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  Journalsemilitteraire

Le dernier loup-garou (Glen Duncan)

24 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

dernier-loup.jpg Le narrateur est le dernier loup-garou répertorié, après des décennies d'une traque organisée par l'OMPPO (Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes). Il sait donc, de manière sûre et irrémédiable, qu'il lui reste peu de temps à vivre. Au fond, cela ne le dérange pas vraiment : âgé d'environ deux siècles, il est fatigué de s'attacher à des humains qu'il voit vieillir et mourir, sans parler de ceux qui lui servent de dîner mensuel et travaillent parfois sa conscience, fatigué aussi de changer d'identité, de surveiller ses arrières en permanence. Bref, la situation lui convient.

On s'attend d'abord à lire la chronique d'une mort annoncée, surtout quand le récit de sa transformation vient interrompre le principal fil narratif et confirme l'impression d'hommage aux grands maîtres fondateurs du fantastiques, nous plongeant un instant dans la bonne vieille ambiance gothique pressentie dans les premières pages. Ambiance qui ne dure pas : nous sommes au début des années 2000, et Jake a bien autre chose à faire que de se remémorer le (bon ?) vieux temps.

 

Je le dis rarement, pour la bonne raison que je le pense rarement, mais ce fut tellement bon que ce fut trop court...

 

Le personnage de Jake est une pure réussite. Désabusé, blasé, agissant a priori à l'encontre de la bonne moralité parce qu'il accepte sa condition de monstre et que c'est de cette manière qu'il est finalement le plus humain... Il s'est adapté aux symptômes lycanthropiques en fréquentant des prostituées avec lesquelles il refuse de nouer des liens autres que professionnels pour mieux s'épargner (et les épargner, elles), donne de l'argent aux bonnes oeuvres et choisit méticuleusement ses victimes, puisque victimes mensuelles il doit y avoir.

 

Et pourtant, nous voilà dans un roman qui dégouline de sang, d'action, d'hormones animales et de sexe. Quand Thanatos est si présent, Eros n'est jamais bien loin. Anne Rice nous en avait donné un aperçu pour le vampire, Glen Duncan nous démontre que le loup-garou aussi est une créature littéraire extrêmement complexe, avec un personnage qui est le fruit d'une réflexion poussée et crédible (bon, ok, dans la mesure où on cause loup-garou)... et là, nous voilà dans du sérieux. Du bon. Enfin, autre chose que du bellâtre limité à ses muscles et sa meute, enfin un loup-garou sorti de la bit-lit ! Et pourtant ce loup-garou s'appelle Jacob... et penser à celui d'une autre saga réjouissante de bêtise a vraiment de quoi faire glousse après cette lecture.

 

Sinon, j'ai appris lors de mes pérégrinations en ligne qu'il y aurait une suite, et il paraitrait que Morgane Caussarieux a elle réglé son compte à l'image niaise du vampire qui persiste depuis Tw***t... je crois que je vais m'en aller lire son roman dans les mois qui viennent.

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Guillaume44 07/03/2013 10:44


Il commence à sacrément tourner sur la blogo celui-là, va falloir que je me penche dessus...

Angua 07/03/2013 12:32



Il en vaut la peine, vraiment !