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  Journalsemilitteraire

L'ogresse poilue (Deborah Di Gilio & Fabienne Morel)

11 Février 2018 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire, #Lectures jeunesse, #Vie de prof

... ou la lecture qui aurait pu ne jamais se faire à cause de l’Éducation Nationale

Ma première rencontre avec L'Ogresse poilue aurait pu être fatale à toute découverte de Debora Di Gilio et Fabienne Morel à mon fils. Oui, cela a eu lieu dans les pires conditions possibles. La réforme du collège, vous vous souvenez ? Des journées entières de formation plus ou moins intéressantes, voire plus ou moins... adaptées.

Quel rapport entre L'Ogresse poilue et des collégiens ? Figurez-vous que dans le cadre d'un stage de formation aux outils numériques, les deux conteuses devaient nous servir de support pour faire découvrir aux élèves ce qu'est conter. Très bien. A grand renfort de logiciels en tout genre pour travailler la vidéo et faire des découpages, des montages, des captures d'écran et j'en passe. Bref. Tant de choses ont déjà été écrites sur le contenu souvent scandaleusement inutile de ces journées que je n'en rajouterai pas. Mais l'esprit critique aura pu se dire que 1) je suis professeur de lettres, face à des élèves qui ont besoin à mon sens d'autre chose que de passer des heures à bidouiller la vidéo (ponctuellement, je veux bien, mais présenté comme la solution à tout, heu...), 2) nous sommes dans un monde merveilleux où le matériel quotidien tient plutôt du feutre et du tableau, 3) les collégiens sont certes de grands enfants, mais aussi un public difficile à conquérir...

Bref, ça partait mal. Rentrer avec en tête l'un des refrains obsédants d'Huile d'olive et Beurre Salé (leur nom de scène), ce n'était pas le meilleur cadeau qu'on pouvait nous faire.

La vie étant parfois une succession d'horreurs quand on est parent, mon fils (3 ans, je le rappelle), s'est pris de passion pour le CD du spectacle de Peppa Pig, fièrement déniché au rayon enfants de la médiathèque. La vrai passion obsessionnelle. Sa mère étant inconsciente, il est équipé de son propre poste, et à l'heure où je vous parle, même si cette période violente est finie depuis plusieurs mois, je pense pouvoir chanter encore intégralement tout ce qui le compose...

Bref, il FALLAIT arrêter ça. Et c'est la Petite Poulette Rousse, d'Huile d'Olive et Beurre Salé qui a mis fin au calvaire. Pourtant, le bandeau m'avait freinée à l'emprunt : le souvenir cuisant de cette journée de formation avait ressurgi aussitôt.

Mais... mais il faut écouter ce livre-disque avec ses vrais destinataires pour en profiter. Tout comme Mirlificochet ("je m'appelle Mirlificochet, je suis méchant, je sens mauvais."). A l'oreille, c'est un bonheur, et mon jeune auditoire le passe en boucle, et me réclame de lui en chanter des parties plusieurs semaines après leur retour en rayon. C'est un signe.... Nous sommes en plein dans ces choses qui auront marqué sont enfance, et c'est autre chose que cette greluche de Peppa, quand même.

Et L'Ogresse poilue ?

Cette fois-ci, une réécriture du Petit Chaperon rouge, car, je ne l'ai pas encore précisé, mais chacune de leurs histoires sont des reprises de contes traditionnels. Juste assez dosées entre ingrédients indispensables et modernité. Et ce qui m'avait prodigieusement poncé les nerfs dans un autre contexte devient un plaisir. Du coup, près d'un an plus tard, l'agacement passé revient avec un motif supplémentaire... calmé par un œil neuf qui n'est pas le mien. Parce que pour le coup, on n'est plus dans l'analyse des mimiques d'adultes, mais dans la découverte des images, des pages qui tournent, et que les chansons ne sont plus des scies sans fin mais la ponctuation d'une histoire... comme elles devraient le rester.

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