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  Journalsemilitteraire

Le Jour des Triffides (John Wyndham)

30 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

triffides.jpgLorsque Bill Masen entend sonner l'heure, ce matin-là, il sait immédiatement que quelque chose a changé. Hospitalisé depuis près d'une semaine pour soigner ses yeux meurtris par du venin de Triffides, il attendait avec impatience ce jour où les bandages devaient lui être ôtés. Personne n'est venu pour sa toilette, personne ne réagit quand il sonne. Les heures passant, il se décide à enlever lui-même ses pansements pour aller voir ce qui se passe réellement, dans ce bâtiment où seuls des cris et des gémissements retentissent, et dans les rues où plus aucun véhicule ne semble avancer. Il a bien du mal à croire ce qu'il découvre : autour de lui, tout le monde est devenu aveugle. La veille, une extraordinaire pluie de météorites a illuminé de vert la terre entière... tous ceux qui l'ont aperçue ont maintenant perdu la vue.

Le voilà donc parti dans une Londres en perdition, où tous errent l'âme en peine et les bras en avant pour éviter l'obstacle. Évidemment, il n'est pas le seul à avoir eu la chance d'être épargné. Mais les voyants sont bien peu nombreux dans le chaos. Et autour d'eux, les Triffides se rassemblent...

Qu'est-ce que ces Triffides au fait ? Pour ma culture SF bien maigrelette en termes de textes fondateurs, une idée absolument géniale.

Quelques années avant le drame, ces plantes sont apparues en Russie, sans qu'on sache trop comment. Au début, elles paraissaient une bonne idée de culture, leur huile étant particulièrement nourrissante. Sans qu'on sache vraiment comment non plus (mais rien de choquant à cela, la narrateur, biologiste étudiant leur cas, ne peut nous en dire plus que ce qu'il sait), elles se sont propagées, ont poussé bien gentiment partout au début... jusqu'à ce que leur pousse une sorte de liane, un fouet muni de venin, fatal à l'homme et à tout animal. Si encore ces plantes se comportaient comme on l'attend de leur état végétal... mais non, car à l'âge adulte, elles se détachent de leurs racines, et changent de régime alimentaire pour se nourrir de viande.

 

Voilà une merveille de vieux roman. Pour être honnête, je ne m'attendais pas à ça en ouvrant ce roman de 1951. Nous sommes dans un roman post-apo typique pour ce qui est du parcours du héros (solitude, interrogation, contacts avec ses semblables, tentatives d'organisations de communautés...), mais ce qui parait parfois comme des passages obligés glisse tout seul. En toile de fond ténue, l'inquiétante présence des Triffides, dont personne ne se préoccupe dans un premier temps, tant les questions éthiques sont nombreuses. Faut-il sauver autant d'aveugles que possible ? Fonder un monde nouveau et balayer les valeurs passées ?

Paradoxalement, j'aime les histoires sombres et glauques, mais j'ai particulièrement apprécié qu'il n'y ait pas de surenchère dans la violence. Elle est bien assez présente dans l'ambiance en elle-même, et voir des hommes trop peu nombreux pour se chamailler le pouvoir ou une boite de conserve... ça fait du bien dans ce genre de roman. On s'y recentre sur la vraie question de la survie et de la reconstruction.

 

Je me dis d'ailleurs que la "vieille Sf" est capable d'être bien plus surprenante que celle d'aujourd'hui... bien sûr, il m'arrive d'être surprise, étonnée, émue, et que-sais-je-encore par des romans récents. Mais tourner les pages en se demandant avidement ce qui va arriver ensuite... c'est quand même un sentiment fabuleux, que j'aimerais trouver plus souvent.

 

Pour m'éloigner un peu plus encore du sujet, je compléterai par deux infos trouvées sur nooSFere :

- la première parution française fut en Fleuve Noire Anticipation ! Et voilà comment, sans le savoir, j'ai lu mon premier FNA ! Dans une autre collection, ok. D'ailleurs, j'en avais peut-être lu d'autre avant, mais au moins, pour lui, c'est sûr.

- en seulement deux traductions, ce même roman se trouve sous trois titres différents (Les Triffides, Le Jour des Triffides, La Révolte des Triffides). Immense déception quand je l'ai compris. J'aurais bien lu une suite ou un précédent, même si ni l'un ni l'autre ne manque.

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Henri Bademoude 10/01/2013 12:00


Hi hi et bises.

Henri Bademoude 10/01/2013 11:42


Angua, ta jeunesse t'excuse, et personne n'a tout lu. Mais Windham...


Tiens, par là, avec un autre maestro: http://www.yozone.fr/spip.php?article3252

Angua 10/01/2013 11:57



Au moins, c'est maintenant fait ! J'ai arrêté de faire la liste des incontournables à lire de toute urgence, ils sont bien trop nombreux... mais penser qu'il reste tant de belles choses à lire me
console souvent.



Médard 31/12/2012 10:55


Je l'ai trouvé à la bibliothèque municipale :-)@


Effectivement, compte tenu de sa date de parution, c'est pas mal du tout !


Et on ne s'ennuie pas un instant – même si on a peur pour le héros et l'héroïne, qui finissent par se retrouver :-))


Il faut dire qu'en matière d'OGM, les triffides ça se pose la ;->


 

Angua 31/12/2012 11:10



C'est vrai que l'actualité de la question a de quoi laisser songeur !