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  Journalsemilitteraire

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

23 Janvier 2018 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses, #Un journal semi-littéraire

Pourtant, j'étais curieuse. Entre le nom de l'auteur entendu et croisé ici et là, des critiques dithyrambiques et le hasard qui a fait que deux personnes de ma connaissance sans aucun lien aient lu ce roman dernièrement, j'avais furieusement envie de lire ce roman.

 

Parce que j'aime me dire que je peux aimer le contemporain réaliste, aussi.

L'histoire s'ouvre avec l'enfance de Younes, le narrateur. Nous sommes dans l'Algérie des années trente, Younes est fils de paysans spoliés qui se résignent à partir à Oran tenter leur chance. Sur place, ils vivent dans la misère noire, le père de Younes, modèle adulé par son fils, confronte ses aspirations à la réalité sans vouloir l'admettre jusqu'au jour où il se résigne à confier l'enfant à son oncle, pharmacien installé, qui lui permettra de faire des études et de sortir de la pauvreté.

Younes est donc élevé par son oncle et sa tante, entre deux mondes : celui des arabes musulmans dont il vient et celui des français colons, où il trouve sa place. Puis vient la deuxième guerre mondiale, puis les amis, puis Émilie, la femme qui remet en cause les grands idéaux et bouscule sa vie de manière durable.

Bon.

Objectivement, je pense que c'est un bon livre. Les personnages tiennent la route, l'arrière-plan historique se mêle avec les chemins individuels, on trouve tous les passages habituels de ces romans qui racontent une vie, de l'enfance aux premiers émois amoureux,en passant par les déconvenues en genre et... bon sang, ce que je me suis ennuyée.

Pourtant, la plume est agréable, les pages se tournent vite. Pas un problème de style. Non, vraiment, j'ai un léger souci avec le contenu : même si le cadre change, je crois que je deviens allergique à ces livres qui nous racontent une vie. Et cerise sur le pompon : arrivée à la fin, je n'étais plus ennuyée, mais franchement déprimée. Je crois que la vie est bien assez violente et complexe pour que je n'inflige pas en plus des fictions qui renvoient à son horreur et sa fragilité.

Bref : je regrette presque de l'avoir lu. Presque seulement, ma curiosité est satisfaite... mais malgré l'heure tardive, je me suis plongée avec soulagement dans les premières pages de  Humain-e-s, trop humain-e-s de Jeanne-A Debats. Un vampire, une sorcière, un monument parisien malmené, voilà, ça, c'est rassurant et ça, ça me permet de faire une pause du monde et de sa laideur.

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