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  Journalsemilitteraire

Légendaire (anthologie réalisée par S.Marsan)

27 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

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En découvrant ce livre sur une table de la bibliothèque (une sélection spéciale fantasy, à l'occasion de la sortie de The Hobbit), j'ai d'abord pensé "Tiens, une nouvelle de David Calvo et une de Roland C Wagner dans le même recueil, il ne peut pas être foncièrement mauvais ! ", tandis que la voix de la mauvaise foi ajoutait "... pour de la fantasy."

 

Eh bien, voilà le genre de recueil qui me réconcilie un peu avec le genre. Non que je sois fâchée. Juste bien en peine d'y trouver des choses qui me plaisent à côté de beaucoup de déceptions. J'ai fait quelque chose de mal, d'ailleurs, je n'ai pas tout lu selon mon critère personnel simple de saturation fantasyque : tout ce qui ressemblait trop à un univers médiéval au bout de quelques paragraphes a été laissé de côté... Même Laurent Genefort, dont Points chauds m'a pourtant beaucoup, beaucoup plu.

 

Mais qu'ai-je donc lu alors ? Du bon, je vous le dis, du bon ! Songe Ophidien, de Mathieu Gaborit, ouvre cette antho avec l'histoire d'une fillette méduse dont les serpents sont malades, à cause d'un gnome qui circule à travers les tableaux. L'intrigue n'a rien de bien original, mais la naïveté de la fillette donne beaucoup de poésie au texte.


J'ai ensuite découvert Fabrice Colin (il était temps) avec Forgiven. Je suis un peu plus partagée . L'ambiance d'une Londres victorienne, parallèle à une ville rêvée (au sens propre... enfin, propre pour ce qui est du rêve, donc figuré, mais propre quand même...), les personnages m'ont séduite et convaincue mais je dois admettre qu'un certain nombre de détails m'ont paru flous, notamment dans la fin de la nouvelle. Je suis un peu déçue par cet auteur que je n'avais jamais franchement lu et dont j'attendais beaucoup... disons que c'est parce que son texte s'inscrit dans un ensemble plus grand que je ne connais pas et qu'il a progressé depuis.


Un bon en avant m'a emmenée jusqu'à La nuit des labyrinthes, de David Calvo. Je m'acharne à le dire, mais ce type a vraiment du talent pour planter des bizarreries qui ont l'air les plus naturelles du monde. Deux enquêteurs cherchent à comprendre comment une fleur, la Celestia, a totalement disparu de la ville de Marseille. Notons que l'un d'entre eux a d'ailleurs brièvement été une plante, assez longtemps pour en garder la couleur verte.


Mademoiselle Belle, de Laurent Kloetzer, raconte la folle nuit d'un écrivain dans un étrange domaine, où sous des couverts de bonne société se cache une décadence toujours croissante et de plus en plus inquiétante. Le narrateur se sait parfois peu recommandable, mais avance aussi dans ses perversions, entre dégoût de lui-même et interrogations sans réponses... un très beau texte, peut-être mon préféré.


Quelques mots de Pour une poignée de cailloux, incursion de Wagner en terres de fantasy ? Rapides, alors. C'est bien sympa, très (trop ?) bref mais efficace, on sent que l'exercice amuse l'auteur et la matière du conte merveilleux est modelée à la sauce parodique.


Et enfin, une bonne semaine après le reste, la dernière nouvelle. Je pensais en rester là mais savoir que Contre la fatalité, de Magali Ségura avait eu le Bob Morane m'a paru un bon argument... et j'ai tout bonnement adoré ce texte. Voilà, enfin, pour une fois, de la fantasy avec un personnage de tueur qui me séduit. Aldéric, surnommé le mercanti, rencontre une Oriel, sorcière protectrice d'une famille qui se propose de lui montrer son avenir. Le voilà se réveillant après avoir failli mourir gelé chez une femme élevant son fils seule, femme qui a l'outrecuidance de ne pas le craindre, voire pire, de le traiter en être humain. Si la première moitié du texte est finalement bien classique (la perpétuelle histoire de la grosse brute séduite par de braves gens), l'histoire bascule ensuite de manière inattendue et propose une relecture d'elle-même.

 

 

En plus des nouvelles, un des aspects de cette anthologie qui m'a particulièrement amusée est son âge. Si, si. Je lis soit des nouveautés ou des choses récentes (de 2 ou 3 ans d'âge, en moyenne), ou bien des grands classiques de la SF, ou bien des grands classiques tout court, et ce livre m'a fait du bien. Il m'a rappelé que les livres ne se périment pas, et que même quand tout le monde semble en avoir oublié un (i.e. qu'on n'en trouve pas grand-chose de récent sur le net), ce n'est pas pour autant qu'il mérite d'être délaissé...

Et lire les biographies d'il y a 12 ans d'auteurs dont on sait ce qu'ils sont devenus... c'est quand même quelque chose !

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