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  Journalsemilitteraire

Trois pièces de Musset...

24 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

... ou les joies d'être fumiste à l'agrégation de lettres modernes.

 

Vous vous rappelerez peut-être que cet été je m'étais enquillé les douze livres des Confessions de Rousseau et que ce n'était pas franchement le bonheur. Je m'étais infligé cette souffrance en me disant que cette fois j'irais passer les épreuves écrites de l'agreg de lettres en ayant au moins lu toutes les oeuvres.

 

Allez, pour les curieux, ceci représentait :

- Le Quart Livre de Rabelais ;

- Les lettres de 1671 de Mme de Sévigné

- Les six premiers livres des Confessions de ce p'tit con de Jean-Jacques

- Les Faux-Monnayeurs de Gide

... et trois pièce d'Alfred de Musset.

 

Pour vous raconter ma vie (rappelez-vous ! il y a "journal" dans le nom de ce blog !), je suis allée passer ce fameux concours la fleur au fusil, dans la décontraction la plus totale, puisque que concrètement, je n'avais rien bossé sérieusement. J'avais lu toutes les oeuvres, certes, puis consciencieusement oublié Rousseau, pleuré un peu de sang en me replongeant dans Rabelais, dégusté Sévigné, Gide et Musset.Si le sujet portait sur l'un de ces deux derniers, je m'étais dit que j'aurais une chance de rendre un truc à peu près construit, à défaut de savoir à quoi est censée ressembler une dissertation d'agreg.

 

Et ce fut Musset.

Et j'ai passai 5 heures. Oui, je sais, l'épreuve en prévoit 7.

Et je me hais de ne pas être au point sur la méthode et les attentes formelles des correcteurs.

 

Pour la peine, j'ai décidé de vous causer un peu des trois pièces dont il était question.

 

Le célèbrissime On ne badine pas avec l'amour, tout d'abord. Perdican et Camille sont promis au mariage dès leur enfance, la pièce débute le jour où ils se revoient après leurs années d'éducation. Celle de Perdican l'a amené à fréquenter des femmes, Camille sort du couvent pleine de mises en garde à l'égard des hommes... ils no'sent s'avouer qu'ils se plaisent, se mentent et arrive la catastrophe. Lu dans mes jeunes années, je n'en avais que peu de souvenirs, et certainement pas celui d'un dénouement tragique qui fait son effet.

 

Au rang des pièces lues aussi dans ma jeunesse lointaine, se trouvait Il ne faut jurer de rien. En voilà une que j'ai adorée : Valentin, dandy effrayé à l'idée de se marier (une histoire de trop bonne connaissance de la société dans laquelle il vit), décide de tester la jeune Cécile à qui il plait déjà et monte un stratagème pour démontrer à son oncle qu'il ne peut l'épouser, puisqu'elle est certainement comme toutes les autres femmes. Si la douce tranquilité de Cécile est bien fade, la galerie de personnages qui l'entoure vaut le détour !

 

Et la découverte : Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, où un comte et une marquise se découvrent des sentiments réciproques. Il leur faut pour cela le temps de la pièce (bien courte) et encore une fois passer par le constat qu'ils vivent une bien triste époque en ce qui concerne les rapports amoureux.

 

Vous l'aurez deviné, j'ai adoré ces pièces au point de les lire plusieurs fois (comme on est censé le faire quand on est vaguement plus sérieux que je l'ai été), et j'en retiens surtout que Musset savait écrire des choses qui sonnent juste.

 

Je notais en sous-titre qu'il serait question d'être fumiste à l'épreuve de l'agrégation de lettres. Au concours interne, il suffit de discuter avec les autres incarcérés des épreuves pour s'apercevoir que mon cas n'est pas si isolé que cela... certains ont bossé, vraiment dur, et d'autres sont là "pour voir". Voir quoi, puisque ce n'est pas le genre de chose qu'on réussit par hasard ? Voir le sujet. Se triturer les méninges pour voir ce qu'on pourrait en tirer. S'obliger à rester assis sur une chaise longtemps sans bouger (2h30 s'écoulent avant qu'on soit autorisé à quitter les lieux, les deux épreuves durent 7 heures chacune), structurer quelque chose, le rédiger, le rendre... s'enivrer de ce moment si particulier qu'est une ambiance de salle d'examen.

Sans enjeu comme dans mon cas, c'est surtout une expérience incroyable. Quand on y réfléchit, il y a quelque chose de fou à se faire enfermer volontairement dans une pièce deux jours consécutifs, d'être seul face à soi-même et sa copie. Retrouver des préoccupations littéraires abstraites, loin, bien loin du quotidien d'un prof, aussi bon soit-il. Un mélange d'émotions fortes pèse sur les lieux, entre espoir, angoisse, émulation, simple plaisir intellectuel... il y a quelque chose d'une grande aventure.

Cette année, j'ai rendu des copies développées pour les deux épreuves (12 et 8 pages pour 6 et 5 heures de boulot). Je n'ai aucun espoir d'oral, mais je ne regrette rien. Je suis perclue de douleurs de tous les côtés, entre une table peu adaptée (surréalisme d'une salle des fêtes comme salle d'examen), et l'habitude perdue d'écrire longtemps au stylo, j'ai les épaules et les mains vrillées. Le cerveau connait une impression de surchauffe intense, à en être bienheureux de se souvenir où on habite à la sortie. Non, je ne regrette vraiment rien car ça reste une sacrée dose d'adrénaline.

Et que me voilà enfin, vraiment, sérieusement motivée pour m'y mettre pour 2014.

 

 

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Le dernier loup-garou (Glen Duncan)

24 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

dernier-loup.jpg Le narrateur est le dernier loup-garou répertorié, après des décennies d'une traque organisée par l'OMPPO (Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes). Il sait donc, de manière sûre et irrémédiable, qu'il lui reste peu de temps à vivre. Au fond, cela ne le dérange pas vraiment : âgé d'environ deux siècles, il est fatigué de s'attacher à des humains qu'il voit vieillir et mourir, sans parler de ceux qui lui servent de dîner mensuel et travaillent parfois sa conscience, fatigué aussi de changer d'identité, de surveiller ses arrières en permanence. Bref, la situation lui convient.

On s'attend d'abord à lire la chronique d'une mort annoncée, surtout quand le récit de sa transformation vient interrompre le principal fil narratif et confirme l'impression d'hommage aux grands maîtres fondateurs du fantastiques, nous plongeant un instant dans la bonne vieille ambiance gothique pressentie dans les premières pages. Ambiance qui ne dure pas : nous sommes au début des années 2000, et Jake a bien autre chose à faire que de se remémorer le (bon ?) vieux temps.

 

Je le dis rarement, pour la bonne raison que je le pense rarement, mais ce fut tellement bon que ce fut trop court...

 

Le personnage de Jake est une pure réussite. Désabusé, blasé, agissant a priori à l'encontre de la bonne moralité parce qu'il accepte sa condition de monstre et que c'est de cette manière qu'il est finalement le plus humain... Il s'est adapté aux symptômes lycanthropiques en fréquentant des prostituées avec lesquelles il refuse de nouer des liens autres que professionnels pour mieux s'épargner (et les épargner, elles), donne de l'argent aux bonnes oeuvres et choisit méticuleusement ses victimes, puisque victimes mensuelles il doit y avoir.

 

Et pourtant, nous voilà dans un roman qui dégouline de sang, d'action, d'hormones animales et de sexe. Quand Thanatos est si présent, Eros n'est jamais bien loin. Anne Rice nous en avait donné un aperçu pour le vampire, Glen Duncan nous démontre que le loup-garou aussi est une créature littéraire extrêmement complexe, avec un personnage qui est le fruit d'une réflexion poussée et crédible (bon, ok, dans la mesure où on cause loup-garou)... et là, nous voilà dans du sérieux. Du bon. Enfin, autre chose que du bellâtre limité à ses muscles et sa meute, enfin un loup-garou sorti de la bit-lit ! Et pourtant ce loup-garou s'appelle Jacob... et penser à celui d'une autre saga réjouissante de bêtise a vraiment de quoi faire glousse après cette lecture.

 

Sinon, j'ai appris lors de mes pérégrinations en ligne qu'il y aurait une suite, et il paraitrait que Morgane Caussarieux a elle réglé son compte à l'image niaise du vampire qui persiste depuis Tw***t... je crois que je vais m'en aller lire son roman dans les mois qui viennent.

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Cette crédille qui nous ronge (Roland C. Wagner)

19 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

credille.jpgBien que j'avais largement entamé Les Futurs mystères de Paris, je n'avais pas relu de Wagner depuis le mois d'août. Une vilaine crispation m'aurait empêché d'en profiter vraiment. Ma moitié poilue a eu la réaction exactement inverse, voilà comment bonne quantité de titres ont rejoint nos étagères, parmi lesquels cette étrange bestiole de Caza sur une couverture. Dès qu'il l'a entamé, le fameux "Il faut que tu le lises !" a retenti... et c'est ainsi que Cette crédille qui nous ronge fut ma dernière lecture de bus.

Enfin, le premier jour.

Parce qu'assez vite, j'ai trouvé bien dommage de le laisser reposer chaque jour jusqu'au lendemain.

 

Le narrateur, Quartz B, se réveille après un sommeil de quinze ans, correspondant exactement au voyage de la Terre jusqu'à la lointaine Océan. Il y accompagne un diplomate dont il est censé garder le corps, ce qui est bien tout ce qui pourrait lui rester à faire puisqu'à sa reprise de conscience, causée par la perte d'un bras dans le trajet, l'homme est mort dans une stupide avalanche. Or, la mission qui l'attend est bien différente de ce à quoi il était préparé : en tant que représentant de la Terre, c'est lui qui va devoir régler la cruciale Question Alimentaire, opposant Végétares et Carnives sur ce monde où aucun prédateur n'existe, quand le souvenir cuisant d'une Terre aux ressources épuisées invite à l'alternative végétarienne sans se poser de questions.

 

Avec l'enquête de Quartz, qui découvre vite que les conditions de son arrivée et de son réveil sont plus que suspectes, Wagner déploie une bien belle fable écologiste, pleine de bêbêtes plus choupignonnes les unes que les autres, et cela sans mièvrerie aucune (ce qui n'est pas évident, quand on parle de choupignonitude, vous en conviendrez). Derrière ces aventures, plutôt qu'un message, c'est à une vraie réflexion sur ce que nous sommes et mangeons que nous voilà invités, le tout dans un style bien particulier, mêlant néologismes à la Burgess et bestiaire de Caza. C'est bon, c'est beau, et ce n'est pas touchant seulement parce que l'auteur nous a quittés trop vite.

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Lectures en vrac

17 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Et voilà, si le retour en classe ne m'empêche pas de lire, il freine sacrément mes bonnes résolutions de vacances de tenir à jour ce blog ! Si je compte bien trouver le temps de développer des articles sur certains titres, je ne le ferai sans doute pas pour d'autres, dont je veux tout de même garder une trace.

 

roulottes.jpgTout d'abord, un livre sympa plein de belles images : Roulottes, de Jeanne Bayol.

Si l'introduction sur la passion de l'auteur pour les roulotte, très orientée déco et restauration m'a laissée de marbre, la suite, bien que peu développée sur chaque point, me parait une bonne entrée en matière sur le sujet. Histoire des roulottes et de leurs habitants, tziganes ou circassiens (une belle partie consacrée aux Bouglione, même si l'idée des animaux voyageant à travers les continents a fait frémir l'amie des bêtes qui sommeille en moi), de l'évolution des modèles, de leur fabrication, de leur aménagement... lecture d'une soirée bien sympa qui laisse finalement rêveur.

 

Vaguement sur le même thème, la Zingarina ou l'herbe sauvage, roman largement autobiographique de Sandra Jayat. J'ai zingarina.jpgvraiment eu du mal à y entrer. Ce ne fut pas désagréable, mais l'écriture me laisse perplexe... laissons de côté certaines coquilles grosses comme des oeufs d'autruche (personne ne relit, chez Max Milo ?), il y a effectivement ce qu'on pourrait appeler de la poésie, mais je l'ai trouvée trop souvent proche de la simplicité, voire de la naïveté. L'auteur retrace son parcours, de la fuite du camp tzigane où elle a vu le jour, refusant de se marier pour ses 15 ans à celui qu'on a choisi pour elle, à sa traversée de la France pour gagner Paris où elle espère rencontrer Django (oui, LE Django). Si elle arrive trop tard pour lui, elle rencontre néanmoins une galerie de personnages phare du monde littéraire, et la voilà poète, artiste, et toujours amoureuse de la liberté. La quatrième de couverture promet une "plume onirique", c'est belle et bien le cas.... mais trop pour moi. Pourtant, je me croyais capable de suspendre mon incrédulité mieux que ça.

 

Peut-être l'enchaînement s'est-il mal fait car juste avant, j'ai relu Le Grand Meaulnes, que je ne crois pas nécessaire de présenter. Là, j'étais dans une écriture que je qualifierais de poétique, et qui me plaît. Le personnage de Meaulnes, celui de Frantz, leurs visions d'absolu et leurs rêves de perpétuels adolescents me touchent encore, bien des années après ma première lecture. A ma grande surprise, l'alchimie a fonctionné aussi chez l'un de mes élèves, pas lecteur pour deux sous, dans les mains de qui je l'ai collé arbitrairement.

 

histoire-france.jpgDans un genre encore complètement différent, L'Histoire de France pour ceux qui n'aiment pas ça, de Catherine Dufour, vient de bien égayer mon après-midi : en moins de 300 pages, voilà une bonne occasion de se remettre à jour sur la question et de sérieusement se poiler entre une succession d'anecdotes bien choisies et la plume décidément unique de l'auteur. De toute manière, je ne peux pas être objective sur ce qu'elle écrit, il y a quand même eu Le Goût de l'Immortalité, et Blanche-Neige et les lance-missiles, tant qu'elle écrit si efficacement, je continue à la pardonner de ne plus faire de SF.

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Saltimbanques (M.Desplechin&E.Houdart)

8 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

saltim.jpgParmi les innombrables raisons qui font que j'aime et vénère les bibliothèques, le fait d'y croiser des livres totalement inattendus figure en bonne place. Inattendus dans le sens où ils sont, a priori, à des années lumières de ce que j'irai chercher par moi-même.

En enregistrant mes Calvin & Hobbes au rayon jeunesse (dans la même salle que la BD, ceci expliquant cela), je jette souvent un oeil distrait aux nouveaux albums. Ils ne devraient pas être pour moi, vu que j'en ai passé l'âge.

Malgré cette excuse qu'on ne peut juger qu'excellente et totalement fondée, j'ai emprunté Saltimbanques. A cause du titre, pour la bonne raison qu'en ce moment, c'est mon grand sujet de fascination.

Et...

Aaaaaaaaaaaahhhhhhhh...

Je ne trouve pas le bon ton pour soupirer. Quelque chose entre le soulagement, l'admiration, la joie et la surprise.

On ne peut pas dire que ces derniers temps je me suis éclatée dans mes lectures, que j'ai pris de claques récentes, malgré des choses bien agréables. Pour couronner le tout, je suis dans un roman dont je ne parlerai même pas ici tant je m'y agace. J'avais fini tous les Calvin & Hobbes de mon sac, j'étais au bout du bout du début de mes lectures nocturnes, quand j'ai ouvert Saltimbanques.

Avant de l'ouvrir, j'ai regardé la couverture, qui reprend l'une des illustrations. En détails. Ne négligez pas le plaisir de lire un livre avec des images, surtout si elles sont belles. Là, elles sont fabuleuses. A la fois simples et complexes, une galerie de portraits inquiétants qui interrogent, associant le monstrueux et le merveilleux, le tout avec la délicatesse du détail. Enfant, je pense que ce bouquin m'aurait inquiétée.

Ma stupeur grandit en commençant le texte. Je connais Marie Desplechin pour en avoir lu des romans jeunesse, je n'étais pas inquiète quand à la qualité de la plume, mais ça... pour des petits ? Eh bien oui. Je n'avais pas de cobaye de moins de dix ans sous la main, mais au fond, je suis sûre que ça passe bien, et même très bien, parce que derrière des phrases travaillées et un vocabulaire riche (pour de vrai, foin de niaiseries infantilisantes), il y a du fond dans chaque texte, imaginé après l'envoi des illustrations à l'auteur. Je me suis laissée prendre à la présentation de ces circassiens (je n'ai pas l'occasion d'apprendre de nouveaux mots tous les jours, et celui-là, je ne le connaissais pas avec ce sens !), et à l'histoire qui n'en est pas vraiment une et se construit doucement...

Une lecture d'une soirée, d'une heure peut-être.

Qui me donne envie de râler. Pourquoi, mais pourquoi est-ce que je ne vis pas de tels moments de grâce plus souvent ? Du coup, je m'interroge le plus sérieusement du monde. Je sais (enfin, je suis certaine) que les albums pour enfants regorgent de ce genre de petites merveilles inattendues, susceptibles d'emporter les adultes par leur richesse, leur onirisme, leur que-sais-je-encore, qui échappent totalement à leurs amateurs potentiels. Pourquoi n'ai-je pas plus souvent envie d'en ouvrir ? J'ai l'impression que c'est encore un point sur lequel on se fait avoir en devenant adulte.

Et surtout, pourquoi est-ce que je ne retrouve pas plus souvent ces sentiments dans les littératures "de genre" ? Car je peux bien vous le dire. C'est entre autre parce que je cherche l'évasion que j'en lis...

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Brebis Galeuses (Kurt Steiner)

6 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

brebis.jpgSuite à un article duquel est partie une polémique, j'ai eu comme une envie d'aller voir d'un peu plus près à quoi ressemblait la plume d'un certain Kurt Steiner. Et, hasards de l'histoire (si, si, vraiment, vu le trajet qu'a suivi une caisse de vieux FNA avant d'arriver chez moi, on peut le dire), j'avais justement sous la main Brebis Galeuses !

 

Je le disais récemment au sujet des Triffides de Wyndham, la "vieille" SF m'inquiète toujours un peu. Observer la couverture n'était pas pour me rassurer, même si elle colle tout à fait à l'image que je me faisais d'un vieux truc  poussiéreux.

 

Brebis galeuse commence par la présentation de l'univers ovoïde dans lequel l'action prend place, univers sur lequel il est de très mauvais ton de s'interroger. Il d'ailleurs particulièrement dangereux de le faire à voix haute devant un inconnu rencontré au petit matin avant le bureau, comme Rolf l'apprend à ses dépends. La justice étant aussi rapide qu'efficace (au moins dans son cas), le voilà à temps dans le glisseur qui l'emmène au travail, sa peine s'étant résumé à une injection mystérieuse après un procès ubuesque. Et là, le drame. Voilà que ses fosses nasales le brûlent, qu'il se retrouve secoué de ce qu'il faut bien identifier comme un éternuement... Dans un monde où tout est aseptisé, les malades sont extrêmement rares et lynchés. Voilà Rolf contraint de fuir dans ces zones péri-urbaines où il parait que tout arrive... en tout cas, c'est bien là qu'il trouve ses semblables, condamnés à la maladie, et surtout un drogueteur qui va lui venir en aide.

 

A ma grande surprise, non seulement, ce roman se lit, mais en plus, il se lit bien. Soyons clair, pas de grande littérature ici, plutôt un style rapide, nerveux, des événements parfois à peine cohérents, des rencontres où tout s'enchaîne et des rebondissements à chaque chapitre, mais au final, j'ai beaucoup aimé laisser mon cerveau de côté le temps de la lecture. En tout cas, un avantage indéniable sur la bit-lit pour les soirs d'insomnie : même si les péripéties sont faciles, le tout me semble bien créatif, et oublier son esprit critique est un plaisir quand il ne s'agit que de découvrir et que ce qui va suivre, aussi grossier que ce soit, n'est pas prévisible. J'en sors avec l'idée que les romans d'aventures peuvent encore me surprendre, je lorgnerai du côté de mon étagère de FNA avec un oeil neuf maintenant...

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La Somme des rêves (Nathalie Dau)

3 Janvier 2013 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

somme-des-reves.jpgJ'ai hésité avant d'écrire ce billet, qui sera minimaliste, et n'existe que parce que je tente, encore et toujours, de garder des traces de mes lectures.

J'avais envie d'aimer La Somme des Rêves, car j'ai beaucoup de sympathie pour Nathalie Dau, et que j'ai aimé des choses qu'elle a écrites par ailleurs.

Mais...

Mais trop de fantasy pour moi. Une prophétie, une carte, des "malunes" et des "mendiances" pour découper le temps plutôt qu'avec des semaines et des mois, des magiciens éradiqués, un enfant mal-aimé par sa mère (très méchante, cette mère)... je suis allée au bout, mais vraiment par acquis de conscience, et je continuerai à lire les nouvelles de l'auteur, mais pas la suite de ce qui s'annonce comme plusieurs tomes dans le même univers.

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