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  Journalsemilitteraire

Le plus petit baiser jamais recensé (Mathias

29 Octobre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Parfois, je me souviens qu'il y a d'autres choses à lire que de la SFF et des classiques. J'avais vu passer cette couverture sur quelques blogs, elle me tendait les bras à la Municipale ma voisine, c'était donc l'occasion !

baiser

Eh bien... moui. Bof. Je n'y mets pas du mien, les histoire d'amour me poncent en général, et c'est bien de cela qu'il s'agit. Le ton est léger, il y a des créations stylistiques intéressantes, mais mon bilan personnel sera bref : ça se lit en moins d'une heure, on s'endort très bien dessus, et c'est globalement mignon.

D'ailleurs, si j'avais lu le rabat avant, j'aurais su que L'Express en parle comme d'un texte "grave, tendre et bouillonnant." Tendre ? Tout était dit.

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Fiction tome 14 - printemps 2012

28 Octobre 2013 , Rédigé par Angua

Allez savoir pourquoi je n'avais jamais lu la revue Fiction, telle qu'elle existe aujourd'hui ! Aucune explication rationnelle ne me vient. Toujours est-il que je suis rentrée d'Aubenas avec le tome 14 et que si ce n'était pas un signe du FSM, je ne sais pas ce que c'est.

Il y a quelque chose d'impressionnant quand on a l'objet entre les mains. La revue ne ressemble pas à celles auxquelles je suis habituée, sinon fidèle : une couverture épaisse, à rabats, cache un sommaire hybride, entre celui d'un recueil de nouvelles et d'une revue plus traditionnelle, masquant un peu de rédactionnel derrière des titres de rubriques comme "Chroniques impressionnistes" ou "Regard".

Dans les revues de SF, l'un de mes grands plaisirs est de découvrir chaque nouvelle sans aucune information ni idée préconçue, ouverte à tout, et surtout à l'inattendu. Contrairement aux anthologies et autres recueils thématiques, j'aime particulièrement savoir que tout, ou presque est possible. J'en ai profité pour une lecture totalement morcelée, intercalant une nouvelle entre deux romans, et étalant le tout sur... deux mois. Autant dire que mes souvenirs du début ne sont plus de première fraicheur. Mais... le temps ayant fait son office de filtre, je me contenterai de vous parler des plus marquants pour moi.

couverture

Des ombres sur la paroi de la caverne, de Kate Wilhelm est peut-être mon préféré. Des enfants jouent à se faire peur dans une grotte, non loin d'une ferme familiale, et un bout jour, le drame a lieu : sans explication, l'un d'eux disparait. La famille est brisée. Ses cousins, complices et victimes selon le regard posé sur eux, reviennent sur les lieux des années après et retrouvent le petit garçon qui n'a pas vieilli, lui... Un texte qui fleure bon l'innocence de l'enfance et l'horreur qui vient la briser, aux saveurs de Stephen King pour sa simplicité et son efficacité. Un thème proche d'une nouvelle plus récente (Des grenouilles sur le paillasson, d'Annette Reader, Galaxies n°24), dont j'ai largement préféré le traitement de K. Wilhelm.

L'économie du vide, de Sarah Thomas, m'est resté en mémoire pour la même force d'évocation. Une histoire de solitude bien plus profonde cette fois : une astronaute se retrouve coincée dans une station lunaire, faute de crédit sur Terre aux lendemains d'une crise économique pour pouvoir rentrer. Bien des années, après, une expédition vient à sa rencontre. L'angoisse du vide gagne le lecteur avec la folie croissante du personnage.

Faveur, de Madeleine E. Robins, pourrait prendre des airs inquiétants par les elfes qu'on y rencontre. Finalement une mignonne histoire d'amitié inter-espèces entre une couple de gnomes et une jeune mère isolée, un moment de fantasy rafraichissant.

Partir, de Robert Reed, commence comme l'histoire d'une amitié qui évolue entre deux hommes, et qui bascule le jour de la disparition du fils de l'un des deux. Longtemps, on pourrait croire que le texte est réaliste, à la limite, dans une tradition fantastique où le doute va surgir... mais il s'agit bien de SF, d'une SF subtile qui inclut les terriens dans une guerre extra-terrestre aux enjeux obscurs.

Et enfin, Retraverser le Styx, de Ian R. McLeod, auteur représenté deux fois dans ce munéro. Son premier texte (le conte du maitre meunier), m'avait paru interminable, et pénible, et mon enthousiasme modéré en retrouvant le nom de l'auteur... et bien, la biographie de l'auteur ne ment pas en parlant de diversité d'inspiration ! Cette fois, il s'agit de SF (et non de conte, je vais finir par croire que j'ai développé une allergie à ce genre), d'une histoire sur fond de mythologie où le secret de l'immortalité a été percé et coute bien cher à ceux qui entoure les créatures prolongées artificiellement.

La lecture d'un numéro de Fiction était une sacrée lacune dans ma culture. La voilà réparée, et même si tous les textes ont été loin de me séduire, ceux qui j'y ai aimé contrebalancent largement ! Comme souvent dans les revues, finalement.

 

 

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All Clear, et vague retour sur Black Out (Connie Willis)

27 Octobre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures d'après Minuit

Il semblerait que je n'aie jamais parlé sérieusement de Connie Willis ici... c'est fâcheux, très fâcheux ! Heureusement qu'arrive le moment de réparer cette erreur !

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Ce qui risque de se faire avec moult spoilers, toutes mes excuses arrivent par avance.

Pour mémoire, Connie Willis est un auteur qui a déjà reçu 7 Nebula et 11 Hugo. Oui, je sais, il y a des râleurs sur la valeur à accorder aux prix, mais excusez du peu. C'est un auteur que j'ai toujours lu avec un plaisir immense, renouvelé ici.

Black Out et All Clear sont les deux parties d'un seul et même roman, Blitz. Les historiens d'Oxford, en 2060, sont des habitués de l'enquête sur le terrain, le voyage dans le temps étant maitrisé depuis belle lurette, comme l'avaient déjà montré les délectables Sans parler du chien (mon préféré) et Le Grand Livre.

Cette fois-ci, Polly, Mérope et Michael sont partis étudier la seconde guerre mondiale. Mérope, devenue Eileen pour l'occasion, se penche sur les enfants pendant la guerre (rencontrant ainsi les affreux Hodbin dans un domaine recyclé en pensionnat), Polly se plonge dans le Blitz en devenant vendeuse dans un grand magasin, tandis que Michael se plonge dans la bataille de Dunkerque. Et... l'impensable a lieu. Les points de saut censés les ramener ne fonctionnent plus comme prévu. Michael, blessé à Dunkerque, n'est pas immédiatement rapatrié comme l'aurait vu l'habitude...

Voilà un point de départ bien classique pour une histoire de voyage temporel. Qui n'est, en réalité, pas l'objet du roman. Blitz a laissé perplexe plus d'un lecteur de SF (si je les retrouve vite, j'ajouterai des liens à cet article) car la question science-fictive n'est pas au cœur du roman. S'il fallait le ranger dans un case, je parlerais plutôt de roman historique à vague coloration SF, que je remercie vraiment de m'avoir mis Blitz dans les mains. Par moi-même, il y a peu de chance que je me plonge dans un roman qui a pour fond la 2e GM, et c'est pourtant ce que fait l'auteur ici, de manière extrêmement précise et documentée, grâce aux personnages que nous suivons sur près de 1200 pages. Le ton parfois léger des historiens, arrivés en simples spectateurs contraste avec la violence des bombardements, mais... mais cette vision nouvelle de Londres en 1941 (et de l'Angleterre, et de Dunkerque entre 1940 et 1945) fait de ce texte autre chose qu'une énième histoire de héros du quotidien en période sombre.

Connie Willis construit comme elle sait si bien le faire plusieurs fils d'intrigue, suivis par des personnages furieusement attachants au fil des (centaines de) pages. Elle joue avec le pathos pour mieux réussir à nous frémir et rendre un magnifique hommage à la Résistance et au courage britannique, dont elle donne peut-être une vision idéalisée. N'est-elle pas logique, car vu à travers les yeux des protagonistes venus la chercher ?

Faire sourire avec la guerre est possible, l'auteur l'a fait. Mais je ne la remercie pas pour autant : All Clear, au lieu de venir à bout de vilaines insomnies, m'a obligée à tourner des pages jusqu'à des heures indécentes.

Pour conclure, quelques avis : mitigés ( blog-o-livre et encore blog-o-livre, le Dragon galactique, SBM ) pas séduit du tout (le Traqueur Stellaire), aussi contents que moi ( Lelf )

PS : Je suis une flemmarde de la recherche, mais si je ne vous ai pas cités alors que vous évoquez l'un, l'autre ou les deux romans, dénoncez-vous, je vous ajoute avec plaisir !

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Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? a.k.a Bladerunner (Philip K. Dick)

22 Octobre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF, #Lectures classiques

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Je dois être dans une période nostalgique pour relire tant de choses... mais là encore, le souvenir était si loin que ce fut comme une découverte ! Comme à l'époque, je découvrais la SF grâce à Dick, exposé sous la forme de gros omnibus dans la bibliothèque où je me fournissais, j'ai replongé dans la fascination des origines...

Dès les premières pages, l'immersion est totale et le monde dense. Deckard, un chasseur de prime, se réveille avec l'orgue d'humeur pour commencer une journée comme une autre, à la poursuite d'androïdes clandestinement arrivés de la colonie martienne où ils travaillent à de basses besognes. La terre devient stérile, réduisant l'expansion humaine, interdisant la vie à des espèces de plus en plus nombreuses, et faisant de la possession d'un animal vivant l'ultime signe de richesse... à moins que ce ne soit le dernier palliatif à la profonde solitude des hommes, habitants de vastes immeubles délaissés, où leurs vies sont déclassées.

Deckard est invité à commencer sa nouvelle mission (l'élimination de Nexus-6, nouvelle série un peu trop proche de l'humain) par une visite à la fondation Rosen, créateur des androïdes. Il y rencontre la fascinante Rachel, élément clef de la suite de sa quête...

Je sais, d'autres l'ont dit et redit avant moi, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? est un chef d’œuvre. Je le répéterai quand même. Derrière ses allures de roman policier, Dick pose la question de ce qui fait l'humanité et de ses sentiments les plus profonds, sur fond d'un futur noir et, hélas, toujours aussi crédible (la VO date de 1968). Un texte grandiose et intemporel, qui répond à la perpétuelle question de savoir ce qu'est un classique : il suffit de s'y plonger.

 

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Mission Caladan (Claude Ecken & Roland Lehoucq)

20 Octobre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

2030, Masdar est devenu l'une des premières villes écologiques du monde. Robin y poursuit des études de robotique, et assiste à une conférence de Gregory Forbie, pointure en la matière à qui il voue toute son admiration. Le hasard faisant bien les choses, à défaut de pouvoir échanger quelques mots après sa prestation, Robin se trouve à voyager avec lui sur le chemin du retour... et plus que quelques mots, c'est finalement l'engagement dans un projet utopique que lui propose Forbie. Quelques heures avant d'être enlevé par un groupe qui prétend être lié à la CIA, entrainant Robin dans une fuite dangereuse face aux autorités...

Couverture

Si l'intrigue peut sembler convenue, elle réside en réalité ailleurs. Les interrogatoires de Forbie dévoilent peu à peu les possibilités de ses travaux et les portes qu'ils ouvrent, associés à d'autres avancées technologiques, surtout en matière de voyage vers l'espace. Concevoir un tel projet dépasse l'imagination et les conceptions terre à terre de l'agent chargé de l'enquête, obligeant Forbie à développer son propos et à le vulgariser, pour le plus grand plaisir du lecteur. Car là est l'intérêt de ce roman : l'action est essentiellement prétexte à des développements scientifiques qui bâtissent une histoire possible et future, à la fois technologique et humaine. Dans un futur pas franchement rose, Forbie et ses complices insufflent une dose d'optimisme et de foi en l'avenir qui fait du bien... ou comment la vulgarisation scientifique me fait rêver.

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Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne)

13 Octobre 2013 , Rédigé par Angua

Jules Verne fleure bon la lecture de jeunesse, et je me demandais depuis un moment comment l'adulte que je suis devenue le percevrait aujourd'hui... il est revenu à mon souvenir il y a un moment déjà, et les infos données à Aubenas sur la prochaine Convention ont joué les piqûres de rappel.

Je ne vous ferai un énième résumé de ce célèbre roman. Par contre, je ne vais pas me jeter pour étaler les angoissantes questions qui se sont posées quand j'approchai la bibliothèque, où je trouvai ceci :

 

 

Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne)

(vous noterez l'autre excellente raison de relire Jules Verne en support)

... soit le roman en édition Famot, format bien sympa à manipuler, qui donne un effet de snobisme bibliophile au spectateur.

Juste à côté (c'est rangé, dans ma bibliothèque), il y avait cela :

Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne)

... beaucoup moins classieux, mais un examen un peu poussé de l'objet dévoile que non seulement, les illustrations de couverture sont d'Enki Bilal, mais qu'en plus, les jeux qui font tout le charmes de ces vieux Folio sont de Christian Grenier, excusez du peu !

Vu que rien ne m'obligeait à choisir, j'ai lu les deux. Non, pas deux fois, les deux parties, ni un tome de l'un, et un de l'autre, non, vraiment les deux, en alternance entre mon lit et le canapé pour les Famot, et les Folio pour le bus. Et croyez-le ou non... ça ne pose aucun problème.

Sur le texte en lui-même, je me souvenais d'une histoire qui m'avait paru un peu compliquée. La faute aux paragraphes pédagogiques. Et là... là, j'ai redécouvert Némo. Waouh. Oh qu'il y a de quoi comprendre la fascination qu'exerce ce personnage, surtout lors de sa rencontre avec le narrateur ! Rappelez-vous, cet homme qui a choisi de s'entourer d’œuvres d'art et de sciences, décidant que le monde s'arrêtait pour lui le jour où commençait son périple sous-marin... rien que cela a largement de quoi laisser songeur et faire rêver. Et mérite de se (re)plonger dans Vingt mille lieues sous les mers...

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La saison des singes (Sylvie Denis)

8 Octobre 2013 , Rédigé par Angua

Couverture

 

Terminé il y a quelques semaines déjà sans avoir trouvé ni pris le temps d'un parler, La Saison du singe de Sylvie Denis est un bouquin que j'ai honteusement refusé de rendre à ma bibliothèque tant que cet article ne serait pas fait, parce qu'il mérite qu'on en parle et d'être lu.

D'ailleurs, j'aimerais qu'ils me rappellent à l'ordre (coucou, vous me lisez ?), histoire de me dire que d'autres lecteurs de SF l'attendent, mais... le monde est ce qu'il est, les bibliothécaires sont adorables, mais les lecteurs peu friands de bonne SF.

La saison des singes tient du space op' et du roman sociologique. Dans un futur lointain, l'homme est parti s'installer dans l'espace, la singularité a eu lieu, hommes et machines se mélangent étroitement. Une société presque idéale, qui n'a pas été sans me rappeler la Culture de Banks. Mais, sans grain de sable, il n'y aurait pas de roman... il prend ici la forme d'une criminelle de l'espace, aux capacités hors du commun quand il s'agit de s'en prendre à un vaisseau, mais...

... mais pas seulement. Le roman commence paisiblement dans une société simple et archaïque, ou une chape de silence pèse sur le passé de la planète. Un état de fait qui n'a rien de bien original dans un univers de Space op', mais...

... mais rien n'est simple dans ce roman polyphonique. Les périodes et les personnages se répondent au fur et à mesure des intrigues qui s'entrecroisent, pour un magnifique ensemble qui construit à la fois une société et des individus. De la grande SF, avec du fond et des personnages qui inspirent la rêverie, parmi lesquels je ne citerai que les Ninhsis, humanoïdes arboricoles à la société qui donne envie d'horizons nouveaux.

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