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  Journalsemilitteraire

Cartographie des nuages (David Mitchell)

18 Avril 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Vcartographie.jpgoilà un bien étrange roman, où les personnages et les intrigues s'entrecroisent entre les récits et les époques. Sachez-le : j'aurai bien du mal à vous en parler sans vous spoiler, vous voilà prévenus.

 

Le roman débute avec le journal d'un homme de loi américain, Ewing, envoyé régler une affaire au loin dans les îles, où un mal cérébral le ronge tandis que le voyage du retour commence, à bord d'un navire au capitaine franchement désagréable. Le journal s'arrête brutalement pour passer à des lettres, écrites par un certain Zedelghem, compositeur sans sou ni scrupules, qui compte jouer les pique-assiette auprès d'un maître qu'il admire, lettres adressées à Sixsmith, son ami resté en Angleterre. Fin des lettres, début d'un récit dont l'héroïne est une journaliste qui rencontre Sixsmith bien des années plus tard, alors que celui-ci est devenu scientifique reconnu et souhaite rendre public les dangers d'une centrale sur laquelle il a dû réaliser un audit, dont les résultats mettent sa vie en péril...

Vous l'aurez compris, tous les récits sont liés, et la SF se fait d'abord bien discrète. Elle pointe son nez avec le personnage Sonmi-451, clone réalisée pour travailler chez Papa Song sans avoir à réfléchir... à ceci près que d'autres l'y amènent, avant un récit central où le souvenir de Sonmi est divinisé et vénéré, dans un monde bien plus abîmé que celui dans lequel elle avait vu le jour. Oui, récit central, qui marque un retour à Sonmi et à ceux qui l'ont précédée, clôturant chacun des récits entrepris précédemment, même ceux que le lecteur aurait pu croire terminés.

 

Je suis profondément perplexe, même si, au fond, j'ai aimé ce roman. Le lien se fait ténu entre les récits, laissant la part belle à l'interprétation libre : une tâche de naissance inviterait à songer réincarnation, à moins que je n'aie été influencée par ce que j'avais lu du roman, mais chaque histoire contient un élément qui renvoie à celle qui précède, construisant une chaîne d'événements qui évoque l'effet papillon... et la fin vient tout foutre en l'air. Je me serais contentée de rester sur mes hypothèses, même un peu frustrée par le procédé. Mais ne rien avancer pour conclure par deux pages de considérations gentillettes sur la méchanceté de l'homme vis à vis de son prochain et de la planète, heu... voilà qui me laisse bien amère. La réflexion finale, aux allures de conclusion, vient prendre le lecteur pour beaucoup plus idiot qu'on ne l'avait fait jusqu'à maintenant, et m'a donné l'impression d'une démonstration ratée, qui se terminerait par "Vous avez vu, hein ? Quelle que soit l'époque, il y a des gentils et des vilains..."

Oublions les derniers paragraphes d'Ewing. Sans eux, des questions restent, mais au moins, je n'ai pas l'impression que l'auteur finisse avec la conviction de s'adresser à des imbéciles.

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Karine:) 29/04/2013 01:57


Just pour cette finale, je pense que je vais passer mon tour... ça m'éneeerverait, je le sens!

Angua 29/04/2013 20:49



C'est vraiment le truc qui gâche, ces dernières pages !



Cachou 23/04/2013 09:47


Comme je ne l'ai jamais lu, ça ne devrait pas me déranger alors ^_^.

Cachou 23/04/2013 09:00


Ouh, tu me fais peur là. Au vu des critiques glanées jusqu'à présent, je pensais le livre subtil et enthousiasmant. Je n'aime pas trop ce que j'apprends sur la fin...


 


Bon, je le lirai quand même, juste parce que je veux savoir tout ce que le film a zappé. Mais au moins, je partirai avec moins d'attentes...

Angua 23/04/2013 09:45



J'y suis peut-être allée un peu fort : le livre reste quand même subtil et enthousiasmant ! La naïveté de la fin en est d'autant plus déconcertante que, près de 600 pages durant, l'auteur nous
habitue à mieux.