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  Journalsemilitteraire

Des aliens pour la jeunesse

8 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Il y a quelques mois, je me suis lancée dans une quête qui n'était pas censée en être une : celle d'albumS pour enfants contenant des extra-terrestres.

Et pourtant.

J'ai mis sur la piste les spécialistes que j'avais sous la main : parents d'enfants jeunes et moins jeunes, lecteurs de SF et bibliothécaires.

Et... rien.
Ou presque rien, si peu en tout cas que le bibliothécaire de la Municipale ma Voisine en est encore esbourdi et s'interroge aussi profondément que moi sur ce manque. Des BD pour "jeunes" lecteurs (oui, "jeunes" entre guillemets, plus d'une m'a régalée), on en trouve, des romans "premières lectures" de qualité diverse, aussi.

 

Voilà néanmoins le fruit maigre de ma moisson d'albums:

 

grrick.jpg- Grrick, d'Alan Mets. Le narrateur, un jeune cochon, se rend en ronchonnant à l'école quand tout à coup une soucoupe se pose devant lui... et le voilà enlevé et empaqueté pour être offert à un enfant extraterrestre qui ressemble férocement à un cornichon !

Je ne suis pas fan de cet album. Une sombre histoire de valeurs que ça véhicule (je n'aime pas qu'on devienne copains en se mettant des coups sur le nez, et pas l'ombre d'un personnage féminin) mais bon... il s'avère que le public a été totalement conquis, peut-être parce que le jeu de mots final leur a échappé (et oui, ils finissent... "copains comme cornichons !")

 

 

 

- Bidou, d'Alexis Deacon.bidou.jpg

Ah, Bidou...

Là, c'est un vrai coup de foudre. Bidou est une petite extra terrestre perdue sur Terre, planète hostile où elle essaie de se faire sa place... mais les lapins n'ont pas de conversation, et le carton de chiots où elle s'installe lui vaut d'être jetée hors du refuge... Cet album est merveilleux. Le graphisme est sympa, rond, doux, l'histoire pleine de rebondissements dans un monde où tout n'est pas tout blanc ni tout noir (sans faire peur, c'est important pour des enfants de ma connaissance, ça) ce fut une découverte qui m'a plu.

 

- Enfin, A.L.I.E.E.N, de Lewis Trondheim, et Les mammouths, les ogres, les extra-terrestres et ma petites soeur, de A.Cousseau et N.Choux, dont je ne vous dirai rien car je ne l'ai pas eu entre les mains. Mais, qui sait ? Si quelqu'un est pris de la même idée tordue que moi, la référence peut servir !

 

Et, en matière d'albums.... c'est tout !

Si quelqu'un a une explication, je ne demande qu'à la connaître.

 

Une brève synthèse des premiers romans que j'ai eus dans les mains, pendant que j'y suis, où là, par contre, je suis sûre de ne pas avoir épuisé la question. Donc, j'ai lu :

 

attention-extraterrestres-949.gif- Attention aux extra-terrestres, de Benoit Jacques. D'abord lu d'un oeil distrait, j'ai détesté. Le graphisme m'a laissé froide, ma filleule (7 ans, lit toute seule, beaucoup, et aime ça) avait détesté aussi, et l'histoire... brof. Et puis, déprimée par la vacuité de ce que j'avais trouvé en matière d'album, je l'ai relu, même si ce n'en est pas un. En prenant mon temps cette fois, en regardant réellement les images. Le secret était là : voilà une histoire pour enfants qui s'accompagne bien d'un adulte ! Et voilà comment j'ai passé un temps fou à scanner les images (je sais, c'est mal, monsieur l'auteur, si vous passez par ici, rassurez-vous, elles n'ont été utilisées que par moi-même, une fois, aujourd'hui, et ce sera sans doute la seule), pour en faire la lecture à un groupe de marmots tout en leur permettant de voir de quoi il en retournait. Au début, ils ont été perplexes. Et peu à peu... conquis.

Les parents mentionnés plus haut me disent parfois qu'ils se demandent à quoi pensent les auteurs en écrivant pour les enfants, et c'est vrai qu'il y a de quoi s'interroger. Ce petit roman est vraiment une réussite, MAIS d'un tel niveau d'exigence qu'il a de quoi décontenancer le jeune lecteur.

 

 

 

 - Tom et Tim chez les Extraterrestres, de P. de Bourgoing et Y.Calarnou.tom-tim.jpg

Bon.

Hum.

Tom et Tim sont les héros d'une série qui présente une lettre à chaque fois, nous sommes dans celui de la lettre E. Ah si, un truc sympa : les pages se déplient et donnent une illustration nouvelle. A part ça... aucune histoire, des phrases prétexte à caser des "e", des mots qui flottent à côté des objets qu'ils désignent. Une furieuse impression de manuel scolaire vaguement fun, mais vu l'état de la série encore en rayon à la Municipale ma Voisine (pas du genre à laisser s'empoussiérer les vieilleries), c'est un truc qui sort beaucoup.

 

course-espace.jpg- La course de l'espace, de M.Cantin et L.Richard.

Là, non. Mais non, ce n'est pas possible. La féministe en moi hurle (qu'est-ce que cette greluche de Zaza à la fusée rose fuschia ? que ce petit con de Nigo - le bien nommé - qui reçoit en récompense de sa tricherie un "gros bisou sur la joue" ?), la grande enfant se sent vexée par la répétitions niaises (foi de Zaza, ça ne va pas se passer comme ça !... c'est ça, ouais...). Pourtant, l'idée de départ était amusante, une planète qui a le hoquet, c'est une idée fun... mais non, merci, pas pour moi.

 

alex.jpg- Alex l'extraterrestre, d'E.Trédez et E.Balandras.

J'ai cru en commençant que je le détesterais pour les mêmes raisons que le précédent, l'histoire s'ouvrant sur une compétition entre filles et garçons. Mais c'est alors que débarque Alex, l'extraterrestre... qui s'amuse bien de tout ça et ne se décide pas à dévoiler son sexe. Et là, sans être de la haute littérature, c'est néanmoins amusant et en plein réalisme des cours de récréation.

 

 

Et pour finir, ma découverte préférée : L'enfant bleu, de J.-M. Ligny et J.-P. Colbus.enfant-bleu.gif

Ouvrir un J'aime Lire me rajeunit de quelques dizaines d'années, et voir des hommes préhistoriques sur la couverture ne me motivait pas plus qu'à l'époque (oui, déjà, j'aimais les vaisseaux spatiaux et les voyages dans le temps, seul moyen de faire passer la pilule de la présence de nos lointains ancêtres). Ceci dit, le nom de Ligny contrebalançait, lui, je sais que j'aime ce qu'il fait.

Nous voilà dans une tribu qui souffre du froid et de l'hiver, où Amma, femme sans enfants, souffre encore plus de sa stérilité. Un soir, une étrange lumière bleue apparaît et le lendemain, elle découvre un enfant bleu, aux yeux roses, aux pieds munis de deux doigts. Il ne parle pas sa langue, mais elle le comprend. Il est seul, elle le recueille. Il y a la rudesse de la préhistoire et la poésie de personnages taiseux mais vrais, le tout relevé par des illustrations délicates. J'ai adoré.

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Violette 31/08/2012 11:50


beau boulot! je viendrai sans doute te chiper tes idées :-)

Angua 31/08/2012 17:52



Merci ! Comme je le disais, il y a des titres dont il ne faut pas se priver dans tout ça !