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  Journalsemilitteraire

La Marque - Kushiel tome 1 (Jacqueline Carey)

6 Mars 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

J'ignore qui a dit que ce roman était le premier "roman de fantasy érotique", mais grand bien lui ferait sans doute d'aller lire un peu de littérature érotique pour voir de plus près de quoi il en retourne.
Je l'avoue (et je n'ai même pas honte!), c'est une idée qui m'avait interpellée et bien donné envie de découvrir ce qui était aussi présenté ailleurs comme une excellente surprise dans les parutions récentes de fantasy, histoire de voir comment se présentait la chose.

Pour être complètement honnête, j'ai failli ne pas terminer ce livre, regrettant sincèrement de l'avoir acheté pendant au moins les 10 premiers chapitres. Un problème purement personnel, que je croise un peu trop souvent à mon goût quand je lis de la fantasy: la présentation mythologique, politique et historique de l'univers à venir. Honnêtement, sans aucun personnage ni intrigue suffisamment développé, j'ai l'impression de perdre mon temps à lire l'histoire de lieux qui n'existent pas, n'ont jamais existé et n'existeront jamais dont je me tamponnerais grandement le coquillart si j'avais une patte de crocodile sous la main.
Bref, le début... est quand même le vrai point noir du roman. Bon, on y découvre la narratrice, Phèdre, vendue dans son enfance à une maison prenant en charge la formation de courtisans, ainsi qu'une présentation du curieux panthéon qui rassemble les croyances de D'Angelins, peuple auquel elle appartient.
Phèdre ne peut prétendre appartenir un jour à l'une des maisons les plus prestigieuses, car malgré sa beauté prometteuse, elle présente un défaut étrange: une tâche rouge sur une pupille... signe de Kushiel, dieu qui prend son plaisir dans la souffrance. Le noble Delaunay, érudit en marge de la cours, achète la marque de Phèdre quand celle-ci est âgée d'une dizaine d'années, et se charge de son éducation, en vue de faire d'elle l'instrument d'intrigues de cours complexes (enfin, complexes surtout si on a lu d'un oeil agacé la présentation des différents éléments du royaume, en se demandant quand viendrait enfin le(s) personnage(s) auquel rattacher tout cela).
Intrigues de cours, impatience de Phèdre de faire son entrée dans le monde, puis débuts de celle-ci avec certes quelques scènes un peu chaudes....
Et tout à coup, sans prévenir, cet univers de faste et d'intrigues devient roman d'aventures. Des personnages convenus et fadasses se révèlent, Phèdre n'est plus la prostituée qui agit sans savoir dans quel but, les évènements ne prennent pas la tournure attendue et l'action commencent réellement.
Le libraire spécialisé chez qui j'ai acheté ce roman m'a dit qu'il s'agissait d'une "très bonne surprise", et ce sont exactement les mots qui conviennent. Quelque part aux alentours de la page 200, je n'ai absolument plus regretté mon achat et mon rythme de lecture a augmenté, retrouvant le plaisir du suspens et de la curiosité... et mine de rien nous sommes ici face à un auteur qui sait s'abstenir de rebondissements téléphonés.

Au final, il s'agit d'un bon roman d'aventures à la trame quelque peu classique, mais Jacqueline Carey mérite particulièrement d'être félicitée pour plusieurs choses. Elle est capable de créer des personnages forts et de l'inattendu (ah, le Maître du détroit... en voilà un qu'on ne s'attend pas à trouver), de bâtir un univers qui interpelle par ses similitudes avec le notre (la traditionnelle carte qui précède n'est autre que celle de l'Europe, dont les contrées sont retravaillées) et tout simplement de raconter une histoire. Une vraie, pas une cinquantième resucée du Seigneur des anneaux.
Elle mérite surtout d'être qualifiée d'autre chose que d'auteur de "fantasy érotique": elle met en place dans ce roman un monde où les moeurs sont autres, où les plaisirs de l'alcôve sont tradition davantage que tabou, et sont loin de faire l'intérêt du roman. Non, cet intérêt vient des conséquences de cette conception des choses: les rapports humains y sont différents, mais gardent toute leur complexité et leur richesse.
Pour conclure: un très bon roman de manière générale!

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Karine :) 08/03/2009 18:09

Je l'ai aperçu... mais il semble énorme!  Du coup, si tu n'es pas siiii emballée... je vais probablement passer!

Angua 08/03/2009 22:34


Si, si, il m'a emballée! Il est effectivement énorme, mais vaut le coup... à condition de passer le début! Mais encore une fois, tout dépend du degré auquel on aime la fantasy je pense...


SBM 07/03/2009 22:13

Bon, je l'ai dans ma PAL celui-là, mais mon dieu qu'il est gros ! Et si en plus je dois m'ennuyer pendant 200 pages avant de m'y intéresser, ça risque de clasher avant...

Angua 08/03/2009 12:42


C'est à tenter, vraiment! Je dirais qu'après, le résultat dépend de tes goûts et tolérances en matières de fantasy...