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  Journalsemilitteraire

Les lames du Cardinal (Pierre Pevel)

16 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Difficile de passer à côté de l'existence de cette série quand on se penche un peu sur la fantasy française, et pour cause. Un prix des Imaginales des lycéens en 2009, et stupeur et stupéfaction, l'anglo-saxon Morningstar Award 2010, dont j'ignorais jusqu'à l'existence, mais qui montre qu'une fois par siècle de temps en temps, un titre francophone franchit les frontières... de quoi se sentir en droit d'attendre du bon, ou au moins de l'agréable, non ?

 

 

Les lames du Cardinal (Pierre Pevel)

A l'occasion de la sortie en poche, FolioSf a d'ailleurs soigné la présentation en ajoutant une jaquette par-dessus la traditionnelle couverture à bordure argent, ce qui est loin de rendre l'objet désagréable. Pourtant, les choses ont failli mal commencer, et ma première impression sur ce bouquin a quand même été qu'une bonne relecture pour virer coquilles et syntaxe erronée aurait fait le plus grand bien, d'autant plus que la collection nous a habitués à un travail sérieux dans ce domaine.

 

Ceci étant dit... Je me sens la flemme de vous présenter l'intrigue en détail (mettez ça sur le dos des hormones, je SUIS l'incarnation anthropomorphique de la lassitude), mais je vais quand même faire un effort histoire de vous appâter. Au cas où.

 

Les Lames du Cardinal sont les membres d'un corps d'élite au service du Cardinal du Richelieu, organisation dissoute lors du siège de la Rochelle et reformé à l'occasion d'une menace venue d'Espagne : celle des dragons qui lorgnent sur le royaume de France... dans l'univers de Dumas plus que celui de l'histoire de France, ces soldats qui n'ont pas leur pareil pour manier l'épée sont missionnés pour déjouer un complot d'envergure sur fond de magie et de moult duels qui n'ont rien à envier à ceux de ce bon vieil Alexandre.

 

Nous voilà dans du pur roman de divertissements dont je pense que je ne garderai pas grand-chose (il m'a fallu feuilleter le premier tome pour retrouver de quoi causait le fil principal... une semaine après ma lecture, ma mémoire a fait mieux), mais qui se dévore sans qu'on s'en aperçoive ni qu'on y réfléchisse. Où lire jusqu'au bout de la nuit est un plaisir simple.

Les lames du Cardinal (Pierre Pevel)
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Du prix Julia Verlanger

9 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

L'annonce des nominés de cette année est tombée il y a quelques jours maintenant, ce n'est donc pas un article informatif auquel vous aurez droit aujourd'hui, mais à un article publicitaire. Car il se trouve que je l'aime bien, moi, le prix Verlanger, et je me dis qu'il mérite qu'on en parle un peu plus.

 

Pour le présenter rapidement, il est dédié aux genres de l'imaginaire, et récompense chaque année un roman, français ou non, est remis sous l'égide de le Fondation de France et présidé par la sympathique Sara Doke. Avec à ses côtés des lecteurs au goût sûr (je vous laisse chercher),  le jury donne chaque année des envies de lecture dès l'annonce des nominés. Quant aux palmarès passés, je me contenterai de dire qu'on y trouve des merveilles comme Eifelheim, Le Protectorat de l'ombrelle, Neverwhere, AquaTM, et bien d'autres que je vous invite à aller découvrir du côté de Wikipédia.

 

Et la cuvée 2014, alors ? La voici :

Time Out, d'Andreas Eshcbach, éd. L'Atalante
La Longue Terre, de Terry Pratchet & Stephen Baxter, éd. L'Atalante
Le Sang des sept rois, de Régis Goddyn, éd. L'Atalante
Fées, weed et guillotines, de Karim Berrouka, éd. ActuSF
L'Esprit du Melkine, d'Olivier Paquet, éd. L'Atalante
La Grande Route du nord, de Peter F. Hamilton, éd. Bragelonne

 

Deux titres seulement ont figuré parmi mes lectures de l'année, et seule La Longue Terre est évoquée sur ce blog... pour cause que j'ai écrit tout le bien que je pensais de Fées, weed et guillotines sur un autre support. Pour la peine, je vais reprendre l'essentiel : c'est drôle, délirant, parfois absurde, avec des personnages désagréables mais pas tous, et ça se lit comme on dévore le paquet de gâteaux sur lequel on a salivé toute la journée (et je vous assure que dans mon état présent, cette comparaison est un grand compliment.)

 

Du prix Julia Verlanger

J'aurais bien un avis sur L'Esprit du Melkine, mais le premier tome ne m'a que moyennement emballée... disons que je le lirai s'il gagne. En tout cas, le projet des semaines à venir est de lire les autres, au cas où ça me consolerait de manquer les Utopiales de cette année ...

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Mémoires d'Hadrien (Marguerite Yourcenar) / Thermae Romae (Mari Yamazaki)

8 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Comme pour tous les classiques, se pose la question de la chroniquabilité (Sentez-vous pointer l'article hyper intello ? Rassurez-vous, c'est une fausse alerte.). Surtout pour un monument comme les Mémoires d'Hadrien, car si je peux m'étaler sur tout le mal que je pense de Rousseau, ce roman de Yourcenar est à mes yeux bien plus complexe et brasse bien trop de choses pour se contenter d'un article de blog. Figurer au programme de l'agrégation, ça oui, il le mérite, et amplement (non que ce ne fut le cas pour Jean-Jacques, d'ailleurs).

Mais que sont-ce, ces Mémoires ? Des mémoires fictifs et furieusement documentées. Imaginez, Hadrien, au crépuscule de sa vie, écrit à Marc Aurèle pour lui faire le portrait de lui-même, le récit des instants marquants, le fruit de ses réflexions sur le monde et l'homme qu'il fut. L'érudition de l'auteur, la richesse et la beauté de sa langue font oublier plus d'une fois que nous sommes pourtant dans un roman historique, et c'est si beau que même mes neurones obsédés par une pensée unique fort peu littéraire s'y sont laissé prendre.

N'oublions pas la parenthèse SFF : les Mémoires d'Hadrien ont fortement inspiré Le Goût de l'immortalité, pur chef d'oeuvre de Catherine Dufour qu'il faut lire si vous ne l'avez pas déjà fait.

 

Mémoires d'Hadrien (Marguerite Yourcenar) / Thermae Romae (Mari Yamazaki)

Que vient faire le manga qui apparait en titre ? Je vous en parlais il y a quelques temps déjà, et j'ai continué ma lecture de la série en parallèle. Que les intégristes de la littérature me jettent des pierres, c'est franchement une lecture croisée qui en vaut la peine. L'histoire de Lucius Modestus, architecte qui travaille pour Hadrien et va et vient plus ou moins volontairement entre l'Antiquité et le Japon d'aujourd'hui démarre vraiment dans le 3e tome, pour se développer jusqu'à la fin. a série n'a plus ces allures documentaires bien charmantes mais peu palpitantes et devient intrigue réelle, avec des personnages auxquels on s'attache, l'indispensable jolie bluette et... encore une fois, Hadrien en guest star. Voir Rome, la Campanie, Baïes, l'empereur, et retrouver M. Yourcenar pour quelques chapitres, voilà un menu de lecture qui en valait le détour.

Il n'est pas beau, ce Laocoon ?

Il n'est pas beau, ce Laocoon ?

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Les aventures d'Huckleberry Finn (Mark Twain)

2 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Tom Sawyer (c'est l'Amérique) a bercé mon enfance, et lire La Longue Guerre (dont je vous parlerai peut-être un jour), où voyager à bord de Twains se fait le plus naturellement du monde, m'a rappelé la présence des aventures de Huck sur une étagère, à défaut de celles de Tom dont nous avons ici la suite directe.

 

 

Les aventures d'Huckleberry Finn (Mark Twain)

Recueilli par celle qu'il appelle La Veuve, Huck n'est prêt ni à renoncer à une vie d'aventure, ni à se plier aux bons usages, même s'il y met une certaine bonne volonté. Son père, alcoolique notoire, finit par l'enlever, bien décidé à reprendre le contrôle de ce fils enrichi de 6000 dollars qu'il refuse de lui céder, l'ingrat. Or, Huck a plus d'un tour dans son sac et maquille sa fuite en meurtre pour mieux aller se cacher dans l'île Jackson, où il croise Jim, l'un des esclaves de la Veuve en fuite lui aussi. Et c'est ainsi que débute l'aventure : en quête de tranquillité, les voilà qui descendent le Mississippi vers des états où Jim sera libre et pourra espérer racheter sa famille.

Contrairement à ce que ce résumé pourrait laisser penser, foin d'une histoire grave ou dramatique ici. Huck, en narrateur digne de ce nom, nous fait partager non seulement ses péripéties, mais aussi ses réflexions sur le monde, qui tournent autour de ce sujet crucial : son amour profond de la liberté. Le paradoxe est ainsi d'autant plus fort, car le fugitif qui l'accompagne n'est pas n'importe qui, c'est un Nègre, possession de la veuve qui a été si bonne pour lui... et ce qui se lit pourtant le sourire aux lèvres prend un sens nouveau. C'est l'esprit des états esclavagistes qui a formé Huck, qui n'en demeure pas moins un compagnon aussi fidèle que Jim peut l'être pour lui.

Je me suis régalée, sans pour autant oublier la question qui me taraudait au début de ma lecture : à conseiller à des collégiens ? Mon exemplaires antédiluvien a pour origine le désherbage d'une bibliothèque de collège, il y a bien eu une époque où certains l'ont fait. Je me verrais le proposer, mais je serais chagrinée de le faire sans accompagnement, donner la parole à Huck fait à la fois un texte riche, dense, pas du tout politiquement correct mais si jubilatoire qu'il serait dommage de passer à côté.

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Thermae Romae (Mari Yamazaki), tomes 1 et 2

1 Octobre 2014 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Une envie de manga me taraude depuis quelques temps, accompagnée de la perpétuelle double angoisse : trouver une bonne série dont j'ai une chance de connaitre la fin. Et, cerise sur le gâteau, si je pouvais être aussi hypnotisée que par Monster, ce serait le bonheur sur terre.

Dans ces cas-là, je me tourne vers mon dealer le plus proche (et le plus économique, le manga, si vous faites le ratio prix/temps de lecture, heu... non, ne le faisons pas), chez qui j'avais vu arriver au fil des mois la série des Thermae Romae, dont j'avais lu le plus grand bien.

 

Thermae Romae (Mari Yamazaki), tomes 1 et 2

Nous y rencontrons Lucius Modestus, architecte dans la Rome de l'empereur Hadrien, en manque d'inspiration. Comme tout bon romain, il est un habitué des thermes et un jour de profondes réflexions, l'impensable a lieu : le voilà aspiré dans un trou qui l'entraine dans le Japon contemporain, au pied du mont Fuji et au milieu de japonais fort étonnés de le voir parmi eux. Subjugué par ce qu'il découvre, Lucius trouve les clefs qui lui permettront de proposer des aménagements révolutionnaires dans les bains romains... et de devenir l'un des architectes les plus en vue.

Le format par épisodes fait partie de la construction classique, mais m'a pesé ici, dans le sens où chaque épisode reprend le même schéma : une situation à Rome, un passage par le Japon, et hop, retour dans l'Antiquité et mise en place de génie. L'intérêt de Thermae Romae n'est finalement pas dans son scénario, mais bien dans le tableau de l'époque romaine et dans celui de la culture du bain telle qu'elle est y est vécue à la fois à Rome et au Japon, le tout ponctué de doubles pages documentées où l'auteur expose sa passion et sa connaissance érudite du siècle d'Hadrien. Finalement, une impression de documentaire qui n'en est pas vraiment un, et n'a pas été pour me déplaire, une série que je compte bien finir mais où j'espère trouver un peu plus d'histoire dans la suite, quand même.

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