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  Journalsemilitteraire

Elliot du Néant (David Calvo)

17 Novembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

elliot-copie-1.jpgJe sais que ça marche souvent avec moi, à la condition que je connaisse la personne qui me le dise. Mais au sujet d'Elliot du néant, le meilleur à en dire serait : Lisez-le. Rien de plus.

Je ne m'aventurerai pas à en faire une critique (une excellente à lire là, d'ailleurs), ni même un résumé. Par contre, je vous expliquerai pourquoi je suis si catégorique dans l'injonction ci-dessus.

Elliot du Néant est un OLNI, un bouquin complètement à part, au-delà des codes habituels et repompés. Je me dis parfois que l'originalité n'est pas forcément ce que je cherche, même si ça me plaît, tant il est fréquent de trouver un titre qui sort des sentiers battus et de découvrir qu'il a quelques semblables, plus anciens ou contemporains. Pourtant, Calvo signe ici une oeuvre bien particulière.

Au début, on pourrait croire qu'il y a une histoire. Enfin, qu'il n'y que une histoire. Elliot du Néant est peut-être surtout une expérience de lecture, une immersion onirique dans un monde halluciné et dense, très dense, de ceux qui méritent relecture. Une galerie de personnages, de sensations, de références littéraires Je n'aurais pas parié sur un retour volontaire à Mallarmé après la fac, et pourtant, c'est aussi ça qu'a réussi Calvo.

 

Cette lecture date d'il y a quelques mois, mais j'y reviens car elle est à l'origine de ma seule frustration des Utopiales. Elliot du néant figurait parmi les finalistes de prix Européen Utopiales Pays de Loire, qu'il n'a pas eu. J'avoue que je n'avais pas lu tous ses concurrents, mais l'annonce des résultats m'a stupéfaite : ce roman risque de passer inaperçu, alors qu'il mérite largement qu'on parle de lui. Oui, c'est quelque chose d'exigeant (je n'irai pas jusqu'à dire "élitiste"), oui, c'est déroutant, non, ce n'est pas une construction classique... mais bon sang, ce que c'est bon.

 

Bref. Lisez Elliot du Néant.

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Utopiales 2012

12 Novembre 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Chaque année, je me sens alien quand arrive le mois d'octobre. Oui, dès octobre, c'est la grande euphorie à la veille des Utopiales, pèlerinage annuel qui me fait trépigner d'impatience, même si je l'attends avec un tout petit peu moins de joie que ces voyages hors de la réalité que sont les conventions. J'aime ces espaces hors du temps, hors du réel, même, pourrais-je dire en songeant à la tête de mes collègues qui ont le malheur de me demander ce que je ferai/ai fait de mes vacances, à qui je commence par répondre "Nantes, festival", avant d'ajouter "science-fiction", avec le sourire niais de qui ne se rend pas bien compte que la photocopieuse est capricieuse ce matin et que la 5e des Enfers l'attend. Enfin, avec ceux-là, on est dans une réalité si extravagante qu'elle semble parfois irréelle aussi...

 

Et les Uto de cette année alors ?

Eh bien, elles furent belles ! J'ai assisté à une demi-douzaine de tables rondes, dont aucune ne m'a déçue. Entre autre celle intitulée Du scénario à l'histoire, qui remet les choses au clair sur les différences de médias (et écouter Damasio... ahhh... ), et puis l'improbable Conférence The Big Bang Theory : l’humour sert-il la science ?, à se garder sous le coude pour les soirs de dépression. Le programme m'a paru globalement plus riche cette année, et je ne peux que remercier ActuSF d'être là pour que je puisse rattraper mes multiples frustrations !

 

Parmi elles, un mot particulier pour l'hommage à Roland C. Wagner. L'exercice était éminemment complexe, et les intervenants, choisis parmi des proches amoureux de science-fiction ont été admirables par leur talent à présenter un auteur si particulier dont la disparition est encore si récente. Admirables aussi pour la pudeur dont ils ont fait preuve, tandis que nombre de spectateurs se tamponnaient les yeux, des gens comme moi, de ce "peuple de la science-fiction" pour reprendre ses mots.

 

Plusieurs de ses romans sont d'ailleurs revenus avec nous. N'oublions pas la librairie, lieu de perdition sans fin ! Entre des mètres, que dis-je ? des kilomètres ! de titres qu'on ne trouve réunis que là, on peut largement s'y perdre et oublier de surveiller l'heure à laquelle commence la conf' qu'on avait pourtant méticuleusement cochée.

 

Et les auteurs en dédicace ! J'aime les dédicaces, j'adore ça. Au fond, je m'en fiche, d'avoir un gribouillis d'auteur sur mes bouquins, par contre, j'aime cette ambiance où, tout à coup, l'auteur, cet être étrange, est là pour nous lecteurs, accessible, réjoui de parler de ce qu'il fait à quelqu'un de ravi de l'entendre et d'échanger... pour moi, c'est le prétexte idéal. Pourtant, j'en côtoie, parfois même de près, des auteurs. Mais face à eux, je redeviens timide. Parce qu'ils sont des créateurs d'univers dans lesquels je me suis plongée, et que j'ai une relation viscérale à la lecture. Quand l'homme (ou la femme) se trouve devant moi, j'ai toujours un sentiment de vertige, plus ou moins marqué, au souvenir de ces heures passées entre les pages sorties de son esprit, l'impression d'une intimité qui n'existe pas ailleurs que dans la lecture. Rien que leur dire que j'ai adoré leur bouquin me fait plaisir, même si c'est l'entrée en matière la plus simpliste qui soit.

 

Pour conclure, pas le butin de l'année, mais une petite photo des livres trimballés pendant ces quatre jours. Entendons-nous bien. Par "trimballer", je veux dire "qui sont passé dans mon sac à un moment ou un autre", hein, pas tout en même temps. Et non, tout n'a pas été acheté, le tout inclut des SP et surtout bon nombre de titres emmenés spécialement pour la dédicace :

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