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  Journalsemilitteraire

Hommage à RCW (1960-2061)

30 Septembre 2013 , Rédigé par Angua

Il y a un peu plus d'un an, Roland Wagner nous quittait, laissant derrière lui chagrin et stupéfaction devant la brutalité de l'événement. Je n'étais pas une intime de l'homme, mais j'avais eu l'occasion de le croiser suffisamment pour qu'il m'inspire une sympathie profonde en plus de l'admiration que j'éprouve pour lui en tant qu'auteur.

Pourtant, il y a un an, j'ai fait parti de ceux qui ont pleuré comme des fontaines. Je me souviens d'avoir commencé sur le chat alors en vacances chez nous, lequel profitait paisiblement de genoux installés devant un écran. Un chagrin que je ressentais comme illégitime, pour n'avoir pas été une amie proche mais une "simple" lectrice.

Au fond, ce n'est pas "simple". Tous les (gros ?) lecteurs savent qu'une relation forte peut se nouer avec un texte. Je ne parle pas du plaisir premier de la lecture, mais de ces impressions qui vont au-delà. Les Futurs mystères de Paris, par exemple. Je ne les ai pas terminés à ce jour (je venais d'achever l'Aube incertaine, en juillet ou août 2012), mais il y avait une de ces impressions, celle de l'univers où on se sent chez soi, où on comprend ce qui passe dans l'esprit des personnages, où tout semble couler de source. Où on se sent bien. Ou cette impression de roman total, d’œuvre d'art à part entière devant Rêves de Gloire...

Samedi, j'étais à Clamart avec ma Moitié Poilue pour une journée d'hommage à Roland Wagner. Le sentiment d'illégitimité demeure vif au milieu de ceux qui l'ont connu de près, mais là n'était pas l'objet de ces retrouvailles, magnifique moment de retour sur ses livres, son œuvre, sa musique, ses amis, l'homme, l'auteur. Un moment étrange et magique, où le chagrin a laissé place à une pensée émue et souvent amusée, entre évocation du découpage en deux tomes de Le jour de mai, de révélations de références musicales, de souvenirs de bières partagées, de projets fous, de provocations, d'écriture, de lecture, et j'en passe, et surtout de passion pour la littérature de SF, quelle qu'elle soit.

Un grand et beau moment, qui m'a résolue à reprendre ma lecture de Futurs mystères là où elle avait été interrompue...

A défaut de photo potable de cette journée, la fierté de notre salon-bibliothèque !

A défaut de photo potable de cette journée, la fierté de notre salon-bibliothèque !

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Page de publicité, gratuite et éhontée

17 Septembre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures classiques

Face aux vicissitudes quotidiennes, j'entreprends cette année un grand chantier d'organisation de mes journées et de mes lectures. Parfaitement. J'ai même, après des années de résistance, cédé à l'appel de la PAL avec des règles strictes, à savoir, pas plus de cinq trucs à la fois sur ma table de nuit, lus sans ordre particulier (autant dire l'anarchie la plus totale).

Entropie doit être mon 2e nom.

Parce que bien évidemment, les BD ne tiennent pas sur la table susmentionnée. Un vide-grenier a occasionné l'entrée sous mon toit de quelques nouveaux tomes des aventures de Gaston Lagaffe... et j'ai sombré. Toutes ces années après mes premières lectures, je n'y vois plus la même chose, mais, ô que c'est bon ! Voilà, voilà ce qu'on devrait prescrire en anti-dépresseur ! A condition de rappeler l'effet secondaire (indésirable ?), à glousser devant les gros yeux de Prunelle à une heure du matin, le sommeil s'éloigne...

Gaston, c'est bon. Lisez-en, c'est grand.

 

 

 

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Les neuf princes d'Ambre (Roger Zelazny)

15 Septembre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

Couverture

Il y a de ces bouquins fondateurs d'un genre qu'on croise trop tard... et malheureusement, Les neuf princes d'Ambre en fera parti pour moi.

Pourtant, j'étais bien décidée à l'aimer, ce premier tome d'une saga qui me paraissait mystérieuse à l'époque où la bibliothèque municipale que je fréquentais alors en étalait tous les tomes en Présence du futur. Mais, allez savoir pourquoi, cette histoire de cartes et de voyages entre les mondes me paraissait bien compliquée. Les années passant, le titre est resté dans un coin de mon esprit, exhumé de temps à autre par une conversation IRL ou au détour d'un forum. Entre le nom de l'auteur et la réputation de la chose, je croyais m'attaquer à une longue lecture de fantasy et... et la magie n'a pas opéré.

Oh, je comprends le succès de l'univers et des personnages, et je reconnais que le style est d'une fluidité qui devrait en faire pâlir plus d'un. Sans même parler du mystère qui entoure le narrateur dès les premières pages, membre évincé d'une famille royale qui se réveille sans avoir aucun souvenir de sa vie passée et se joue des siens sans avouer son amnésie. Je comprends la fascination que peut exercer la magie et la créativité de ces mondes, notamment celui d'Erbma, ville reflet, immergée, de la cité d'Ambre autour de laquelle tout gravite. Mais voilà, il y a eu les Princes Marchands de Stross, et avec cette série de Zelazny, la rencontre ne s'est pas faite, à part pour les périodes de fatigue où je chercherai une bonne lecture de bus, je en suis pas sûre de me pencher tout de suite vers les tomes suivants, qui, comble du comble, attendent maintenant sur une de mes propres étagères en FolioSF.

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La Blogosphère (Bastien Vivès)

12 Septembre 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

Même si je le trouve parfois inutilement grossier (thym, je dois vieillir), j'aime beaucoup les strips de Bastien Vivès. Et toute connectée que je sois, c'est sur papier que je savoure finalement le mieux les images.

La Blogosphère, comme son titre l'indique, concerne directement un sujet qui m'intéresse et me concerne de près. Non pour l’activité très aléatoire de ces lieux, mais... il fut une époque où j'étais une accro des blogs. Vous vous souvenez peut-être de cette époque, celle où une centaine de blogs "littéraires" seulement apparaissaient dans les moteurs de recherche, où on connaissait chaque pseudo même sans en être un habitué... si j'ai toujours fait la sauvage dans mon coin, j'en ai lus et j'étais fidèle à bon nombre d'entre eux.

Autant dire qu'une BD comme celle-ci me parle, même orientée blog BD, cette chose étrange et fascinante qui fleurit à tout bout de web, où on trouve autant de merveilles que de bouses. De la BD, mais pas que, surtout de bonne pages d'humour sur les horreurs des blogs "de filles", sur la consécration que certains voient dans le festiblog, la gloriole des sans talents qui croient qu'en dehors du net, point de salut, l’œil novice des proches qui s'aventurent en ces contrées mystérieuses que sont celles du blogging... Dark Vador n'étant pas le moins révélateur.

Une bien saine lecture, qui a franchement égayé un trajet de bus ! Et Vivès, même si mon œil essaie de me faire croire qu'il fait des pâtés, a un trait magique dans l'association des traits.

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Se distraire à en mourir (Neil Postman)

10 Septembre 2013 , Rédigé par Angua

A priori, Se Distraire à en mourir est un vieil essai de 1986 sur la télévision et le monde du spectacle dans lequel nous vivons, démontrant comment, entre les visions d'Orwell et d'Huxley c'est plutôt le second qui avait vu juste. Voilà ce qu'annonce la couverture.

Il s'avère que le sujet est bien plus vaste que cela. La première partie développe des éléments de l'histoire des USA, racontant de quelle manière la lecture et l'écriture se sont diffusées, notamment grâce aux protestants soucieux de donner l'accès à la Bible, et rappelle que la lecture fut en d'autres temps une activité bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui, dans ses habitudes comme dans ses sujets.

On y comprend aussi comment des capacités d'attention bien différentes de celles dont nous faisons preuve aujourd'hui étaient courante au XVIIIe et surtout au XIXe siècle. Ecouter un débat politique de plusieurs heures, dans une langue construite, orale mais profondément littéraire, où des idées complexes étaient développées étayées n'avait rien d'extraordinaire. Déjà, à ce stade de ma lecture, je me sentais bien ridicule à me dire qu'au-delà d'une heure et demi d'attention à écouter quelqu'un parler, aussi passionnant le sujet soit-il, je sais que je décroche et fatigue. Et pourtant, je me considère comme patiente, et je n'ai jamais souffert d'un cours magistral.

La démonstration commence ainsi : le monde dans lequel nous vivons nous a fait perdre l'habitude d'une réflexion approfondie et longue. Tout simplement. Non que cela soit devenu impossible. Non, mais inhabituel, non naturel quand depuis des années notre attention est vacillante, zappeuse, conditionnée pour être perpétuellement sollicitée.

Dans les années 80, Postman mettait ceci sur la télévision et ce qu'a entrainé son apparition, rappelant que le média induit notre réception du message. Très tôt, la TV fut un enjeu commercial, celui de garder le spectateur et lui couper toute envie de changer de chaine. C'est là qu'arrive le spectacle, le sensationnel, celui qui montre le monde et ses malheurs sur le même niveau qu'une publicité ou un soap.

Habitués à un déferlement perpétuel, à la brièveté des informations, nous avons perdu la capacité qu'avaient les générations précédentes à prendre le temps de réfléchir longuement.

Une autre idée marquante de cet essai touche à la sélection que nous faisons des informations. Il y a quelques siècles, les informations étaient débattues et utilisées de manière concrètes (pour choisir un candidat lors d'une élection, prendre une décision liée à la vie quotidienne), aujourd'hui, elles amènent à la formation d'opinions personnelles et... et rien. Rien ne change dans nos vies, sinon qu'on peut se réjouir d'avoir un avis. Et, chose que l'auteur ne pouvait prendre en compte à l'époque de l'écriture, on peut même le diffuser largement via les "réseaux sociaux", ce qui fait une bien belle jambe à tout le monde.

Même si la réflexion se centre sur la télévision américaine, plus d'un élément est à rapprocher de nos habitudes hyper-connectées. Je suis née avec la télévision. Je l'ai longtemps considérée comme un outil, un truc qui pouvait abrutir ou enrichir, à la demande.

Et j'ai perdu l'habitude de regarder la télévision (ce qui me vaut, d'ailleurs, une culture cinématographique lamentable), m'asseoir devant m'ennuie, au bout de dix minutes, je vais reprendre mon PC ou me plonger dans un bouquin, pour l'éteindre peu de temps après car je ne la regarderai plus. Pourtant, je me suis sentie très largement concernée par le propos de Postman... l'usage de la TV pour les mordus est celui que je fais d'internet, à quelques différences près. Entre blogs, forums, sites divers et variés, je me gave d'informations et d'opinions une bonne partie de la journée, pour ne lire qu'un article long, un truc de fond avec un peu de contenu que de temps à autre... je n'en suis pas malheureuse pour autant. Mais vraiment, vraiment, ce bouquin a de quoi laisser songeur, surtout lorsqu'il parvient à ses fins : démontrer qu'Huxley avait raison : plus besoin de censure quand les informations vraiment importantes sont noyées dans la quantité... il suffit de penser à l'actualité pour en avoir le vertige. Ou une vague nausée.

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