Voilà une lecture qui me laisse perplexe.
Tout d'abord parce que j'en attendais beaucoup: ma première rencontre avec le nom de Tim Powers remonte à la postface du mémorable Bureau des atrocités de Charles Stross, où il lui fait
référence pour les similitudes entre son roman et Les puissances de l'invisible. Je ne sais plus si j'ai pris le temps de le dire, mais j'ai adoré et dévoré Le bureau des
atrocités. Même si ce n'est pas par son cousin fortuit que j'entrai dans l'oeuvre de Powers, je m'attendais à l'aimer, à beaucoup, beaucoup l'aimer même.
Vous l'avez deviné, j'ai plutôt été déçue.
Le roman commence dans les années 80. Brendan Doyle, universitaire californien spécialisé dans le poésie anglaise du début du XIXe, se voit embauché pour donner une conférence sur Coleridge auprès
d'amateurs triés sur le volet. Triés par un critère simple: l'argent. En effet, le petit groupe avec lequel il se retrouve est prêt à payer une somme absolument colossale... pour faire un saut en
1810 et rencontrer le poète en chair et en os, aussi incroyable que cela puisse paraître.
Or, si tout paraît parfaitement huilé, l'expédition tourne mal et Doyle est enlevé par un sorcier qui connaît lui aussi l'existence de "ponts" temporels, et espère tirer des informations nouvelles
de son prisonnier... qui parvient à s'échapper, se retrouvant dans la société londonienne du XIX, monde qu'il connaît parfaitement mais seulement d'un point de vue théorique.
Je trouvais l'idée de départ intéressante même si déjà vue, et ce roman a des qualités indéniables. Par exemple le mélange de science et de magie, même si cette dernière est seule présente dans les
trois derniers quarts du roman, ou les personnages fantasmagoriques du Château des Rats, des erreurs magiques qui alimentent efficacement les allures de roman gothique prises par le roman.
Mais au final, je reste sur ma faim. Le style est parfois un peu lourd, et les repères ne sont pas toujours clairs entre réalités, suppositions de Doyle, et les divers visages pris par les
personnages.
J'avais bien aimé... jusqu'à la seconde partie de l'histoire. Là, j'ai eu l'impression qu'on reprenait les même ingrédients, mais plus confus, avec des personnages moins bien dessinés et interchangeables. Un bon souvenir quand même. Et puis je ne sais pas si on peut parler de "déjà vu" pour ce type d'histoire : le roman est assez vieux, non ?
Commentaire n°2
posté par
Don Lo
le 10/07/2009 à 08h57
Effectivement, le roman date de 1983 si mes souvenirs sont bons. Donc, "déjà vu" à notre époque, mais je ne sais pas si quand il était sorti, le sujet avait déjà beaucoup été abordé... Qestion
intéressante!
Tim Powers est, avec James Blaylock et K. W. Jeter, à l'origine du steampunk. J'en attendais donc beaucoup, trop peut être... Et je dois également avouer ma déception devant ce livre, que j'ai terminé avec beaucoup de mal. Il restera dans ma collection, mais je ne pense pas le relire un jour.
Commentaire n°3
posté par
Mino
le 16/07/2009 à 16h09
Tu m'apprends quelque chose, je ne savais pas qu'il avait été aux origines du steampunk! Je pense retenter cet auteur plus tard, mais le relire...vraiment pas tout de suite!
Et puis je ne sais pas si on peut parler de "déjà vu" pour ce type d'histoire : le roman est assez vieux, non ?
J'en attendais donc beaucoup, trop peut être...
Et je dois également avouer ma déception devant ce livre, que j'ai terminé avec beaucoup de mal.
Il restera dans ma collection, mais je ne pense pas le relire un jour.