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  Journalsemilitteraire

L'historienne et Drakula (Elizabeth Kostova)

9 Janvier 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

histo et drakulaCelle qui s'annonce au début comme la narratrice de ce roman est une lycéenne, fille de diplomate américain, qui vit avec lui et surtout avec sa gouvernante à Amsterdam. Fille unique et chérie, sa mère est morte peu après sa naissance, et son père la protège  avec un amour farouche, ce qui a fait d'elle un caractère solitaire, une intellectuelle timide dont les études et les livres semblent être les seuls centres d'intérêt. En farfouillant dans l'immense bibliothèque familiale, elle tombe par hasard sur un livre extrêmement ancien qui lui avait échappé jusqu'alors: un livre vierge, sauf en son milieu où une gravure représente un dragon des plus menaçants. Mais qu'est-ce donc? Bien sûr, elle pose la question à son père. De là, commence une série de récits imbriqués les uns dans les autres, le premier étant celui du père, qui raconte l'histoire de son directeur de thèse à l'époque où il était étudiant, récit où viennent s'intégrer des lettres du professeur mentionné. Quelques mois plus tard, son père disparaît son laisser de trace (apparente du moins), et la jeune fille part à sa recherche, persuadée de savoir où il est allé.

J'ai finalement beaucoup de choses à dire sur ce livre. La structure, tout d'abord, me paraît inutilement complexe: entre les récits de l'un, les lettres de l'autre, qui s'intègrent dans un nouveau récit ou un nouveau document... ce texte joue aux poupées russes entre les moments où on retrouve la narratrice, que j'avais d'ailleurs fini par plus ou moins oublier, davantage intéressée par les aventure d'Helena, sa mère disparue et la curieuse enquête menée par elle-même et son futur mari.
Car au final, nous sommes "presque" dans un roman d'investigation. L'aspect réellement histo-drakula-2.jpgintéressant de ce roman réside dans l'éclairage historique fouillé qu'il apporte sur le mythe du vampire et la vie du fameux Vlad Tepes, sujet parfaitement maîtrisé par l'auteur. C'est d'ailleurs grâce à cela que je suis allée au bout des deux tomes: l'Europe de l'est est particulièrement bien dépeinte à l'époque du rideau de fer, que ce soit dans ses villes ou ses campagnes les plus profondes.
Pour profiter pleinement de ce roman, il faut finalement fermer les yeux sur les étrangetés narratives. Par exemple, le père écrit à sa fille dans une urgence extrême, s'angoisse à l'idée de ne pas finir! .... et s'embrouille dans des détails à n'en plus finir, telles des couleurs de tailleur ou des dialogues qui n'apportent pas grand-chose à l'explication qu'il est censé être en train de donner. Et ne parlons même pas des "rencontres heureuses dues au hasard", ni des documents "extrêmement rares, dont on ignorait l'existence" qui apparaissent miraculeusement.

Au final, il s'agit d'un roman plein de mystère avec des vampires, et de vagues histoires d'amour, dont je cherche encore l'intérêt pour celle de l'histoire cadre. Je crois que pour en profiter réellement, il faut l'aborder comme un documentaire plutôt que comme un récit, l'érudition rattrappant (heureusement) le peu d'intérêt de ce qui lui sert de prétexte.

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SBM 09/01/2010 15:28


Enfin un roman de vampires qui m'a beaucoup plu ! Oui, la srtucture est complexe, on sent que l'auteur s'est donné de la peine pour nous !


Angua 09/01/2010 16:00


C'est vrai que la densité des informations est très jouissive!

D'ailleurs, en relisant ce que j'ai écrit tout à l'heure, je m'aperçois que j'ai peut-être été un peu dure... car au final, malgré la construction qui m'a dérangée, il m'a plutôt plu ce livre...