Lundi 14 décembre 2009
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Eugène n'est pas un vampire, même si ces habitudes et sa nature pourraient le laisser croire. "Eveillé" dans les années 20, il a découvert sa vraie nature
auprès de Slawomir, l'un de ses semblables, qui lui a présenté sa nouvelle vie et ce qui lui permettrait de survivre: les souvenirs des hommes. C'est donc d'impressions, de sensations, qu'ils se
nourrissent, croisant parfois par hasard l'un des leurs qu'ils éveillent à leur tour en pensant se nourrir de ce qui transparaît dans leurs auras.
Eugène a une autre particularité: une gouaille parisienne bien trempée, curieusement associée à des goûts d'esthètes en matière de peinture. Sa seule faiblesse se nomme Grâce, archétype de la
chieuse (si, si, bien que peu littéraire, le terme est idéal), qui a la sale habitude de se mettre dans des situations inextricables et, en fille partageuse, à y entraîner ceux qui l'entourent.
L'erreur commise cette fois n'est pas moindre: elle a révélé sa nature à l'un de ses multiples amants qui se met en tête de devenir l'un des leurs... et a des arguments qui méritant réflexion.
L'univers posé par Eric Holstein dans ce roman est des plus sympathiques et ses personnages de "vampires psychiques" ont une chaleur indéniable, même parmi ceux les plus détestables, la vision de
la vie parisienne de ces créatures de la nuit emporte et déborde de réalisme, le tout dans un style savamment travaillé. Mais... il y a un "mais". Si l'idée de ces personnages et le monde qu'il
leur crée est génial, j'avoue que l'ensemble de l'intrigue m'a laissée plutôt perplexe. Le point de départ, le caprice d'un homme (trop) riche, arrive bien vite et me semble bien mince, ce qui a
gâché une bonne partie de ma lecture. Difficile de se plonger dans une histoire dont le début ne semble être qu'un prétexte pour donner vie à ce qui suit... d'autant plus que les figures qui
apparaissent par la suite (dont un certain Copernic, pour ne citer que lui) en imposent, tout comme les conflits larvés qui hantent le monde des "éveillés"... sans même parler des derniers
chapitres, qui se voudraient grandioses, mais m'ont paru bien rapides...
Heureusement que la plume est vraiment des plus agréables!
Par Angua
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Publié dans : Lectures SFF
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