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  Journalsemilitteraire

Pourquoi je ne devrais pas aimer Fascination

24 Novembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

La lecture reste un grand mystère pour moi.
Pourtant, j'en ai lu quelques uns, des livres, et d'autres (moins nombreux) sur le fait de lire des livres.
Mais là, il y a vraiment quelque chose qui m'échappe.

Samedi soir, j'étais au cinéma pour voir le film au moins le plus culturel de l'année,  à savoir le deuxième volet de la saga Twilight. Objectivement, c'est plutôt mauvais, même si les (grosses) ficelles du film pour midinettes y sont habilement tirées. Entre le maquillage (outrageux ou à pouffer de rire selon les scènes), les effets spéciaux (les "monstrueux" loups-garou dignes de figurer dans un magasin de jouets), l'intrigue sans suspens (même si entre les deux bellâtres, je ne peux que m'étonner du choix final de cette gourdasse d'héroïne), des personnages sans grande épaisseur (au sens figuré s'entend, laissons de côté l'omniprésence de torses bodybuildés à l'écran)... bref. Je savais ce que j'allais voir, et je l'ai vu.

Je suis rentrée perplexe. Si perplexe que j'ai fini par commettre l'impensable: ouvrir l'un des précieux cartons où sont rangés mes bouquins de SFF en attendant que les travaux de la maison aient passé l'étape de la grosse bibliothèque. Je savais que je finirais par craquer, je devrais même avoir honte que ce soit pour ressortir S.Meyer, mais j'avais besoin de savoir! Et de comprendre! Du coup, je viens d'enquiller coup sur coup les deux derniers tomes pour la seconde fois.
Et je suis toujours aussi perplexe. Je n'aurais même pas eu besoin de cette nouvelle lecture pour faire la liste qui va suivre.
Car si j'y réfléchis, TOUT ou presque devrait me déplaire dans ce bouquin:
- Bella, la narratrice, est niaise à pleurer, capricieuse et vraiment stupide
- les vampires n'ont pas franchement la classe
- l'ensemble suinte les bons sentiments
- une pudeur qui a tout de la pudibonderie: un tome entier pour un premier baiser, quatre pour arriver au lit (et encore, au lit de noces)
- des pages (voire, des chapitres entiers) d'hésitation entre un vampire que n'a que sa beauté pour lui et un loup-garou franchement plus agréable (oui, le côté gentleman-dandy-yeux humides d'admiration... très peu pour moi). D'hésitation entre, l'androgyne angélique, qui s'affadit pourtant d'une page à l'autre et l'Homme, le vrai. (le vrai, mais sans les poils de torse, n'effrayons pas le public adolescent)
- des sentiments au moins plus forts que tout, mais basés uniquement sur la beauté (ou l'odeur), des amours bien superficielles en vérité, où ce qui semble être essentiel est de vivre avec l'homme/la femme le plus beau/la plus belle du monde. De préférence en perdant les deux sous de jugeotte qui pouvaient rester dans le crâne de Bella.
- un déterminisme scandaleux de chacun des personnages (entre le vampirisme, les loup-garous, les histoires d'imprégnations... finalement, il ne manque que les dieux, et nous serons dans une tragédie)
- une action uniquement centrée sur les mièvreries que se débitent des personnages transis d'un amour souvent à la limite du compréhensible
- un travail stylistique proche de zéro
- une traduction qui fait frémir au niveau de la syntaxe. (je pourrais ajouter que rebrancher inconsciemment mon cerveau me dérange dans ce genre de lecture, c'est vrai quoi, on pourrait au moins espérer avoir la paix sans s'interrompre pour se demander pourquoi les trois neurones en service hurlent tout à coup)

Et pourtant. Il y a un TRUC qui marche et fait que j'y trouve un certain plaisir de lecture.... c'est perturbant.

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Liliba 10/01/2010 14:05


Très  perturbant en effet, et tu n'es pas la seule à te poser la question : mais quelle est donc la recette pour ce ça fonctionne avec si peu d'ingrédients et si peu de qualité littéraires
?

J'ai dévoré les 4 tomes, tout en me disant tout au long de ma lecture "mais qu'est-ce que c'est gnangnan !", mais j'ai dévoré... A croire que nous cachons toutes un coté midinette qui ressort
parfois quand tous les ingrédients du genre sont là !


Je te souhaite une très bonne année 2010, avec beaucoup de joies, d'échanges, de rencontres, de réussite dans toutes tes entreprises
et bien sûr, de lectures !



Angua 11/01/2010 09:45


D'autant plus incroyable que ça ne marche pas forcément toujours avec moi, le fait que tous les ingrédients "basiques" soient réunis... Fascinant, tout ceci!
J'en profite pour te souhaiter une belle année!


Violette 12/12/2009 21:23


bah, y'a pas de mal à se faire du bien!   Je suis comme toi, j'aurais pu écrire une liste de critiques longue
comme un bras et pourtant, j'ai lu les 4 tomes (y'a que le dernier que j'ai sincèrement détesté). Ca m'a rappelé mes lectures d'ado.


Angua 16/12/2009 18:39


Même le dernier, je ne l'ai pas détesté... trop... grandguignolesque?
Et les lectures d'ado, c'est une autre raison qui fait que je n'aurais pas du aimer: jemais, ô grand jamais je n'aurais ouvert ce genre de roman!


Tiphanya 25/11/2009 15:06


Ton billet me fait plaisir car dans l'ensemble je suis plutôt comme toi. Mais ce qui me rassure c'est que j'ai décroché bien avant la fin du 4e tome. Ouf, je ne suis pas totalement perdue (quoique
je viens de lire les âmes Vagabondes et ça marche un peu trop aussi)....


Angua 25/11/2009 15:10


Merci! Je me sens moins seule aussi.
Mais c'est malin, je me dis que je vais peut-être finir par lire Les âmes vagabondes... bon pas de suite non plus, hein, là, j'ai eu ma dose d'eau de rose pour un moment!


anne 25/11/2009 10:15


;-))
Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, ne t'inquiète pas ! Et puis, je ne dirai rien, c'est promis. :-D


anne 24/11/2009 21:34


Ca marche parce que ça titille notre inconscient profond : nous sommes toutes, malgré ce que nous pouvons afficher/clamer, d'indécrottables romantiques, et la figure du vampire a ceci de fascinant
qu'elle relie l'amour et la mort, pour lui donner toute l'intensité paroxysmique que nous ne pourrons jamais atteindre avec nos amoureux humains. C'est archétypal, ancré dans nos gênes féminins, tu
n'y peux rien. ^^
Après, oui, 100 000 fois d'accord avec toi, entre un psycho-rigide et un homme qui assume ses pulsions, bon sang (!), pas d'hésitation !


Angua 24/11/2009 21:52


Romantique, je ne suis pas sûre de l'être, mais le lien entre Eros et Thanatos y est sûrement pour quelque chose.
La vraie question est plutôt Mais pourquoi ça marche avec ce roman précisément? Alors que partout ailleurs, je suis relativement hermétique aux histoires d'amour de ce type. Celles qui me
font vibrer sont plutôt classiques.
Et en l'écrivant, je me souviens que j'adore aussi Diana Gabaldon.
Merde.
Je serais romantique...