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  Journalsemilitteraire

Le temps des miracles (Anne-Laure Bondoux)

19 Septembre 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

S'il y a peu, je m'enthousiasmais pour un titre de littérature jeunesse, je déchante déjà avec le dernier roman lu (z'avez vous comme je suis sérieuse depuis cette rentrée, à lire plein de trucs pour mes petits mignons d'élèves?).
Proposé par un collègue à qui j'expliquais avoir travaillé en classe d'accueil, j'étais curieuse de découvrir Le Temps des miracles. L'histoire est celle de Koumaïl, exilé du Caucase, dont le pays d'origine est bien compliqué à cerner dans un premier temps. Ce qui importe peu finalement: l'essentiel est dans son quotidien, la misère et la fuite précipitée quand la guerre s'approche, ou encore sa relation avec Gloria, la femme qui veille sur lui depuis sa tendre enfance. Car Koumaïl s'appellerait en réalité Basile Fortune, et serait citoyen de la République de France, république où Gloria est bien décidée à l'emmener pour lui offrir une vie meilleure après des débuts miraculeux: Gloria lui raconte chaque soir comment elle l'a récupéré, bébé, dans les bras de sa mère agonisante après un accident ferroviaire.
Raconté ainsi, je me dis que ça pourrait presque être intéressant. D'ailleurs, les idées le sont, et pour avoir été dans le rôle de Mme Georges, chargée d'enseigner le français à une classe de déracinés, plusieurs épisodes m'ont touchée.
Mais... il y a un mais, vous vous en doutez bien. S'il n'y avait, justement, le plaisir de quelques souvenirs passés avec ces gamins, je me demande si je n'aurais pas lu en diagonale les trois quarts du bouquin. Le style est exactement celui qui me dérange: minimaliste, simpliste, des phrases brèves, toujours au présent, et le filtre de la naïveté de l'enfance. Filtre supposé: certes, des enfants peuvent limiter leur champ de compréhension à ce qu'on leur raconte, mais j'ai horreur d'avoir le sentiment qu'on prend le lecteur ou le personnage pour un imbécile, au risque de l'incohérence. un gamin qui vit de telles choses, même entouré de tout l'amour du monde, ne peut garder une telle candeur sur ce qui se passe autour de lui.
Et cette manie de répéter chaque détail à teneur sentimentale... le samovar du père de Gloria, le violon d'Oleg, oui, je m'en souviens, oui j'ai compris à quel point ils y tiennent. D'ailleurs, leur disparation m'a presque soulagée, les personnages aussi visiblement vu qu'on les oublie aussitôt.
Ado, peut-être aurais-je aimé. Aujourd'hui, il est trop tard et je ne suis pas sûre de le regretter.

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