Partager l'article ! V pour Vendetta (Alan Moore, David Lloyd): Voilà une BD déroutante, et pourtant, ô combien bonne... Vivant dans une dimension pa ...
Journal semi-littéraire
... et surtout semi, d'ailleurs...
Voilà
une BD déroutante, et pourtant, ô combien bonne...
Vivant dans une dimension parallèle, je n'avais jamais entendu parler du film ni de la BD avant les Utopiales dernières. Seul le masque m'évoquait quelque chose, à savoir les Indignés et la révolte. Il était temps que je passe aux origines du symbole.
Fin des années 90. L'Angleterre est une dictature, la catastrophe a eu lieu et un état fascisant est en place oppressant et
exploitant l'homme comme il se doit dans un tel contexte. L'humanité de la fiction n'est pas trop loin de celle d'aujourd'hui : épuisement, désespoir, peu de temps, d'énergie et surtout peu de
clefs pour réfléchir au monde alentour. Un soir où une adolescente part vendre son corps pour la première fois, la mort dans l'âme, son premier client est un agent de l'ordre. Bien sûr, ce
qu'elle veut faire est interdit et mérite un châtiment, mais ce serait encore trop agréable pour elle si l'homme et ses sbires ne profitaient pas de la situation auparavant. Tout à coup, tel le
héros surgi de la nuit, un inconnu intervient, la sauve et ... une première explosion a lieu. L'homme au masque, le sauveur, se fait appeler V. Aussi efficace que mystérieux, il est l'agitateur,
le réveil des foules et l'angoisse du pouvoir qui ne parvient qu'à découvrir une chose : V est un ancien détenu d'un camp où se pratiquaient des expériences peu avouables, ce qui aurait eu pour
conséquence d'en faire un homme à part.
Nous sommes bien du côté comics, monde que je connais peu, mais V m'y parait à part. Il est simplement fascinant. Son langage se
fait de citations littéraires, son esprit reste à la fois insaisissable et transparent, ses actes extrêmes et désintéressés, au service d'une seule cause : impulser la révolution. Quel qu'en soit
le prix, il sera celui qui détruit pour permettre aux autres de reconstruire.
Le tout dans un dessin dense, pesant comme Londres et l'angoisse qui y règne, avec un scénario peut-être classique, mais où les ficelles sont suffisamment bien tirées pour qu'on les oublie. Heureusement que j'ai lu l'intégrale sans avoir à patienter entre les différents tomes.
Ces BD font partie d'une de mes prochaines commandes au père noël.
Le sujet semble en effet bien actuel, mais ne le sera t-il pas toujours hélas ?
En attendant, je me contente du film (je sais, les adaptations sont toujours des trahisons... mais bon... Nathalie Portman quand même hein ?).
Hélas, oui... le sujet est même brûlant.
Je n'ai pas vu le film, et me tâte un peu à le faire. Des amis qui ont lu et vu ont crié au scandale à son sujet, et en général...ils ne se trompent sur ce genre de choses.