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  Journalsemilitteraire

Les Gommes (Alain Robbe-Grillet)

22 Juillet 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

les-gommes.jpg... Premier article d'une série de chroniques-flash, parce qu'il y a des moments où il faut savoir se mettre à jour sans y passer des heures...

 

... surtout pour parler de Robbe-Grillet.

Pour ceux qui le découvrirait, Alain Robbe-Grillet est de ces auteurs contemporains qu'on découvre généralement en faisant des études de lettres, pour la bonne raison que peu le lisent par hasard. Il y en a sans doute, mais, j'ai moi-même tellement de mal avec ses écrits que je conçois difficilement qu'on s'y mette pour le plaisir (pourtant, j'en connais dont c'est le cas... j'avoue que cela me fascine)

Pour tenter de faire simple, Robbe-Grillet fait partie des théoriciens du Nouveau Roman, courant littéraire des années 50-60 où les auteurs réfléchissent à de nouvelles formes romanesques, centrées sur le personnage et l'implication du lecteur dans l'intrigue, laquelle est (sérieusement) reléguée au second plan. Voire plus loin encore, puisque l'intrigue est le noyau dur du roman traditionnel et qu'il est ici question de le renouveler. J'aurais envie de conseiller La Modification, de Michel Butor, aux curieux, texte le plus lisible parmi ceux auxquels je me suis frottée, troublant car il est écrit entièrement à la 2e personne du pluriel.

 

Mais c'est des Gommes que je vous parlerai aujourd'hui. Peu, et en tournant autour du pot, car vraiment, ce bouquin me ressort par les yeux. L'intrigue est simple: Wallas, agent spécial, arrive dans une ville du Nord pour enquêter sur un crime politique. Or, ce crime n'a pas vraiment eu lieu, la victime n'ayant été que légèrement blessée avant de disparaître avec un médecin complice (notez: disparition, les gommes... subtil, non?). On pourrait se dire que ça ne part pas si mal. Sauf que... les cent premières pages environ racontent la traversée de la ville par Wallas (oh, un boulevard circulaire; et si je demandais mon chemin à la vieille dame? tiens, je suis déjà passé là; des hommes travaillent dans ces pavillons ouvriers...), et une bonne partie du reste consiste à raconter le crime, tel qu'il est supposé par les différents personnages.

 

Oui, d'un point de vue littéraire, c'est grandiose: le lecteur est pris à témoin (ou au piège), les personnages se fondent et se complètent, de la mise en abyme en veux-tu en voilà, un style hyper-réaliste où le moindre détail (peu sont négligés) a son importance... mais d'un point de vue purement subjectif... j'ai besoin qu'on me raconte des histoires. D'avoir affaire à des personnages humains (au sens large). Que le glauque (car les moults descriptions de quartiers et d'intérieurs pauvres donnent rapidement envie d'investir dans une corde, solide de préférence) ait un sens précis et non purement littéraire.

 

Bref, j'ai détesté, comme il y avait longtemps que je n'avais détesté un livre. N'eut-ce été le programme de l'agrégation, je ne serais pas allée au bout... et là, je n'ai pas fini, la Jalousie attend bien sagement sur un coin de mon bureau...

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le bru 05/09/2010 16:29



courage cocotte, moi je suis en train de me taper la disertation du Cned sur la jalousie et les gommes...alors lis bien!



Angua 12/10/2010 20:46



Merci!


je suis loin d'être si avancée... cette semaine, c'est au tour de la jalousie... et j'ai l'impression d'être punie...



éléa 04/08/2010 16:44



Comentaire succint et légèrement réducteur de cette oeuvre, me seble-t-il. Je fais partie de ceux qui aiment à lire ce genre d'oeuvres (ben oui) et le résumé me parait peu fidèle... à forec de
rechercher le criminel, Walas devient le meurtrier, la fausse victime est finalement tuée, le roman se déroule sur 24h qui, finalement, sont comme 'gommées' malgré le fait qu'il y a bien une
'histoire' mais elle se détruit elle-même... Roman construit sur une trame de tragédie antique (prologue, 5 chapitres, épilogue) et c'est voulu: le récit raconte, en creux ("à l'envers) le mythe
d'Oedipe.


J'ai trouve La Jalousie très fort, lui aussi (je l'ai même préféré: plus simple à lire!)


Cordialement.



Angua 12/08/2010 11:42



Oui, j'ai bien conscience de la légèreté de ce commentaire... mais je la revendique.


Je lis essentiellement pour mon plaisir, et Robbe-Grillet relève pour moi de la torture. Je ne remets pas en cause ses "qualités littéraires", son "talent", bref, toutes ses choses que je
constate sans les admirer un seul instant, car je n'y arrive pas. J'ai une relation viscérale à la littérature, et ce qui me gêne le plus cheez RG est justement cela: la seule "dissection froide"
que je parvient à en faire. Ses univers sont froids, sans âmes... trop quotidiens, trop réels pour pour me faire frémir.


Ce manque de vibrations (persistant, en plus!) m'inquiète un peu d'ailleurs, je croise déjà les doigts pour ne pas avoir à analyser RG un jour d'agrégation...