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  Journalsemilitteraire

Jenna Fox, pour toujours (Mary E. Pearson)

31 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

JENNA2Jenna a complètement perdu la mémoire suite à un grave accident. Les choses les plus simples de la vie sont à réapprendre, même les relations avec ces gens qui se prétendent sa famille sont d'une complexité incroyable. Les mots du quotidien, ce qui semble aller de soi pour les autres aussi sont problématiques... mais moins que les questions que se pose Jenna sur la vie qu'elle découvre quand elle la compare aux indices du passé. Pour a-t-elle repris conscience dans cette maison californienne alors qu'elle vivait à Boston ? Pourquoi Kara et  Locke, qui seraient ses amis de toujours, ne se sont-ils pas manifestés pendant son coma d'un an et demi ?

Bien évidemment, un "lourd secret" se cache derrière tout ça. Jenna le découvre peu à peu, grâce à sa grand-mère Lily, la seule à ne pas prendre des pincettes pour s'adresser à elle.

 

Encore de la SF pour la jeunesse (Young Adult, même pourrait-on dire) qui se laisse lire facilement et s'engloutit en une soirée. Pour reprendre la quatrième de couverture, il est question "d'identité et d'éthique scientifique au coeur de ce roman d'anticipation", mais ce n'est finalement pas ce qui fait l'essentiel de son sujet. Au-delà du mystère qui entoure la survie de Jenna, les interrogations de l'adolescence s'installent en creux, et c'est une jolie histoire de passage à l'âge adulte.

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Le Jour des Triffides (John Wyndham)

30 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

triffides.jpgLorsque Bill Masen entend sonner l'heure, ce matin-là, il sait immédiatement que quelque chose a changé. Hospitalisé depuis près d'une semaine pour soigner ses yeux meurtris par du venin de Triffides, il attendait avec impatience ce jour où les bandages devaient lui être ôtés. Personne n'est venu pour sa toilette, personne ne réagit quand il sonne. Les heures passant, il se décide à enlever lui-même ses pansements pour aller voir ce qui se passe réellement, dans ce bâtiment où seuls des cris et des gémissements retentissent, et dans les rues où plus aucun véhicule ne semble avancer. Il a bien du mal à croire ce qu'il découvre : autour de lui, tout le monde est devenu aveugle. La veille, une extraordinaire pluie de météorites a illuminé de vert la terre entière... tous ceux qui l'ont aperçue ont maintenant perdu la vue.

Le voilà donc parti dans une Londres en perdition, où tous errent l'âme en peine et les bras en avant pour éviter l'obstacle. Évidemment, il n'est pas le seul à avoir eu la chance d'être épargné. Mais les voyants sont bien peu nombreux dans le chaos. Et autour d'eux, les Triffides se rassemblent...

Qu'est-ce que ces Triffides au fait ? Pour ma culture SF bien maigrelette en termes de textes fondateurs, une idée absolument géniale.

Quelques années avant le drame, ces plantes sont apparues en Russie, sans qu'on sache trop comment. Au début, elles paraissaient une bonne idée de culture, leur huile étant particulièrement nourrissante. Sans qu'on sache vraiment comment non plus (mais rien de choquant à cela, la narrateur, biologiste étudiant leur cas, ne peut nous en dire plus que ce qu'il sait), elles se sont propagées, ont poussé bien gentiment partout au début... jusqu'à ce que leur pousse une sorte de liane, un fouet muni de venin, fatal à l'homme et à tout animal. Si encore ces plantes se comportaient comme on l'attend de leur état végétal... mais non, car à l'âge adulte, elles se détachent de leurs racines, et changent de régime alimentaire pour se nourrir de viande.

 

Voilà une merveille de vieux roman. Pour être honnête, je ne m'attendais pas à ça en ouvrant ce roman de 1951. Nous sommes dans un roman post-apo typique pour ce qui est du parcours du héros (solitude, interrogation, contacts avec ses semblables, tentatives d'organisations de communautés...), mais ce qui parait parfois comme des passages obligés glisse tout seul. En toile de fond ténue, l'inquiétante présence des Triffides, dont personne ne se préoccupe dans un premier temps, tant les questions éthiques sont nombreuses. Faut-il sauver autant d'aveugles que possible ? Fonder un monde nouveau et balayer les valeurs passées ?

Paradoxalement, j'aime les histoires sombres et glauques, mais j'ai particulièrement apprécié qu'il n'y ait pas de surenchère dans la violence. Elle est bien assez présente dans l'ambiance en elle-même, et voir des hommes trop peu nombreux pour se chamailler le pouvoir ou une boite de conserve... ça fait du bien dans ce genre de roman. On s'y recentre sur la vraie question de la survie et de la reconstruction.

 

Je me dis d'ailleurs que la "vieille Sf" est capable d'être bien plus surprenante que celle d'aujourd'hui... bien sûr, il m'arrive d'être surprise, étonnée, émue, et que-sais-je-encore par des romans récents. Mais tourner les pages en se demandant avidement ce qui va arriver ensuite... c'est quand même un sentiment fabuleux, que j'aimerais trouver plus souvent.

 

Pour m'éloigner un peu plus encore du sujet, je compléterai par deux infos trouvées sur nooSFere :

- la première parution française fut en Fleuve Noire Anticipation ! Et voilà comment, sans le savoir, j'ai lu mon premier FNA ! Dans une autre collection, ok. D'ailleurs, j'en avais peut-être lu d'autre avant, mais au moins, pour lui, c'est sûr.

- en seulement deux traductions, ce même roman se trouve sous trois titres différents (Les Triffides, Le Jour des Triffides, La Révolte des Triffides). Immense déception quand je l'ai compris. J'aurais bien lu une suite ou un précédent, même si ni l'un ni l'autre ne manque.

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le Miroir aux éperluettes (Sylvie Lainé)

29 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

miroir.jpgJ'ai rencontré Sylvie Lainé lors de ma première convention de SF... en 2006. Il était quand même plus que temps que j'en lise quelque chose, d'autant plus que l'envie était là ! C'est enfin chose faite, avec Le Miroir aux éperluettes, mon unique achat aux Rencontres de l'Imaginaire de Sèvres. Salon que j'ai passé pour mon grand malheur à dépérir à cause des miasmes de l'hiver, déclinant tout au long de la journée. Tout ce que j'en retiendrai c'est que "ça avait l'air vraiment sympa", "bordel de f**, j'ai encore raté Karim Berrouka", et surtout beaucoup de gratitude au stand de Galaxies où j'ai pu agoniser tout l'après-midi.

Bref. J'ai testé pour vous le salon avec fièvre.

 

Revenons-en à l'essentiel, le recueil !

J'ai commencé ma lecture avec Un Signe de Setty, qui pourtant le termine. C'est pour ce texte que je l'avais choisi, après en avoir entendu parler à de multiples reprises. La narratrice a créé une réalité alternée, un ptimonde, où elle aime à passer du temps, comme Franck, l'un de ses amis. Lors d'une conversation nocturne, ce dernier lui suggère d'ouvrir cet univers très personnel à l'I.A. construite à partir des signaux de SETI. C'est ce qu'elle fait, ce qu'ils font tous les deux, chacun de leur côté. Et la rencontre a lieu...

 

Thérapie douce m'a grandement laissé sur ma faim. La narratrice est contactée en tant que "spécialiste des rencontres humaines chaotiques", afin de suivre un programme expérimental qui consiste à tester des relations non conflictuelles avec les autres, dénouées de malentendus et de maladresses. Le traitement est simple : quelques pilules du bonheur, quelques rendez-vous avec le charmant Gabriel, jusqu'au moment où tout s'arrête et où il faut faire la bilan. Et... et c'est tout. Il est rare que je relise un texte, mais c'est ce que j'ai fait, persuadée que quelque chose m'avait échappé, sans trouver quoi. On dirait une nouvelle fantastique au sens premier du terme, le doute naissant de cette fameuse pilule, mais je suis frustrée de rester sûre de ne pas avoir compris.

 

La Bulle d'Euze en est bien une, de nouvelle fantastique (avec un peu de science dedans), où une mystérieuse inconnue cherche la bulle parfaite dans une Nébuleuse, un cocktail qui ne prend tout son sens que dans un rayon de soleil, pour que l'amour disparu y apparaisse.

 

La Mirotte est une histoire d'espoir, où il est question d'opérations qui permettraient de recouvrer la vue à ceux qui ne l'ont jamais eue ou l'ont perdue. Une belle histoire sur les jeux de miroir entre soi-même et autrui.

 

La très courte Question de mode tranche agréablement avec le reste. Si la majeure partie des nouvelles est délicate, poétique... ici, nous voilà dans un humour un peu corrosif sur le culte des apparences. Et la chute apparaît comme un bon pied de nez. Un Rêve d'herbe, nouvelle brève aussi nous replonge dans le fantastique avec délicatesse...

 

Pour conclure, lire ce recueil, c'est agréable, très agréable, même !

Et il y a un énooooooorme avantage qu'on n'a pas assez souvent l'occasion de souligner : les Trois Souhaits, voilà enfin un format idéal pour un sac de prof dans le bus. Sérieusement. Ma liseuse est un tout petit peu plus encombrante, mais je refuse de lui faire prendre des risques en la trimballant partout, les grands formats empêchent mon sac de fermer, les livres de poche standards impliquent des rangements de sioux, bref, merci ActuSF !

 

 

 

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L'Homme des jeux (Iain M.Banks)

28 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

culture1.jpgNon, je n'avais pas lu Banks.

Oui, j'en avais honte.

(Enfin, pas plus de quelques secondes à la fois).

Mais je viens de m'y mettre.

Et je crois que je suis partie pour me faire tout le cycle de la Culture...

 

La Culture rassemble une myriade de galaxies, de peuplades, d'IA... dans une vaste utopie où tout le monde vit plus ou moins en harmonie. Les lois sont peu nombreuses, voire tacites, et de ce fait, les crimes sont rarissimes.

Contact est l'institution chargée de prospecter toujours plus loin pour permettre aux civilisations nouvellement découvertes de rejoindre la Culture. Bien entendu, les choses ne peuvent se faire en un claquement de doigts, et l'idée est celle d'une assimilation progressive, qui prend le temps dont elle a besoin.

Gurgeh est un célébrissime joueur-de-jeux, peut-être en fin de carrière lorsque pour la première fois de sa vie, il est amené à tricher malgré ses propres convictions. Victime de chantage, il décide d'accepter une proposition faite par Contact : une mission à des années-lumière, où il aura à jouer, simplement à jouer. A l'Azad, jeu qui régule tout dans un système solaire lointain : l'Empereur est le vainqueur, les différents postes à responsabilité sont occupés par ceux qui arrivent classés immédiatement en-dessous...

 

Ce roman est touffu, ardu, dense. Les implications du jeu (d'Azad, ou du jeu de manière générale, ou métaphoriquement si on pense à la vie quotidienne et aux relations humaines...) sont multiples et invitent à des réflexions poussées. Pour n'en prendre qu'une, centrale, celle du jeu politique. L'Azad est complexe et différent de tous les jeux connus, mais ses aspects protéiformes m'ont rappelé bien des choses, liées à ma vie antérieure d'animatrice/formatrice, où on poussait la réflexion sur ce qu'est un jeu, sur les implications de l'élimination, de la coopération, de... la scénarisation. J'ai aimé ce roman parce que j'aime jouer. Et que jamais encore, pas même dans La Stratégie Ender, je n'avais trouvé quelque chose d'aussi bon qui traite ainsi du jeu comme miroir de nos vies.

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Légendaire (anthologie réalisée par S.Marsan)

27 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

legendaire.jpg

En découvrant ce livre sur une table de la bibliothèque (une sélection spéciale fantasy, à l'occasion de la sortie de The Hobbit), j'ai d'abord pensé "Tiens, une nouvelle de David Calvo et une de Roland C Wagner dans le même recueil, il ne peut pas être foncièrement mauvais ! ", tandis que la voix de la mauvaise foi ajoutait "... pour de la fantasy."

 

Eh bien, voilà le genre de recueil qui me réconcilie un peu avec le genre. Non que je sois fâchée. Juste bien en peine d'y trouver des choses qui me plaisent à côté de beaucoup de déceptions. J'ai fait quelque chose de mal, d'ailleurs, je n'ai pas tout lu selon mon critère personnel simple de saturation fantasyque : tout ce qui ressemblait trop à un univers médiéval au bout de quelques paragraphes a été laissé de côté... Même Laurent Genefort, dont Points chauds m'a pourtant beaucoup, beaucoup plu.

 

Mais qu'ai-je donc lu alors ? Du bon, je vous le dis, du bon ! Songe Ophidien, de Mathieu Gaborit, ouvre cette antho avec l'histoire d'une fillette méduse dont les serpents sont malades, à cause d'un gnome qui circule à travers les tableaux. L'intrigue n'a rien de bien original, mais la naïveté de la fillette donne beaucoup de poésie au texte.


J'ai ensuite découvert Fabrice Colin (il était temps) avec Forgiven. Je suis un peu plus partagée . L'ambiance d'une Londres victorienne, parallèle à une ville rêvée (au sens propre... enfin, propre pour ce qui est du rêve, donc figuré, mais propre quand même...), les personnages m'ont séduite et convaincue mais je dois admettre qu'un certain nombre de détails m'ont paru flous, notamment dans la fin de la nouvelle. Je suis un peu déçue par cet auteur que je n'avais jamais franchement lu et dont j'attendais beaucoup... disons que c'est parce que son texte s'inscrit dans un ensemble plus grand que je ne connais pas et qu'il a progressé depuis.


Un bon en avant m'a emmenée jusqu'à La nuit des labyrinthes, de David Calvo. Je m'acharne à le dire, mais ce type a vraiment du talent pour planter des bizarreries qui ont l'air les plus naturelles du monde. Deux enquêteurs cherchent à comprendre comment une fleur, la Celestia, a totalement disparu de la ville de Marseille. Notons que l'un d'entre eux a d'ailleurs brièvement été une plante, assez longtemps pour en garder la couleur verte.


Mademoiselle Belle, de Laurent Kloetzer, raconte la folle nuit d'un écrivain dans un étrange domaine, où sous des couverts de bonne société se cache une décadence toujours croissante et de plus en plus inquiétante. Le narrateur se sait parfois peu recommandable, mais avance aussi dans ses perversions, entre dégoût de lui-même et interrogations sans réponses... un très beau texte, peut-être mon préféré.


Quelques mots de Pour une poignée de cailloux, incursion de Wagner en terres de fantasy ? Rapides, alors. C'est bien sympa, très (trop ?) bref mais efficace, on sent que l'exercice amuse l'auteur et la matière du conte merveilleux est modelée à la sauce parodique.


Et enfin, une bonne semaine après le reste, la dernière nouvelle. Je pensais en rester là mais savoir que Contre la fatalité, de Magali Ségura avait eu le Bob Morane m'a paru un bon argument... et j'ai tout bonnement adoré ce texte. Voilà, enfin, pour une fois, de la fantasy avec un personnage de tueur qui me séduit. Aldéric, surnommé le mercanti, rencontre une Oriel, sorcière protectrice d'une famille qui se propose de lui montrer son avenir. Le voilà se réveillant après avoir failli mourir gelé chez une femme élevant son fils seule, femme qui a l'outrecuidance de ne pas le craindre, voire pire, de le traiter en être humain. Si la première moitié du texte est finalement bien classique (la perpétuelle histoire de la grosse brute séduite par de braves gens), l'histoire bascule ensuite de manière inattendue et propose une relecture d'elle-même.

 

 

En plus des nouvelles, un des aspects de cette anthologie qui m'a particulièrement amusée est son âge. Si, si. Je lis soit des nouveautés ou des choses récentes (de 2 ou 3 ans d'âge, en moyenne), ou bien des grands classiques de la SF, ou bien des grands classiques tout court, et ce livre m'a fait du bien. Il m'a rappelé que les livres ne se périment pas, et que même quand tout le monde semble en avoir oublié un (i.e. qu'on n'en trouve pas grand-chose de récent sur le net), ce n'est pas pour autant qu'il mérite d'être délaissé...

Et lire les biographies d'il y a 12 ans d'auteurs dont on sait ce qu'ils sont devenus... c'est quand même quelque chose !

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Les orphelins du temps (Margaret Peterson Haddix)

20 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

orphelins-1.jpgJe vous ai déjà parlé de mon concept de la lecture d'après-minuit, je crois, qui consiste à lire toute réflexion éteinte, un peu comme d'autres s'abrutissent devant la télé jusqu'à trouver le sommeil ?

 

Ma dernière lecture dans ce créneau et cette (non)disponibilité de cerveau a été ce La Liste et La Fuite.

Jonah a toujours su qu'il avait été adopté, contrairement à son ami Chip qui le découvre par hasard lorsque lui aussi reçoit une mystérieuse lettre de mise en garde. Ils mènent l'enquête avec Katherine, la petite soeur de Jonah, et découvrent que leur existence est au coeur d'une affaire soigneusement cachée par le FBI depuis 13 ans... à force de recherche (et de coup de main de mystérieux inconnus, surtout), ils parviennent à trouver la trace d'un témoin qui pourrait leur révéler la vérité sur leurs origines et....

 

Et voilà, je vais spoiler. Parce que même si chaque tome fait dans les 300 pages, les interlignes et la police sont énormes, et nous sommes dans un roman plié en deux heures.

Spoilons, donc.

...et ce qu'ils découvrent dépasse l'entendement. Treize ans plus tôt, un avion venu de nulle part a atterri avec à son bord des nouveaux-nés uniquement. Jonah et Chip faisaient parti de ceux là. Leur point commun à tous ? Ils viennent d'un trafic d'enfants qui devait permettre l'adoption à des couples du futur, avec ceci de particulier que tous sont des enfants star de l'histoire, assassinés dans leur jeunesse, promis à un destin tragique sans leurs sauveteurs temporels. A ceci près que leur livraison a mal tourné, des agents du futurs s'opposant aux répercussions sur l'histoire. Ils l'apprennent lors d'une folle journée consacrée à l'adoption où, comme les choses sont bien faites, toutes les familles adoptantes et leurs enfants sont venues de leur plein gré. Voilà nos orphelins enfermés dans une grotte hors du temps, dont les héros ne sortent qu'en faisant un bon... au XVe siècle, époque dont Chip et un certain Alex sont originaires, puisqu'ils sont Edouard V et Richard de Shrewsbury.

 

Je passerai plus vite sur el second tome, où nous les retrouverons reprenant leurs esprits dans les toilettes des orphelins-2.jpgjeunes princes, durant la nuit où les sbires du futur Richard III tentent de les assassiner. Les enjeux n'ont rien de bien surprenant : comment rentrer, comment épargner au maximum l'histoire, mais surtout, comment faire pour éviter à Chip et Alex de ne pas se laisser attacher à leurs traceurs, marques qui agissent comme l'histoire doit se passer ?

 

Malgré un pack grosses ficelles et gros sabots, j'ai bien aimé ces deux romans. Lus vite, simples... peut-être un  bon début pour faire goûter aux jeunes lecteurs le frisson des intrigues qui tournent autour des voyages temporels. L'idée d'enfants célèbres arrachés à leurs époques m'a particulièrement séduite, mais...

... mais si nous avions été dans un roman pour adultes, j'espère bien que la problématique de ces familles futuristes et des l'organisation qui chapeaute tout ça aurait été développée. Au final, mes choses sont si simples qu'elles en sont presque simplistes, et je me suis sentie vieille en soupirant un peu trop souvent aux facilités de l'histoire ou des dialogues. Encore une fois, un roman jeunesse dont je ne suis pas la cible et où j'en ai conscience, même si je ne doute pas que j'aurais été fan, adolescente.

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Narcogenèse (Anne Fakhouri)

17 Décembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

narcogenese.jpgVoilà longtemps, longtemps que je voulais lire quelque chose d'Anne Fakhouri ! Je me désolais de ne pas le trouver dans les rayons de ma bibliothèque habituelle, je pleurais de n'avoir trouvé personne à qui l'emprunter, bref, il ne me restait qu'une solution : l'acheter. Fou, non ? Et je l'ai fait lors des dernières Utopiales. J'hésitais pour une raison très simple : dans mon budget livres que je répartis un peu n'importe comment, il y a toujours un tas de priorités et le fantastique me rend frileuse. D'un autre côté, du fantastique, peut-être, mais l'Atalante. Un bon argument.

 

Eh bien, ça y est, je l'ai lu, et je ne regrette rien !

Une famille de notables est dominée par un matriarcat froid et austère depuis plusieurs générations. On se marie au domaine, on vit au domaine, et tant pis pour la décrépitude des lieux, le parc est bien assez grand pour accueillir les jeux des enfants et la tranquillité garantie par des gardiens efficaces. Louise, l'une des filles, est infirmière et travaille auprès de malades plongés dans le coma, qu'elle retrouve dans leurs rêves pour les guider vers la sortie que sera la reprise de conscience.

Or, pour une raison mystérieuse, des disparitions d'enfants se multiplient dans la région. Un point commun : des pièces closes, rien qui ne laisse penser à une fugue, et des troubles du sommeil dans les jours qui ont précédé... Simon, jeune lieutenant de police, se voit missionné pour enquêter. Jusqu'à ce que son neveu, aimé comme un fils, disparaisse à son tour, tandis que le charme envoûtant de la soeur de Louise n'opère avec de plus en plus de force sur lui...

 

ACHTUNG ! SPOILERS INSIDE...

 

Vous savez quoi ? J'ai eu l'impression de lire un excellent roman... de blanche. Les aspects fantastiques du roman (un démoniaque marchand de sable, le pouvoir des femmes de la famille) m'a laissé un peu sur ma faim, la petite voix qui se fait entendre dans ma tête ayant très tôt joué à "Tiens, il va se passer ça..." pour gagner presque à tous les coups. Presque, pas tous. Mais suffisamment pour que le noeud du mystère perde de son intérêt pour moi, tandis que les liens entre les personnages et l'étrange atmosphère du Chais, le domaine ancestral m'ont portée jusqu'à la fin. J'aime la façon d'écrire d'Anne Fakhouri. Les lieux prennent vie, et ses personnages sont crédibles et réalistes, et derrière un peu de pathos, tous désespérément seuls et en quête de l'autre.

 

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