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  Journalsemilitteraire

Vestiges (Laurence Suhner)

29 Août 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

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Encore un nominé au Rosny de cette année ! Lequel est d'ailleurs allé à Points Chauds, merveilleux roman de Laurent Genefort qui le valait amplement.

Malgré les résultats, j'ai persisté dans mon projet de lire les finalistes et enfin terminé Vestiges. Oui, enfin, car les premières centaines de pages auraient pu venir à bout de ma patience si je n'en avais pas entendu de bonnes choses à plusieurs reprises.

A priori, Vestiges avait tout pour me plaire. Une planète mystérieuse où l'homme s'est installé depuis suffisamment longtemps pour que la colonie envisage de devenir indépendante, de mystérieux évènements, un artefact aussi immense qu'impénétrable en orbite... Haziel, mécanicien scientifique à ses heures, s'embarque dans les fouilles d'Ambre Pasquier pour creuser la glace qui recouvre la planète en un endroit bien précis. Pour l'équipe qui l'envoie, il s'agit d'un point de collapsus qui causerait les accidents inexpliqués des mineurs, pour elle, il s'agit de répondre à une étrange injonction qui l'obsède dans son sommeil. La question des miliciens qui prennent une place de plus en plus grande sur Gemma ne la concerne pas, pas plus que celle des indépendantistes à qui on voudrait faire porter le chapeau des accidents sus-mentionnés.

Pourtant, la lecture commence poussivement. Que d'introspections, de répétitions, de réactions attendues chez les personnages ! Heureusement, le plaisir est ailleurs, notamment dans ce fameux mystère qui se dévoile peu à peu dans les sous-sols de Gemma, et le suspens entretenu par la présence d'une étrange créature, dont on se demande ce qu'elle vient faire là lors de son apparition...

Plus d'une fois, j'ai râlé (du shampoing parfumé à la pomme ? sérieusement ?), mais je me suis finalement attachée aux personnages, aussi caricaturaux soient-ils parfois. En partie à cause de l'effet pavé que du scénario, où il suffit d'arrêter d'attendre de grandes surprises pour se contenter de déguster un roman d'aventures où une bande de gosses peuvent devenir deus ex machina sans que cela ne gêne personne. Et puis, malgré leurs défauts, ils sont plein d'humanité ces personnages... il s'avère que Vestiges est le premier tome d'une trilogie que je ne finirai sans doute pas, même si sa fin appelle clairement à la suite, mais je ne vais pas cracher sur les quelques délicieuses heures passées dans mon canapé à le terminer.

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Le Melkine (O. Paquet)

20 Août 2013 , Rédigé par Angua

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Comme Exodes, Le Melkine est un finaliste du Rosny qui mérite sa place.

Le vaisseau éponyme transporte une extraordinaire école à travers les mondes colonisés par l'homme à l'époque de l'Expansion, rassemblant des élèves et des professeurs de tous horizons et de toutes cultures dans la plus parfaite harmonie. Bien sûr, une telle utopie n'est pas simple, et la sélection est rude pour s'assurer que chaque personne admise à bord saura composer avec son conditionnement avant de s'en libérer.

Car là est l'une des particularité de chaque monde, le conditionnement. Intra utero, chacun se voit préparé, imprégné de ce qui fait le monde dans lequel il verra le jour. De l'Inde post-coloniale aux civilisations hyper-connectées ou dirigées par une religion ou une autre, tout es possible, avec pour liens les Fréquences, monstres interstellaires de la diffusion d'information, incarnations de médias noyant l'information, et le Melkine, entité à part qui fascine et suscite aussi bien admirations que convoitises. Banquise, la principale fréquence, envisage d'ailleurs de sérieusement revoir cet état de fait.

Sous des allures de Space Op', Olivier Paquet nous propose une réflexion poussée sur ce qui amène une utopie à la dérive. Alors que l'humanité semble avoir trouvé son rythme de croisière, délaissant conflits des millénaires passés et de la planète mère, l'essence même de l'homme semble ne jamais pouvoir l'accepter, faute d'être capable de laisser son prochain en paix.

Globalement, une lecture agréable, mais trop (beaucoup trop ?) centrée sur les relations entre enseignants et élèves pour moi. Bien sûr, cela fait partie du monde du Melkine, mais m'a tristement sorti de ma condition de prof en vacances qui demande à ce qu'on lui fiche la paix avec ses élèves. Par contre, la question du conditionnement a de quoi passionner : finalement, le libre-arbitre est à gagner ici, seul le Melkine le permet, mais quid de ceux qui en sont écartés ? D'ailleurs, est-il vraiment nécessaire quand chacun est programmé à l'épanouissement dans les valeurs qui le verront naitre ?

 

 

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Exodes (Jean-Marc Ligny)

18 Août 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #SFF

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Dans mon entreprise de lecture des finalistes du prix Rosny, j'ai terminé il y a peu Exodes, de Jean-Marc Ligny.

Le début fut raide. Sans doute l'influence des classiques avec lesquels je passe la journée (en ce moment, Sévigné et Nabokov pour l'agreg, moult extraits de tragédie et Bédier pour la rentrée), mais j'ai peiné ces derniers temps à entrer dans des romans de genre. Cerveau trop stimulé ou plus assez disponible, je n'en sais rien, mais Exodes...

Début raide, donc, car je lis le soir avec une âme d'enfant qui attend l'histoire avec laquelle s'endormir. Or, nous voilà exactement dans le genre de récit multiple qui fait fuir le sommeil : une anticipation si riche et crédible qu'elle prend aux tripes dès les premiers chapitres. Le cadre ? Un futur plus ou moins proche Celui qu'on ne saurait dater précisément, mais qui a tout de vrai, réchauffement climatique, pollution, humanité qui part à vau l'eau où, bien entendu et plus que jamais, les nantis s'en sortent avec la vie belle tandis que le bas peuple survit comme il peut.

Les personnages sont multiples et tous en errance, à des degrés divers. Pandora, l'adolescence à la jeunesse dorée se perd dans les affres de sa génération, tandis que son père continue des recherches pour un homme meilleur sans grande conviction et que sa mère traite les dossiers des crève-la-faim qui aimeraient entrer sous leur dôme, sans grand espoir de sauver qui que ce soit. Au-dehors, sous un soleil brûlant, le monde est dévasté et la loi du plus fort domine. Paula caresse pourtant l'espoir de trouver un médecin pour soigner l'un de ses fils malade. Fernando fuit une mère bigote, Mercedes, qui espère sauver au moins son âme. Dans le nord qui fait rêver les sudistes, Olaf et Risten voient les extrémismes s'imposer aux Lofoten et aspire à un monde autre... oui, les personnages sont nombreux, et s'ils semblent l'être trop au début, c'est qu'on attend un roman plus classique. Mais là n'est pas l'objet d'Exodes : c'est bien une histoire de l'humanité en générale qui se dessine, et une histoire aussi terrifiante que juste.

Et voilà donc un roman que j'ai adoré autant que je le déteste. Oui, ce roman est détestable, car il renvoie à une réalité violente, douloureuse et profondément prévisible, et en plus il le fait efficacement à travers la galerie de portraits que nous suivons. Le tout s'achève par la bibliographie qui achève la démonstration, concluant sur ce qui attend l'homme, malgré les touches d'espoir ténues qui colorent parfois les individus.

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La longue Terre (T. Pratchett & S. Baxter)

7 Août 2013 , Rédigé par Angua

La longue Terre (T. Pratchett & S. Baxter)

Je crois que j'ai perdu l'habitude de bloguer... pourquoi, comment, les explications se bousculent, mais je vais les laisser mûrir un peu avant de décider quoi que ce soit... comme d'ouvrir un autre blog ailleurs, par exemple. Juste histoire d'avoir l'impression de faire peau neuve.

Ceci dit, si je ne blogue plus, je lis. D'ailleurs, je reviens en douceur avec ma dernière lecture pour le pur plaisir : La longue Terre, issu des plumes associées de Pratchett et Baxter.

Imaginez qu'un inventeur génial trouve un moyen d'une simplicité extrême pour voyager entre les mondes, par exemple à partir de quelques transistors, quelques vis et une patate. Impossible bien sûr de prendre au sérieux un tel bricolage, ce sont donc les enfants qui testeront les premiers... et feront moins les malins une fois arrivés dans la forêt du monde d'à côté. Heureusement, un certain Josué Valiente, enfant du foyer, ne se laisse pas impressionner par si peu : il fait partie de ces quelques individus qui peuvent passer naturellement et l'ignoraient, faute d'avoir jamais essayé.

A l'est comme à l'ouest de notre monde, la Terre est la même, à ceci près que l'humanité ne s'y est jamais développée et que de subtiles différences se font sentir. Chaque fois, quelque part, quelque chose a changé au fil des siècles. Quoi qu'il en soit, les hommes profitent de l'aubaine de ces terres inexploitées et inhabitées, et une nouvelle conquête de l'ouest (et de l'est bien sûr) débute, tandis que transTerre, filiale de Black Corporation lance plusieurs années plus tard une formidable exploration des mondes. Celle-ci est dirigée par Lobsang, tibétain réincarné en I.A. (qui semble réussir le test de Turing), à bord d'un dirigeable et... le meilleur assistant humain semble être Josué maintenant adulte.

Voilà un roman qui fait du bien ! Une pointe d'humour toujours présente, l'exploration des mondes à laquelle on se laisse prendre tandis qu'un mystère apparait, une rencontre finale colossale... les tomes suivants (deux seraient prévus) vont se faire attendre. Mes neurones d'analyse sont au point mort ce soir, et je me contenterai de rappeler une évidence : si j'aime la SF, c'est aussi parce qu'elle fait voyager, et en voilà du dépaysement...

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