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  Journalsemilitteraire

La mort est mon métier (R.Merle)

12 Avril 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Un virus teigneux s'en est pris à mon PC, et me voilà bien désemparée depuis quelques jours... même si j'en ai un autre à proximité, les habitudes sont tenaces, et les livres à critiquer s'empilent dangereusement... le point de non-rattrapage approche, il est donc temps que je m'y mette!


Je commencerai par La Mort est mon métier, de Robert Merle. Lu pour une double raison: non seulement, le sujet me passionne, mais Merle fait parti des auteurs sur lesquels je travaille pour mon mémoire de Master.

Rudolf Lang est élevé par un père fanatique dans Allemagne du début du siècle, un père qui a juré que son fils deviendrait prêtre et terrorise sa famille par un caractère inébranlable et un fanatisme religieux avéré. Jamais ne viendrait à Rudolf l'idée de désobéir.
Un jour de neige, le traumatisme qui entachera la vie du jeune garçon a lieu: un de ses camarades se casse la jambe, vaguement bousculé par Rudolf. Un grave crise paternelle s'ensuit... provoquant un fort ébranlement nerveux chez Rudolf qui l'éloigne définitivement de la religion.
Les années pasent. Le père meure, la guerre a éclaté, Rudolph parvient à s'engager malgré son jeune âge et s'illsutre par son courage à toute épreuve. Courage? C'est en réalité l'incapacité de désobéir qui le dirige.
La guerre se termine, l'inscription au Parti, l'emprisonnement...
Quelques années plus tard, Rudolf se trouve marié et fermier, sur les ordres de son capitaine.

Une nouvelle guerre éclate. Son engagement indéfectible l'amène à la tête du camp de travail d'Auschwitz... encore une fois, l'obéissance, rien que l'obéissance, surtout si Himmler a un regard qui lui rappelle la tyranie paternelle...

Ce que raconte ce roman est un Nième regard posé sur la guerre et l'extermination des juifs, encore une fois à travers le point de vue d'un bourreau. Encore une fois, le procédé est monstrueusement efficace... Je trouve le personnage de Rudolf particulièrement fascinant et réel, mais surtout, très effrayant.
Parce qu'il est crédible. Bien sûr, nous savons que le fonctionnement des camps s'appuyait sur la déshumanisation des victimes et un ensemble de rouages aussi nombreux qu'obéissants... et c'est bien là l'obsession de Rudolph: obéir, donner satisfaction.
Allons plus loin dans la signification de ce livre, et surtout au-delà de l'horreur de la "tâche" à laquelle le personnage principal se voit assigné. Oui, il est coupable, c'est indiscutable. Mais n'est pas le seul coupable... L'humanité de Rudolf a été détruite depuis trop longtemps pour qu'il puisse être jugé entièrement: celui qui est à l'origine de ce meurtre est son père... et là je ne peux m'empêcher de penser que le crime des parents maltraitants est bien plus grand qu'il n'y parait.

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clochette 14/05/2008 23:14

Je l'ai lu il y a très longtemps et j'en garde un très bon souvenir.

Messaline 13/04/2008 01:28

celà fait un moment que je louche sur ce roman ... peut-etre faudrait-il que je m'y mette ... Moi qui n'aimais pas du tout les histoires de Guerres, je me surprends à en lire maintenant ... et ce qui est étonnant, c'est que c'est depuis que j'ai lu le dernier Marc Lévy que j'ai envie d'approfondir !

Angua 14/04/2008 00:28


Je te le conseille vraiment!
Mais... ce  n'est pas vraiment un "roman de guerre", plutôt l'histoire d'un homme. Les guerres sont présentes, mais ne sont pas, finalement, le sujet du roman, qui porte vraiment sur le
personnage.