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  Journalsemilitteraire

Nuage (Emmanuel Jouanne)

21 Février 2017 , Rédigé par Angua

Roman qui a soulevé des débats dans mon entourage (quelqu'un y a vu une scène pédophile choquante... ce n'est pas complètement faux, mais je l'ai vu inscrite dans un ensemble où l'événement prenait sa place), dans lequel je me lançais avec perplexité et curiosité. Jouanne, je m'en méfie, pour le peu que j'en ai lu, je trouve son écriture très belle, mais... l'impression que quelque chose m'échappe est tenace.

Nuage ne l'a pas modifiée.

Le Foyer, doux foyer est un vaisseau spatial que ses passagers prennent comme d'autres prendraient le bus, avec à son bord des voyageurs étranges, portant tous le nom d'une ville. Tous ? Non, la petite Prune, 9 ans, a ceci de particulier qu'elle est suivie pour des troubles psychiatriques dont personne ne vient à bout, à défaut de les comprendre.

Nuage, planète "sans intérêt touristique", mais pas "globalement inoffensive", croise leur chemin et les aspire après les avoir attirés par la plus grande fête foraine jamais vue de l'espace. Le Foyer, doux foyer s'y échoue, et voilà les passagers propulsés dans un univers où tout est possible, connecté à leurs inconscients et à des habitants tout de neutralité et d'habitudes étranges.

Dire que j'ai été déroutée serait un doux euphémisme. Je suis allée au bout, avec l'impression de m'enliser, comme Glasgow, brave capitaine le fait dans les premiers chapitres d'un niveau à l'autre, tout en me disant que les belles images s'enchainaient, sans vraiment voir comment interpréter le kaléidoscope. Aucun éclairage dans les nouvelles qui suivent le roman, que la préface nous annonce liées au texte... mais un moment fabuleux avec Le corps du texte, la première, grandiose réflexion sur le pouvoir du lecteur et de la lecture.

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Legationville (China Mieville)

12 Février 2017 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Avice a grandi à Legationville, planète des confins de la galaxie dont la race autochtone a pour particularité un langage particulier, purement réel et concret. Le mensonge et l'abstraction y sont donc impossibles.Les hôtes, comme les surnomment les habitants terras, la remarquent un jour et lui font passer une cérémonie qui fait d'elle une comparaison. Au sens propre, bien sûr.
Le temps passe. Avice devient adulte et immer, c'est-à-dire porteuse d'une capacité rare qui lui permet de piloter les vaisseaux qui traversent l'espace. Elle quitte Legationville sans envie particulière d'y revenir, chose qu'elle fait pourtant par amour pour un mari linguiste, fasciné par la Langue. Avec eux arrive un Légat, l'un des interprètes seuls capables d'échanger avec les Hôtes, d'un genre nouveau, dont les premières apparitions publiques entrainent une réaction inédite chez les hôtes...

La densité du roman et la richesse de l'univers imaginé ici par China Mieville sont telles que j'ai presque honte d'essayer de résumer. Legationville est une merveille, à la hauteur de Perdido Street Station ou des Scarifiés, une création d'univers si forte que les premiers chapitres demandent un effort d'immersion, de projection, de suspension de crédulité pour commencer à visualiser les rue de Legationville et ses occupants... et comme souvent, dans ces mondes, si l'auteur est bon, arrive cet instant où la magie opère et vous absorbe... j'ai retrouvé le China Mieville dont j'étais amoureuse !

 

 

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