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  Journalsemilitteraire

Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski)

25 Octobre 2010 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

gagner-la-guerre.jpgLecture terminée il y a quelques semaines maintenant, qui m'a laissé un souvenir magistral!

Tout le monde le disait. Le prix des Imaginales, les bloggueurs, mon compagnon (qui s'était jeté dessus éhontément à notre retour des Utopiales l'an dernier)... et je suis d'accord: ce roman est bon, vraiment bon. Il nous rappelle que le récit d'aventures est un art qui peut être complexe, travaillé, écrit dans une belle langue, et immensément jouissif, prolongeant le plaisir par une intrigue qui prend le temps nécessaire pour s'installer, un univers qui s'enrichit, se développe... vit sous nos yeux de lecteurs ébahis.

 

En soi, l'intrigue n'a rien d'exceptionnel (à l'occasion, je devrais m'interdire cette phrase, et me contenter de le signaler, le jour où je trouverai qu'une histoire est hors du commun!). Don Benvenuto fait partie des Chuchoteurs de Ciudalia, ce qui signifie que ses talents sont bien cachés et connus de ses employeurs seuls. Aux yeux de tous, il est un homme de confiance du Podestat... mais son rôle est bien plus complexe. Espion, homme de main spécialisé dans diverses formes de morts rapides, le voilà embarqué dès les premières pages dans un complot qui semble prendre un autre chemin que celui attendu...

Lire Gagner la guerre fait du bien. Benvenuto est l'un de ces narrateurs sans grande morale, mais auquel on s'attache, car il est finalement bien réaliste. Salaud dans un monde de salauds, victime autant que bourreau, il nous donne l'occasion de découvrir et parcourir les rues de Ciudalia, cité qui est à elle seule un personnage à part entière, et de nous engouffrer dans les coulisses d'un pouvoir aux rouages... bien réalistes eux aussi. L'art de Jaworski, dans ce roman, est de parvenir à rendre étonnement palpable un monde imaginaire, grâce à une analyse et une connaissance fines de l'esprit humain. Univers de fantasy pourtant, où la magie, aussi discrète soit-elle, est bien présente, par touches ténues, suffisante pour inquiéter. L'alchimie délicate entre réflexion et plaisir fait de ce roman un excellent livre...

Gagner la guerre est un texte exigeant, mais son rythme et la langue du narrateur en font un délicieux moment. Si j'osais, je ferais un abus de langage en parlant de page-turner, car en ce qui me concerne, il me fit dormir un peu moins que prévu durant plusieurs nuits!

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-Lion- 13/04/2011 16:15



Ouais, je valide, c'est un livre à lire et qui vaut le détour. L'auteur sait très bien joué avec l'ambiance et la psychologie des personnages. J'ai juste regretté l'apparition de quelques
oreilles pointus ;p



Angua 13/04/2011 17:27



Certes, mais elles se font discrètes. Peut-être sont-elles là juste histoire d'éviter de lancer le débat perpétuel SF ou fantasy ou autre chose? Là, c'est fantasy, comme ça, c'est clair!
Peut-être aussi parce que si mes souvenirs sont bons, l'auteur est un ancien rôliste, ce qui peut laisser des traces.


Je ne l'ai pas (encore) lu, mais il y a un recueil de nouvelles dans le même univers, Janua Vera qui est parait-il tout aussi bon.



Karine:) 26/10/2010 01:38



Un abus de langage, c'est pas si grave ;))  Je suis bien tentée, en tout cas, une lecture qui scotche, je ne dis pas non!



Angua 27/10/2010 22:40



Alors tu peux y aller les yeux fermés!