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  Journalsemilitteraire

L'Amicale des jeteurs de sorts (Antho dirigée par T. Bauduret et C. Thill)

28 Février 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

amicale(Et si je commençais par hurler au sujet de mon bel article, quasiment fini, qui a disparu dans les limbes d'O-Blog, comme ça, sans prévenir ?)

 

Pour l'édition 2013, le réjouissant festival Zone Franche avait pour thème Bouillon de sorcières et la réalisation de l'anthologie a été confié aux éditions Malpertuis, spécialistes du fantastique s'il en est (oui, c'est décidé, j'aime les éditions Malpertuis, car ce recueil mérite qu'on en parle.)

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les anthologistes ont réalisé un bon boulot. 24 auteurs réunis ici, chacun avec leur plume, mais pour un ensemble d'une réelle unité, où le fantastique à l'ancienne se mêle à des tons modernes et facétieux pour un résultat magnifique.

 

Nous trouvons ici des nouvelles inscrites dans la tradition gothique, avec vieilles pierres, mystérieux sorciers et malédictions, avec Le Sorcier de Brassac de Laurent Mantese (ou comment l'égocentrisme d'un chef d'entreprise apparaît comme le meilleur déni possible), La disparition totale de Nicolas Bally (ou comment se débarrasser définitivement d'une soeur casse-pied), le Marchand de réalités de Simon Sanahujas (ou comment les fils de la réalité s'emmêlent à s'en nouer). Citons aussi La neige noire, de Bernard Léonetti, une autre histoire d'égoïsme fatal. Ou bien Deuil, de Jacques Fuentealba, texte plein de sensualité où le désespoir d'un sorcier l'empêche d'accepter l'horreur de la réalité.

 

Des nouvelles d'introspection, où les conflits entre mères et filles dissimulent l'essentiel, avec Sanguine, de Ketty Steward, ou bien où les vieux pactes deviennent encombrants, avec Simulacres, de Franck Ferric.

 

Des histoires d'avidité, d'aspiration à à la gloire ou au pouvoir, thème récurrent et ô combien douloureux pour l'orgueil des personnages. Le Rêve de magie de Sylas dépeint douloureusement les rêves adolescents, Amour, siamois et sorcellerie, de Robert Darvel est un régal de récit d'horreur, tandis que le Démon encombrant de Christian Perrot ridiculise l'art de l'invocation.

 

Enfin, et peut-être surtout, des histoires drôles, où les auteurs jonglent habilement entre absurde et fantastique. Les pouvoirs ridicules du lotissement du Tournesol, d'Olivier Caruso, rendent d'autant plus douloureuse la chute finale, le Magic Best-of de Julien Heylbroeck dévoile une conséquence méconnue de la malbouffe. Tordre le cou à la pensée magique de Léo Henry (j'ai déjà dit à quel point j'aime ce qu'écrit Léo Henry ? J'aime Léo Henry. J'adore Léo Henry. D'ailleurs, vous feriez mieux de lire Rouge Gueule de bois au lieu de lire ce blog.), cette nouvelle, donc, révèle les pouvoirs insoupçonnés de la technologie.

Une mention spéciale au texte qui clôt le recueil, Vaisseau d'espoir, comment es-tu devenu un vaisseau de douleur ? de Karim Berrouka. Si je fus secrètement amoureuse de l'homme dans ma folle jeunesse, j'ai découvert sa plume d'écrivain avec ce texte, et boudiou ! qu'en voilà une bonne... du bon fantastique horrifique et poilant à la fois, une vraie réussite.

 

Bref. Peut-être est-ce si bien passé parce qu'il y a longtemps que je n'avais pas lu de fantastique, ou que j'étais vraiment d'humeur à me plonger dans des nouvelles, mais voilà un tout cas un recueil excellent, où le plaisir ne s'est pas limité à retrouver des écrivains par lesquels j'étais déjà convaincue !

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