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  Journalsemilitteraire

Saltimbanques (M.Desplechin&E.Houdart)

8 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

saltim.jpgParmi les innombrables raisons qui font que j'aime et vénère les bibliothèques, le fait d'y croiser des livres totalement inattendus figure en bonne place. Inattendus dans le sens où ils sont, a priori, à des années lumières de ce que j'irai chercher par moi-même.

En enregistrant mes Calvin & Hobbes au rayon jeunesse (dans la même salle que la BD, ceci expliquant cela), je jette souvent un oeil distrait aux nouveaux albums. Ils ne devraient pas être pour moi, vu que j'en ai passé l'âge.

Malgré cette excuse qu'on ne peut juger qu'excellente et totalement fondée, j'ai emprunté Saltimbanques. A cause du titre, pour la bonne raison qu'en ce moment, c'est mon grand sujet de fascination.

Et...

Aaaaaaaaaaaahhhhhhhh...

Je ne trouve pas le bon ton pour soupirer. Quelque chose entre le soulagement, l'admiration, la joie et la surprise.

On ne peut pas dire que ces derniers temps je me suis éclatée dans mes lectures, que j'ai pris de claques récentes, malgré des choses bien agréables. Pour couronner le tout, je suis dans un roman dont je ne parlerai même pas ici tant je m'y agace. J'avais fini tous les Calvin & Hobbes de mon sac, j'étais au bout du bout du début de mes lectures nocturnes, quand j'ai ouvert Saltimbanques.

Avant de l'ouvrir, j'ai regardé la couverture, qui reprend l'une des illustrations. En détails. Ne négligez pas le plaisir de lire un livre avec des images, surtout si elles sont belles. Là, elles sont fabuleuses. A la fois simples et complexes, une galerie de portraits inquiétants qui interrogent, associant le monstrueux et le merveilleux, le tout avec la délicatesse du détail. Enfant, je pense que ce bouquin m'aurait inquiétée.

Ma stupeur grandit en commençant le texte. Je connais Marie Desplechin pour en avoir lu des romans jeunesse, je n'étais pas inquiète quand à la qualité de la plume, mais ça... pour des petits ? Eh bien oui. Je n'avais pas de cobaye de moins de dix ans sous la main, mais au fond, je suis sûre que ça passe bien, et même très bien, parce que derrière des phrases travaillées et un vocabulaire riche (pour de vrai, foin de niaiseries infantilisantes), il y a du fond dans chaque texte, imaginé après l'envoi des illustrations à l'auteur. Je me suis laissée prendre à la présentation de ces circassiens (je n'ai pas l'occasion d'apprendre de nouveaux mots tous les jours, et celui-là, je ne le connaissais pas avec ce sens !), et à l'histoire qui n'en est pas vraiment une et se construit doucement...

Une lecture d'une soirée, d'une heure peut-être.

Qui me donne envie de râler. Pourquoi, mais pourquoi est-ce que je ne vis pas de tels moments de grâce plus souvent ? Du coup, je m'interroge le plus sérieusement du monde. Je sais (enfin, je suis certaine) que les albums pour enfants regorgent de ce genre de petites merveilles inattendues, susceptibles d'emporter les adultes par leur richesse, leur onirisme, leur que-sais-je-encore, qui échappent totalement à leurs amateurs potentiels. Pourquoi n'ai-je pas plus souvent envie d'en ouvrir ? J'ai l'impression que c'est encore un point sur lequel on se fait avoir en devenant adulte.

Et surtout, pourquoi est-ce que je ne retrouve pas plus souvent ces sentiments dans les littératures "de genre" ? Car je peux bien vous le dire. C'est entre autre parce que je cherche l'évasion que j'en lis...

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