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  Journalsemilitteraire

Nous nous reverrons... hier (Fabrice Nicolas)

12 Février 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

NOUS-NOUS-REVERRONS-HIER.jpgLes toutes jeunes éditions Lokomodo rééditent les romans de Nuit d'avril! Dont Nous nous reverrons... hier.
Tout commence au moment de l'éclipse de 1999. Paris, Trocadéro. Trois amis d'une vingtaine d'années, Bob, Nicolas et Capucine, se sont donnés rendez-vous pour vivre l'évènement ensemble. Grand bien leur en a pris: quand un raz-de-marée temporel les propulse dans une seconde guerre mondiale qui aurait pu être celle des livres d'histoire, ils survivent ensemble pour affronter l'impossible.
Mais je m'égare. Leur retour à la conscience n'a pas lieu si tôt pour le lecteur, qui croise dans les premiers chapitres un certain Cross, directeur d'un institut ultra-secret officiant au début des années 2100, au sein d'une entreprise en partie financée par l'armée. S'il est officiellement question de chercher à créer un trou noir pour y envoyer les poubelles de l'humanité, étouffée par la pollution et ses ordures, le projet réel est bien plus complexe: il est question de voyage dans le temps... Nous découvrons aussi un curieux personnage, voyageur temporal débarquant dans les années 20,  Munich, en quête d'un aspirant politique tristement célèbre...
L'enjeu de l'intrigue se construit peu à peu: ce voyageur n'est qu'un abject évadé du futur, décidé à réécrire l'histoire à sa façon! Et les trois jeunes héros (autrement appelés "la fine équipe" en sous-titre, ce qui me laisse pour le moins perplexe, mais passons) s'avèrent les seuls survivants parmi les innocents parachutés dans une année autre que la leur. Voire les seuls survivants tout court, si on met à part l'étrange professeur qui les accueille dans le laboratoire temporel qui a pu échapper au raz-de-marée.
A priori, j'aime les histoires de voyages temporels. Le souci est que j'en ai lues beaucoup, qu'il en a été écrit encore plus et que... c'est une thématique où l'innovation devient difficile. Mais j'étais prête à jouer le jeu, à laisser de côté les grosses ficelles bien connues de l'évènement-passé-modifié-qui-modifie-notre-présent-mon-dieu-que-faire. Hélas... rien de nouveau ici.
L'intrigue souffre aussi, encore hélas!, d'une erreur de casting. Si le futur alternatif et ses hommes en déliquescence tiennent la route, tout comme l'infâme Cross ou le Maître (le voyageur temporel, méchant un peu caricatural mais globalement crédible), ce n'est vraiment pas le cas des héros, et encore moins des évènements qui les amènent à le devenir. Les trois amis sont (comme par hasard!) les seuls survivants parmi les milliers de personnes balancées dans le passé, admettent à une vitesse ahurissante leur situation ("ah? Nous, aller dans le passé? ok, c'est cool."), et l'improbable professeur qui les envoie... m'a laissée au moins aussi pantoise que le pseudo-militaire qui les forment en une heure. J'ai toujours du mal à comprendre comment, oui, comment, le quidam moyen peut se trouver brutalement super-héros à qui on met le destin du monde entre les mains, et je le comprends encore moins quand on a un soldat hyper entrainé sous la main. Enfin, je dis ça... je sens qu'au fond, je suis surtout agacée par le personnage de Bob. Un vague ersatz de Berurier jeune, la drôlerie en moins, dont je me suis demandée l'utilité à chaque apparition. Bref, je ne suis pas convaincue.
Refermant le premier tome de ce roman, je me suis fait une réflexion qui m'a fait frémir.
Et si ce livre avait porté la mention "jeunesse"?
Réponse à moi-même: j'aurais pardonné ces incohérences. Non que je prenne les jeunes pour des imbéciles, mais parce que je trouve qu'à moins de ne jamais avoir lu de SF, il est vraiment difficile d'apprécier ce roman.

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