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  Journalsemilitteraire

La route (C. McCarthy)

17 Mars 2008 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Dans un registre encore différent... un roman qui m'a mis une claque.
Certains le savent peut-être le "post-cataclysmique" est mon sujet de Master. Un genre qui me passionne, m'angoisse et me fascine. Un genre dans lequel il y a du bon et du mauvais, surtout depuis que le cinéma s'en mèle avec le rythme effréné dont il est capable.

Un roman de ce genre récomposé par le Pullitzer, ça ne pouvait que piquer ma curiosité... Et le découvrir dans une librairie spécialisée, denrée si précieuse, n'avoir qu'une conséquence: l'acheter, vite. Et lire.

Et... quelle claque.
Vraiment.
Je me dis souvent que dans ce genre de roman, les hasards sont heureux, entre la petite graine qui devient champ de blé, les armes pour se défendre au bon moment, les gens qui ont gardé une morale qu'on finit (presque) toujours pas rencontrer... au fond, c'est un genre dans lequel je trouve souvent beaucoup d'optimisme et de foi en l'humanité.

La grande force de La Route réside dans sa crédibilité. Et son pessimisme. Un père et son fils marchent, depuis des années sans doute, dans un monde dévasté. Oh, ils ne sont pas seuls: d'Autres sont là. D'autres hommes qui ont perdu les valeurs morales de l'humanité, et sont prêts à tout pour survivre ou manger encore une fois. Le cannibalisme est monnaie courante quand on croise l'un de ses "semblables" dans le paysage désolé et couvert de cendre qu'est devenu l'Amérique.
Le monde suggéré plutôt que décrit par McCarthy est une horreur, à la limite du supportable. A la limite du supportable car il est atrocement crédible et résonne d'images lourdement connotées. Ce n'est pas seulement ma fraîche lecture des Bienveillantes qui me fait réagir aux "corps décharnés" et à ce groupe enfermé dans un sous-sol devenu garde-manger par leur présence. Toutes les horreurs imaginées par l'humanité sont là, parfois frôlées, parfois de manière criante.

L'émotion que procure La Route est d'autant plus efficace que le périple se fait à travers les yeux du père et de fils, liés par un amour unique, sain, fabuleux dans cet univers. A travers le regard d'un adulte qui explique à un enfant qu'il reste "des gentils", mais qu'il devra être assez fort pour appuyer sur la gâchette s'il se retrovue seul.

Bref, un roman incroyable. Qui ne redonne pas forcément espoir en l'humanité, mais a le mérite d'emporter loin du quotidien

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clochette 14/05/2008 23:18

Hélas je n'ai pas accroché, on m'en avait pourtant dit grand bien, je ne l'ai même pas fini, je suis quand même allée jusqu'à la page 100...

Angua 15/05/2008 00:14


Dommage! Mais je conçois complètement que l'univers ne soit pas... heu... attrayant?


La liseuse 27/03/2008 15:23

Fluctuat.net, chez Boo, Stalker, Essel, et puis les journaux et les magasines qui ne tarissent pas d'éloges.

Angua 27/03/2008 20:20


Ok! Eloges mérités en tous cas!


La liseuse 23/03/2008 15:54

Les avis positifs pleuvent à ce que je vois. tant mieux parcequ'il se trouve dans ma pile. J'ai un faible pour ce genre d'histoire.

Angua 23/03/2008 20:28


Je confirme: ce roman est vraiment à lire! Mais où as-tu vu d'autres avis?