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  Journalsemilitteraire

Lilliputia (Xavier Mauméjean)

30 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'aime beaucoup ce qu'écrit Mauméjean, mais ses bouquins ont pourtant tendance à me décevoir.
Chaque fois, je trouve l'idée de départ géniale, autant pour Lilliputia que ce fut le cas pour Car je suis Légion ou la Vénus anatomique, mais chaque fois, plus j'avance dans ma lecture... et plus j'ai le sentiment qu'elle m'échappe. Non parce que trop complexe, ou parce que l'écriture serait obscure. Globalement, sa plume est facile tout en étant travaillée et reste agréable. Les univers qu'il propose sont propices à la rêverie et à la réflexion, mais... pour ce qui est du déroulement des intrigues, il y a chaque fois des détails qui manquent, ou des enchaînements d'évènements précipités, presque maladroits.
Revenons-en à Lilliputia. Un roman que je souhaitais lire depuis longtemps, très exactement depuis la publication d'extraits dans Géante Rouge avant la sortie du roman.
L'idée de départ me semblait géniale: inspiré par les parcs d'attraction de la fin du siècle avant-dernier aux Etats-Unis, Mauméjean met en place un ville lilliputienne, dont tous les habitants sont des nains "recrutés" plus ou moins violemment pour amuser une galerie composée de braves familles américaines en manque de divertissement. Nous suivons Elcane, personnage principal, de son enlèvement dans un obscur pays d'Europe de l'est à son arrivée à Dreamland, parc qui héberge Lilliputia, puis dans sa révolte contre le système qui y est mis en place.
Certains moments sont délicieux. Par exemple, le passage à tabac d'un "Grand" de 7 ans, après sa prise d'assaut du bar qui sert de lieu de rendez-vous à la compagnie des pompiers dont fait partie Elcana, ou la scène où Elcana est reçu par les dirigeants créateurs de la ville après un geste héroïque. Certaines idées chatouillent l'esprit, aussi. L'image de Sebastian, dont on ne prononce pas le nom trop fort, créateur du parc et divinisé, qui invite à s'interroger sur la représentation du chef dans notre société... et à celle de la divinité aussi.
L'histoire suit son cours, de l'arrivée émerveillée d'Elcana qui trouve un monde à l'échelle de ses 90 centimètres aux débuts des souffles révolutionnaires. Et tout-à-coup, tout se mélange, trop vite. Les autres créatures du parc apparaissent, vivant dans des mondes trop rapidement évoqués, des freaks qui interpellent et auraient mérité bien plus de développement.
Au final, un bon roman néanmoins, mais qui me laisse un léger sentiment d'amertume. Comme s'il devenait patchwork d'idées à creuser, toujours frôlées, laissant une trop libre part d'interprétation au lecteur.


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