J'ai envie de dire que ce roman... c'est n'importe quoi. Mais au sens noble du terme: un n'importe quoi drôle, grinçant, potache presque, qui fait passer quelques heures bien
agréable à pouffer derrière son livre.
Il commence par une bonne cuite de Morag et Heather, deux fées irlandaises exilées suite à des évènements qui s'éclairent peu à peu, impliquant un concours de violon au résultat discutable (surtout
d'après elles), beaucoup de musique punk, une vieille bannière porte-bonheur et un besoin pressant de se moucher. Précision: ladite cuite a lieu sous les yeux ébahis de Dinnie, raté notoire qui
hait tout le monde et surtout son prochain, et qui de toute façon ne croit pas aux fées donc ne va pas se laisser pourrir la vie. Pendant ce temps, une mendiante qui se prend pour Xénophon écume
les rues en dirigeant son armées, une révolution travailliste se fomente dans les usines fées, et surtout, le concours du printemps qui opposera un alphabet des fleurs à une curieuse mise en scène
de Shakespeare s'approche.
Oui, tout le roman est dans ce ton, et non, ce n'est pas si obscur que peut le laisser croire ce bref résumé!
J'ai pris tant de plaisir à découvrir chaque étape du récit que je m'en voudrais de vous en dire plus, mais Les Petites fées de New York m'a fait me bidonner comme cela ne m'était pas
arrivé depuis longtemps sur un livre. Au point que mon hilarité se transforme maintenant en hurlement scandalisé: quoi, cette merveille écrite en 1992 n'a pas été envoyée à un éditeur français
avant?
Franchement, c'est une honte.