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  Journalsemilitteraire

Gradisil (Adam Roberts)

4 Février 2009 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Enfin terminé!
Oui, enfin terminé, car ma première pensée au moment de réfléchir à ce roman concerne son épaisseur. Et sa longueur, ce qui ne va pas forcément de paire. Un roman long et dense...
Pourtant pas si dense que ça pour ce qui est des évènements: il présente une histoire de la conquête des Hautes-Landes, territoire spatial quasiment illimité qui gravite autour de la Terre et rassemble un amas hétéroclite de fous d'apesanteur et de panoramas dignes de 2001, l'odyssée de l'espace. Des passionnés de vie extra-terrestre, qui se sont bricolé de bric et de broc des habitations et les avions y menant, appareils qui grimpent à travers les branches d'Yggdrasil. L'arbre mythologique est à prendre ici au sens métaphore, il permet d'accéder à la magnétosphère où gravitent les logements de l'espace, procédé bien plus doux que la propulsion habituelle des fusées.
La narration se fait à travers l'histoire de trois générations, et s'ouvre avec le récit de Klara Gyeroffy, fille d'un pionnier haute-landais. Arrachée à la maison construite par son père, elle consacre sa vie à son retour dans les Hautes-landes jusqu'au jour où elle tombe enceinte et se voit contrainte de retrouver la gravité pour mener sa grossesse à terme.
Le second récit met en scène Gradisil, fille qui doit son prénom à une  déformation enfantine d'Yggdrasil, déformation qui a rythmé les années de jeunesse de Klara. Gradisil est un personnage complexe, étrange, froid, calculateur... qui fait tout pour unifier les Hautes-Landes et transformer ses habitants, riches terriens expatriés ou criminels fuyants le sol terrestre, en un peuple à part entière et faire face à la menace terrienne, ici sous la forme de la politique américaine visant à recueillir des impôts de la part de ces hommes au-dessus des lois.
Cette seconde partie, discrètement préparée par la première, est le coeur même du roman. Il ne s'agit plus de l'histoire passionnée d'une Haute-landaise condamnée au plancher des vaches, mais de pure politique, où toute la froideur calculatrice humaine est au centre du récit, dénonçant les manoeuvres politiques au détriment de l'humain, la manipulation et le processus qui amène à faire d'un fanatique, justement, une véritable icône.
La question de l'absurdité politique se pose d'ailleurs autant dans les deux camps. La guerre obéit, en ce XXIe siècle finissant, à une batterie de lois complexes et déterminantes pour la perenité de ses résultats comme pour l'opinion publique... si le droit a évolué, le bellicisme a encore de beaux jours à venir.

Comme je le disais en introduction, ce roman est long. Les allusions et descriptions poétiques de la Terre vue du ciel sont souvent belles et rendent frustrante notre condition de "rampants", malheureusement elles se font trop répétées, aussi bien dans leur fréquence que dans leur formulation, et sont souvent intégrées au monologue intérieur interminable des narrateurs. Lequel monologue peut parfois s'étendre sur des dizaines de pages, diluant une action ou une réflexion politique en cours qui ne méritait pas qu'on s'en écarte pour autant...
Je retiendrai toutefois la force narrative globale de ce roman. Malgré ses longueurs (fatiguantes, je n'ai pas compté le nombre de fois où je me suis endormie dessus. Certes, lire après une journée de collège n'est peut-être pas le meilleur moment, mais l'assoupissement est toujours révélateur chez moi d'un manque de rythme dans mes lectures...), malgré ses longueurs, donc, le destin de "simples" êtres humains devient passionnant au regard de l'histoire. Car c'est finalement de cela qu'il s'agit: une nouvelle histoire du future...

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