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  Journalsemilitteraire

Cri primaire (ou comment je vais venir à bout des Confessions)

21 Juillet 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Depuis de nombreux mois, ma décision était prise.

Cet été, j'avais prévu un genre de vacances idéales. Moi, mon bureau, mes bouquins. Surtout ceux dont la lecture était repoussée depuis des mois. Et puis, redonner un peu de vie à ce blog aussi, vu que si je n'y écris quasiment plus, ce n'est pas faute de lire. Et puis, un petit millier d'autres projet, le tout fortement contrarié par le fait que les journées s'acharnent à ne contenir que 24 heures. Autant dire que si mon temps de lecture a réussi à augmenter, cela reste dans une proportion bien modeste...

 

Mais ce soir, vraiment, j'ai besoin de me remettre à blogguer. L'idée me taraude de plus en plus fort ces derniers jours, et me revoilà donc, avec un nombre de sujets à aborder beaucoup trop ambitieux pour ce soir, étant donné que je suis aussi décidée à dormir un peu cette nuit.

 

Oui, ce soir, il y a une urgence absolue. Un besoin de hurler.

 

Un certain Jean-Jacques. Pas ce petit con de Jean-Jacques, mais presque. Le satané Rousseau, de Jean-Jacques.


confessions.jpg

Notez le sourire innocent... il aurait presque l'air sympathique sur ce portrait.

 

Un peu comme si j'étais organisée, une velléité agrégative m'a à nouveau happée cette année, et l'homme est au programme. Pour les six premiers livres, très exactement, mais vous vous doutez qu'aller au bout de la chose est dans la catégorie "indispensable". Je suis donc bien décidée à en venir à bout.

 

Et de profiter de ce blog pour faire un premier bilan. Totalement subjectif et éminemment salutaire.

 

Au début, tout va bien. Les premiers livres (lus à une lointaine époque de fac) passent tout seuls, j'y attendais presque avec impatience les passages étudiés des dizaines de fois, la candeur naïve du jeune Jean-Jacques a presque un côté touchant qui fait pardonner ses lamentations hypocondriaques et ses tendances à la paranoïa encore vagues.

Puis, il vieillit. Arrive le livre cinq, l'amour charnel ENFIN consommé avec Mme de Warens, le charme bucolique de la bonne vie au grand air, où on se surprend à se dire que tout ça mérite de lire l'Emile sérieusement un jour. Bien sûr, comme il nous en avait prévenus, le tout finit mal, et le voilà sur le départ par Paris.

 

Début du livre VII. Je me réjouissais de l'attaquer et de voir surgir Diderot et toute la clique des Encyclopédistes, de lire la vie parisienne du XVIIIe, bref, de réviser mon histoire littéraire à travers le prisme du pauvre Jean-Jacques ! avec qui le monde allait devenir si méchant.

 

J'en suis maintenant au dixième.

Pour tout un tas de raison (la moindre n'étant pas que mon ebook tient dans mon sac et que j'ai eu beaucoup, beaucoup d'occasion d'attendre aujourd'hui), j'ai lu 60 pages aujourd'hui. OMFG. Je n'en peux plus !!!! Mais qu'il arrête de vouloir à tout prix prouver et démontrer qu'il est innocent comme l'agneau ! Le résultat de l'accumulation du détail de ses querelles, de la reproduction des billets et lettres échangées, de la grande innocence de son coeur n'a réussi à prouver qu'une chose.

Jean-Jacques, tu es absolument et complètement insupportable. Et Diderot, pour ne citer que lui, a été sacrément patient avec toi.

 

Ah, je les aurai, ces Confessions, j'en arriverai à bout. Il est hors de question que je m'avoue vaincue par quelqu'un d'aussi prétentieux, et surtout, je me vexerais en n'allant pas au bout d'un tel classique... quand bien même je comprends parfaitement pourquoi les auteurs du programme de l'agrégation aient choisi d'arrêter la partie à étudier aux six premiers livres. Non, au-delà, ce n'était plus un concours d'enseignement, mais une véritable déclaration de haine.

 

 

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Cachou 04/08/2012 16:21


Ces "Confessions", je les avais lues à l'unif. Je ne sais plus pourquoi, j'avais adoré (mais vraiment, j'en gardais un très bon souvenir). Mais à l'époque, je n'avais lu ni Voltaire, ni Diderot
(honte à moi). Chose faite depuis, et surtout ces dernières années. Quand j'ai vu Rousseau dans la liste des livres à choisir pour mes cours du soir, je me suis dit "bonne, bonne, je m'étais bien
amusée avec Jean-Jacques, au moins ce livre-là passera tout seul".
Que nenni...


Comme tu dis, "Jean-Jacques, tu es absolument et complètement insupportable.". Sauf que j'ai tenu une centaine de pages
de mon côté avant de déclarer forfait tellement j'avais envie de claquer le livre contre le mur. Il y a une suffisance qui transparaît entre les lignes de ces confessions que je n'ai jamais
éprouvée chez Voltaire ou Diderot. Elle m'a ici tellement agacée que j'ai préféré m'attaquer à un auteur que je pensais ne pas aimer plutôt que de continuer à lire ces confessions-ci.


Et, tu sais quoi? Je suis vraiment (très) heureuse d'avoir abandonné Rousseau. Parce qu'ainsi, j'ai découvert "Une vie" de Maupassant, ravalé ma fierté et avoué que le p'tit Guy, il me plaisait
bien somme toute, surtout que son livre, il est sacrément féministe.


Le nez dans le ruisseau, vraiment la faute à Rousseau...?

Angua 05/08/2012 16:14



Tu me donnerais presque envie de relire Une vie, dont je n'ai qu'un souvenir très nébuleux...



maggie 29/07/2012 11:40


Je relis aussi rousseau pour l'agregation : oui, Rousseau cumule orgueil et manie de la persécution ! ( " je me peindrai sans fard et sans modestie" ou " aucun homme ne fut meilleur que moi"...
citations approximatives, je pense... ). Le problème avec lui, c'est qu'il se sent innocent même dans l'affaire du ruban volé car pour lui faire mal et avoir l'intention de faire mal sont deux
choses différentes. Ayant l'intention de bien faire, si les conséquences sont facheuses, il pense quand même etre le meilleur des hommes (?)... Actuellement, je relis aussi deux lettres sur
l'individu la société et la vertu... intéressant...

Angua 31/07/2012 21:10



Il a en effet l'art et la manière de présenter les choses pour démontrer la tranquilité de sa conscience !


En tout cas, j'en suis venue à bout... et je n'en suis pas fâchée ! Je pensais me plonger dans l'Emile (jamais lu intégralement), mais là, la pause est sanitaire avant l'overdose.



Olivier Tomasini 23/07/2012 01:05


Honte à l'inculte que je suis mais j'avais décidé d'aimer Voltaire et comme les clans Françoise Hardy / sylvie vartan qui n'aimaient qu'une pour détester l'autre j'ai totalement boudé Rousseau.
Je me console en citant cette perle du bac (vraie perle ou pas j'ai bien aimé).


Perle du bac 2012 spéciale Rousseau


«Selon Rousseau, il vaut mieux rêver ses désirs plutôt que les satisfaire. C’est pour cela qu’il a toujours vécu seul et malheureux.»

Angua 23/07/2012 19:14



Le pire... c'est que je suis bien d'accord avec cette analyse, aussi peu littéraire peut-elle sembler !


J'ai toujours aimé Voltaire, mais il y a quelques passages de Rousseau que j'aime bien. Peut-être à force de matraquage, c'est possible ! Je crois qu'en lire un peu, par curiosité, c'est
intéressant, mais l'intégralité des Confessions... non, ça, c'est vraiment désagréable.