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Et  je me demande encore si je viendrai à bout de celui-là, pourtant fort intéressant...




 

 

 

 

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Lectures classiques

Jeudi 17 août 2006

 

Po ur un premier article critique, ne choisissons pas n'importe quoi!

 

J'aime les bons gros classiques. Il y a longtemps que je voulais lire Tristram Shandy, depuis l'étude de Jacques le fataliste de Diderot à la fac. Le hasard a fait qu'il est cette année au programme de l'agrégation.... et une édition de poche s'est offerte à moi lors d'une expédition en librairie (d'ailleurs, je devrais prendre le temps d'en parler, des librairies...)...

 

Et ce fut un régal. Je ne pensais pas rire autant en lisant un roman du XVIIIe, même si je trouve parfois Voltaire franchement savoureux. Il s'agit d'une fausse autobiographie, d'autant plus fausse qu'à aucun moment le personnage narrateur ne prend le temps de nous parler réellement de sa vie. L'art de la digression est exquis, et les adresses au lecteur... délicieuses. Je ne serai sans doute pas la première à dire qu'il s'agit d'un texte moderne, mais c'est vraiment le sentiment que j'ai éprouvé, celui d'une nouveauté d'écriture, d'une fraîcheur bien rare de nos jours.... et pourtant je n'ai pas peur à m'atteler à tout ce qui me tombe sous la main!

 

Sterne, il faut y goûter... je l'ai savouré doucement, en parallèle à plusieurs romans pour la jeunesse (ai-je dit que je suis prof de français et que je profite aussi des vacances pour lire "utile"?), car ce n'est pas quelque chose qui peut se lire d'une traite... et je pense que j'y repiocherai. Les soirs de lectures moroses par exemple!

Par Angua
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Vendredi 29 septembre 2006

... et Le troisième mensonge.

Sur un forum d'enseignants, un débat sur le premier roman de la trilogie m'a donné envie de connaitre ce livre. Cru pour certains, mal écrit pour d'autres, selon d'autres encore, fascinant...


Le Grand cahier surprend dès le début par sa narration à la première personne du singulier, même si, depuis La Modification, il en faut plus pour que je m'étonne. Le récit est celui de deux frères, jumeaux, placés chez leur grand mère durant une mystérieuse guerre qui n'est pas sans rappeler la dernière, par la dureté de la vie et la censure qu'elle implique dans les volumes suivants... deux frères rejetés par cette grand-mère, mais qui n'en n'ont cure: ils vivent leur propre vie, s'éduquant eux-même grâce à une vieille bible et des exercices de rigueur... pour faire face à la violence du monde qui les entoure.


Difficile d'en raconter davantage. La langue de l'auteur se veut simple, mais les implications de son propos sont lourdes... chaque chapitre est court mais ouvre de nouvelles perspectives sur le roman... et au fil des pages, le doute s'instaure: les narrateurs sont-ils vraiment deux? N'y a-t-il pas un unique personnage schizophrène?

Si. Puis non. La certitude est impossible, et s'en ainsi que le second roman (par chance présent dans le même volume) est commencé, terminé... et l'histoire gagne en puissance.


Un seul roman, trois? Impossible de le dire. Le style est sobre, mais pour une fois ce n'est pas une forme de paresse que je perçois dans cette sobriété, mais un choix nécessaire pour la construction de Claus et Lucas, impossibles narrateurs pourtant réels...


Ce texte fait partie de ceux qui ne se racontent pas, mais qu'il faut goûter pour en apprécier les complexités narratives.



Par Angua
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Mercredi 3 janvier 2007

L'Utopie, de Thomas More...

 

A mon avis, un de ces textes fondateurs trop peu lus finalement. Je ne lis vraiment pas assez de classiques purs et durs. Un texte comme celui de More m'a procuré un plaisir rare, celui de la saveur des tournures des siècles passés, des idées cent fois évoquées mais jamais lues dans le texte...

 

La société proposée par More et ses Utopiens est une forme absolue de totalitarisme et d'idéalisme. Finalement, ma formation littéraire a commencé entre autre par les contre-utopies. Par du Bradbury, du Orwell, du Barjavel... par l'horreur du totalitarisme.

Mes premières expériences d'écriture sérieuse se sont naturellement placées sous la même thématique. parce que... l'utopie est ce bonheur rêvé, cette société parfaite et inaccessible dans l'imaginaire collectif. Et pourtant si cauchemardesque, lue avec un regard de notre siècle...

Dès sa conception, l'île d'Utopie était totalitarisme et annihilation de l'individu, mais correspondait à un idéal de valeurs... mais des valeurs qui refusent l'existence de la personne en tant que telle et bride la liberté indiiduelle en prétendant la protéger.

 

La réflexion reste toutefois passionnante et dense. Quelque part entre interrogations politiques, philosophie, théologie... si le premier livre est long, le second est une pure merveille.

 

Qu'ajouter , si ce n'est qu'il faut absolument s'y penser, pour aller au-delà d'unsimple extrait?

Par Angua
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Dimanche 24 juin 2007
Qu'il est bon de se repencher parfois sur ces classiques fondateurs!
Est-il besoin de résumer encore Rabelais?

Oui, au moins pour peut-être donner l'envie de le lire...
Le géant Grandgousier accueille avec joie la naissance de son fils à l'appétit féroce, un certain Gargantua. Après une enfance où tout est possible au jeune génie (n'est-il pas l'inventeur génial d'un torche-cul défiant toute concurence? Moltonel & Cie devraient faire les modestes face à une telle concurence!), son père décide de lui donner une éducation exemplaire. qui débute avec Thubal Holopherne, sophite convaincu.
Or, Grangousier parvient à rapidement au constat que tel homme mérite une éducation plus complète, et envoie Gargantua aux main de l'humaniste Ponocrates, auprès de qui le jeune approfondit  sa réflexion et sa verve.
L'étude continuerait sans doute si ce mégalomane de Picrochole ne déclarait la guerre à Grangousier! Voilà le fils rappelé, la guerre gagnée, et la fameuse abbaye de Thélème créée par frère Jean.
 
Mon seul regret est de m'être aperçus trop tard que l'édition que j'avais dans les mains était déjà du français retravaillé... qu'à cela ne tienne, je ne me ferai pas avoir pour Pantagruel!
Par Angua
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Jeudi 26 juillet 2007
Patrick Bateman est un golden boy étouffé par sa fortune... esthète, il cultive son image avec un acharnement maniaque et son cercle social selon un critère simple: le pouvoir.
Il incarne une image insupportable. Celle de la perversion poussée à son extrème par l'argent et son trop plein, la deshumanisation de l'homme face à l'aboutissement du désir matériel...
Patrick est si riche qu'il a perdu tout désir. Ce qui l'intéresse n'est pas accessible par l'argent: la souffrance de l'autre est le dernier moyen qu'il a d'éprouver du plaisir. Meurtres, tortures, viols se succèdent comme autant de soirées branchées...

Un personnage certes immoral, mais un roman qui dénonce la dérive de l'homme face à la fortune: quand les besoins matériels sont assouvis, sans moralité, rien ne reste... Et c'est là la douleur du personnage de Patrick.

Le texte dérange par sa crudité, mais peut-être encore plus par ses sous-entendus: de nombreux coups de fil à l'avocat du narrateur (le fameux Patrick) sont évoqués, le seul motif serait un vague viol; les allusions à une femme de ménage affamée... qui sont ces personnages? Jusqu'où l'argent a-t-il réellement eprmis à Patrick d'acheter ses fantasmes?

La force du roman vient finalement du non-dit... Mais ce qui est dit est déjà effrayant.
Par Angua
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