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  Journalsemilitteraire

La peste écarlate (Jack London)

23 Mars 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

la peste ecarlateUn grand-père et ses petits-fils sont installés sur une plage pour déjeuner, le vieil homme divague sur le fameux refrain du "c'était mieux avant". Quoi de plus banal?
Qu'il a incontestablement raison.
2073. Une épidémie aussi fulgurante que meurtrière a décimé la majeure partie de l'humanité. A un âge canonique, le vieillard raconte à ses petits-enfants ce qu'il a vécu, son témoignage est celui de l'un des derniers survivants connus de ce qui fut désigné comme la peste écarlate. Sous les quolibets des enfants incrédules, il se rappelle d'un temps autre, où les hommes vivaient dans des villes, ignoraient dans leur grande majorité comment cultiver la terre et chasser pour se nourrir, heureux bénéficiaires d'une société où chacun remplissait un rôle bien défini, dans une organisation sans faille... où le savoir et la culture avaient encore une signification.
Cette époque est bien révolue. Les survivants se sont organisés en hordes primitives plusieurs années plus tôt, préférant la survie sauvage à la folie de la solitude.
La collègue qui m'a prêté ce roman l'a comparé à La Route, et il y a effectivement de cela. La même impression de solitude profonde, de l'homme face à un monde qu'il ne comprends que trop bien. La force de la mer, qu'on a atteint depuis longtemps ici, mais qui ne laisse pas de rassurer, sans doute par son ressac maternel. London a écrit en 1915 ce roman sombre, qui voit la civilisation confortable réduite à néant, au profit de quelques survivants, choisis par un hasard cynique, transformant un professeur d'université respecté en pauvre vieillard méprisé des siens. L'ensemble est peut-être moins sombre que chez McCathy, car une explication à l'apocalypse demeure... mais l'incompréhension, voire le mépris, qui entoure le dernier détenteur du savoir noircissent la tragédie, supprimant cette fois encore tout espoir pour l'homme.

Un roman bref, frappant et efficace, qui ne renouvelle pas le genre, mais sans doute parce qu'il fait partie des précurseurs? En tout cas l'occasion de voir London autrement que comme l'auteur de Croc-Blanc ou l'Appel de la forêt.

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