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  Journalsemilitteraire

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee)

18 Juillet 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Voilà. Je l'ai lu. Et vite, si vite que je me suis souvenue qu'à une époque, un roman de cette épaisseur était englouti en quelques jours, que la magie est aussi capable d'opérer dans un roman de "blanche". Marrant, d'ailleurs, cet adjectif stupide, pour qualifier le non SFF, encore une fois il laisse à penser pour évoquer un romen où la couleur est une question cruciale.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee)

L'Alabama, les années 30, trois années d'enfance narrées à travers le point de vue de Scout, personnage principal dont on se délecte de l'humour et de la fausse candeur dès les premières pages. Elle grandit entre Jem, son frète, Atticus, son père, avocat réputé, et Calpurnia, bonne à tout faire noire qui a élevée les deux enfants orphelins de mère comme les siens dans la petite ville puritaine et fortement ségrégationniatse de Maycombe. Scout mène une enfance heureuse, aux allures idéales : on la laisse jouer en salopette, le monde lui appartient comme la liberté accordée aux enfants le permet encore, et les mystères du monde adulte ne la soucient que modérément. Modérément... mais tout de même. Le mystérieux voisin qui ne sort jamais mérite qu'on se penche sur son cas, et se voit l'origine involontaire de multiples plans destinés à le faire sortir de chez lui. Miss Maudie, vieille sympathique, inspire parfois des questions. L'arrivée d'une institutrice dépassée par la réalité d'une classe a de quoi faire pouffer, tandis que les procès auquel son père plaide restent lointains... jusqu'au jour de l'affaire Tom Robinson, homme Noir accusé d'avoir violé une Blanche, résonne jusque dans la cour de l'école.

Il y a un ton, une ambiance, une magie dans ce roman. Une sorte d'idéal, d'espoir, parfois rattrapé par le réel et sa violence, mais surtout un humour décapant. Une vraie lecture de vacances, qui porte.

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L'épée de l'ancillaire (Ann Leckie)

16 Juillet 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Post-It

AVERTISSEMENT : Post it à spoilers, à fuir si vous souhaitez découvrir le premier tome de la série !

J'étais plutôt impatiente de continuer Les chroniques du Radch, dont voici ici le second tome fraîchement traduit en français, et j'avoue avoir retrouvé le personnage de Brecq et l'ambiance si particulière du Radch avec grand bonheur.

Et puis, j'ai déchanté. Ce style où les personnage n'ont aucun genre défini est toujours séduisant, l'atmosphère souvent contemplative, aux airs de cérémonies du thé japonaise... reposante, mais j'ai eu un sentiment de manque tout au long de ma lecture.

L'épée de l'ancillaire (Ann Leckie)

La grande force du premier opus résidait dans le personnage et l'histoire de Brecq, dont la complexité de la nature se dévoilait petit à petit, ainsi que son histoire étroitement liée à celle du Radch. Anader Mianaï, l'ennemie et alliée complexe et multiplie est toujours là elle aussi, mais le tout est mis en retrait pour ce qui ressemble à une histoire annexe à une plus vaste, inachevée. Un sentiment de ventre mou au milieu de la série, où Brecq et son équipage deviendraient, justement, des personnages de série. L'ensemble reste bon, mais... un peu plus d'assaisonnement m'aurait bien convenu.

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Semences (Jean-Marc Ligny)

5 Juillet 2016 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Une émotion particulière en ouvrant ce roman... pas celle de la fin d'une série, si on peut parler de série pour trois romans finalement indépendant, non, autre chose. L'idée d'une boucle.

Aqua TM est un de ces romans qui ont une place particulière dans ma vie. C'était le sujet de ma presque-première critique publiée ailleurs que sur un blog, dans un support certes confidentiel, mais diffusé, bien réel. L'un des premiers romans que j'ai tendu, frémissante de timidité, à son auteur par-dessus une table. C'était à Nantes, c'était les Utopiales. C'était la créature magique et fascinante que je voyais derrière chaque auteur. A l'époque, je ne savais pas quelle était l'importance de l’œuvre de Jean-Marc Ligny pour la SF français. D'ailleurs, j'en lisais encore peu, j'étais encore novice malgré les kilomètres de pages déjà enquillés, et Aqua TM m'avait mis une claque que je ne reprendrais peut-être pas aussi fort aujourd'hui.

Semences (Jean-Marc Ligny)

Semences, donc.

L'humanité est en voie de disparition. Les survivants ont retrouvé l'âge de pierre pour certains, ou croient encore à une civilisation aux allures technologiques, pour d'autres. Le climat s'est tragiquement réchauffé, il ne reste plus grand-chose à espérer. L'homme étant ce qu'il est, il s'en trouve toujours pour croire, oser, partir à l'aventure. S'accrocher à l'espoir d'un ailleurs vaguement meilleur, aussi incertain soit-il.

Ce fut le cas de Natsume, quelques années avant le début du roman. Il a rejoint une communauté inuit installée dans un Groenland envahi par les moustiques pour y voir mourir celle qu'il considérait comme une soeur. Ou de Denn. Dans une tribu moribonde qui vit dans une grotte, d'une pêche misérable et d'un accord symbiotique avec des fourmites. Ce dernier finit par quitter la communauté, avec le fol espoir de rencontrer des hommes qui vivraient un peu mieux. Un voyage dangereux et difficile, malgré la présence de Nao, l'amie d'enfance et bien davantage, qui finit par donner des allures d'histoire d'amour pleine d'espoir au récit. On a envie de croire, d'espérer avec eux que tout n'est pas terminé pour une humanité encore capable de s'émouvoir pour son prochain.

Je ne vous spoilerai pas, mais je ne peux rester silencieuse sur la fin. Elle est peut-être un peu facile, mais grandiose de logique tragique.

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