Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
  Journalsemilitteraire

Les finalistes du prix Rosny (catégorie romans)

31 Août 2012 , Rédigé par Angua

Comme le monde entier le sait déjà, c'est celui qui était loin au-dessus des autres qui l'a remporté cette année. Au-delà des circonstances, Rêves de Gloire méritait sans contestation de gagner ! Mais j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer tout le bien que j'en pense...

 

Mais les autres ? Ces autres romans finalistes, qu'en est-il ? Ils méritent qu'on parle d'eux, car même si le résultat était sans suspens, il y avait néanmoins du bon, voire du très bon aux côtés du vainqueur.

 

Dans un ordre totalement anarchique, il y avait donc :

 

D'or et d'émeraude, d'Eric Holstein. Un autre chouchou, pour lequel j'aurais sans doute voté s'il n'y avait eu le Wagner.

Tout commence de nos jours, en Colombie, comme un roman de "blanche" (rassurez-moi, il n'y a que moi qui pense or-emeraude.jpg"coke" ou "héro" en utilisant cette pauvre expression qui désigne ce qui est hors-SFF ? ). Simon, le personnage principal, y a été adopté dans sa tendre enfance, et finit par y retourner à l'âge adulte, horripilé par le discours ambiant qui consiste à lui dire qu'il est primordial qu'il connaisse ses origines (desquelles il se moque à peu près comme de l'an 40). Sur place, il découvre l'orphelinat où il a été déposé à la naissance, et surtout l'étrange jardinier des lieux, ancien FARC repenti qui semble lui accorder un intérêt particulier. Intérêt qui s'explique peu à peu : il connaît son père biologique et a bien l'intention de les présenter. D'autant plus qu'il prétend connaître les rêves inquiétants que fait Simon depuis son arrivée sur la terre de ses ancêtres... je n'ose vous en dévoiler davantage sur cette première partie. La deuxième débute brutalement au XVIe siècle, avec Quesada et ses conquistadors, alors proches du désespoir sur l'Altiplano où l'Eldorado semble un peu plus rude à atteindre que prévu... et le lecteur bascule dans le roman historique. A priori. J'ajoute que la 3e partie est une uchronie bluffante ?

J'ai tout bonnement adoré ce roman. Pas uniquement pour la richesse de sa construction, aussi pour la force des personnages, l'intelligence de la réflexion historique et politique, l'apport progressif des explications livrées aux lecteurs et la part de réflexion qui lui est laissée.

 

Treis, altitude zéro, de Norbert Merjagnan, belle suite aux  Tours de Samarante.

Philippe Curval a dit de ce roman qu'il est "éminemment sexuel", ce qui m'a laissé sans treis.jpgvoix. Rétrospectivement, si, un peu quand même, dans le sens où nous sommes encore dans une matrice de la ville, devenue personnage à part entière à travers Cinabre, plus connectée que jamais. Les personnages se complexifient, la trame narrative est beaucoup plus riche... j'ai trouvé ce tome beaucoup plus réussi que le premier, déjà réjouissant. Peut-être parce que l'univers, riche, est suffisamment installé dans l'esprit du lecteur pour pouvoir se développer et s'étendre confortablement tout en laissant comprendre qu'on est loin d'en faire le tour... et Treis n'est pas qu'un roman d'ambiance, malgré ce que pourrait laisser penser ce qui précède.

 

Je suis ensuite bien en peine de vous parler de Léviathan - la Chute, pour cause que je le confonds avec Léviathan - La Nuit. Que je les vois plutôt comme un seul et même bouquin dont un leviathan-chute.jpgmalveillant aurait arraché la fin, car c'est un vachement bon thriller dont les pages se tournent seules et de plus en plus vite. Que j'aurais juste envie d'écrire "Mais donnez-moi la suite, bordel!", ce qui serait certes spontanné, mais peu constructif...

Le personnage principal, Michael, est un océanographe incapable de prendre la mer depuis un naufrage qui a provoqué la disparition de ses parents dans son enfance. Néanmoins passionné, il s'embarque pour une mission en Antartique dont tous, collègues et famille, ont essayé de le détourner sans succès. Bien évidemment, il vit mal le fait d'être en mer, surtout lorsqu'il se persuade que les grands cétacés l'appellent... mais au fait... Michael est pourtant stable, d'un point de vue psy, et c'est une bien curieuse forme de mal de mer que ce type d'hallucination... il y a finalement des raisons beaucoup plus complexes que le simple confort psychologique de Michaël dans l'acharnement de son entourage à l'empêcher de partir. Comme le découvre le lecteur au fil des pages, sa vie n'est qu'une masquarade, il vit au coeur du complot dans toute sa splendeur, depuis son enfance, sans jamais l'avoir soupçonné...

 

Au rayon des lectures qui datent, je ne peux pas oublier Bankgreen, de Thierry Di Rollo. Lesbankgreen.jpg puristes se demandent encore ce que vient faire ce roman orienté fantasy parmi les finalistes du Rosny, question légitime, mais le simple fait de pouvoir se la poser montre la force du texte. J'en retiens surtout une chappe de plomb noire et mauve, qui pèse sur Bankgreen, monde où rien n'est gratuit, dans lequel avance le dernier Varanier tel une Parque en quête de ses impossibles semblables... je me contenterais de dire ici que c'est un beau, un magnifique texte, même si ce n'est pas mon préféré de cet auteur (que tous ceux qui passent par ici sans avoir lu Meddik notent son titre sur leur LAL, avec priorité haute)

 

etoiles.jpgAux antipodes, ma lecture la plus récente : Les Etoiles s'en balancent de Laurent Whale. Voilà qui remet d'applomb après l'enfer tragique de Bankgreen ! Nous sommes dans un monde post-cataclysmique, où la fin du monde a eu lieu sous une forme économique, obligeant les hommes à se rassembler dans des villes fortifiées pour y vivre plus ou moins en autarcie. Tom, le héros (oui, là nous sommes dans le type de roman où on peut parler de héros autant que de personnage principal), est aviateur et fait le lien entre ces enclaves. Mais d'inquiétantes nouvelles arrivent du nord, avec une exode imprévue qui risque de mettre à mal les nombreuses micro-sociétés qui survivent... Voilà un bon roman d'aventures où les rebondissements s'enchaînent (pénible pour ceux qui, comme moi, s'accordent "encore un chapitre" avant d'éteindre quand le réveil indique une heure déjà indécente), où l'écriture sait être nerveuse sans être pauvre. Toutefois, je crois que ce que j'ai préféré se cache dans les détails, dans ces chapeaux qui ouvrent plusieurs chapitres et laissent esquisser ce qui a amené l'humanité là où elle en est. La suggestion y est à la fois intelligente et redoutable, et transforme ce qui a priori est un simple divertissement en roman beaucoup plus profond.

 

Restent maintenant les deux titres qui m'ont laissé perplexe.

Tout d'abord, l'Ardoise magique, d'Anne Lanièce.

ardoise-magique.jpgIl y avait longtemps que je n'avais été tiraillée ainsi. D'un côté, j'y vois de réelles qualités, et de l'autre... j'ai détesté, à titre personnel. L'Ardoise magique met en scène une bande d'intellectuels parisiens, émoustillés par leurs vies personnelles et la découverte d'une forme de vie soumarine aux propriétés encore à découvrir. L'ambiance est feutrée, toute de dialogue et d'articles de presse, l'action est racontée de loin, de très loin même, les préoccupations personnelles font écho aux questions scientifiques. Je ne chercherai pas plus loin : c'est très exactement ça, les petites vies de ces personnages qui m'a gênée. Je déteste les romans contemporains basés sur les pseudo-psychologies de couple, et en voir un se liquéfier pour des raisons si absurdes à mes yeux m'a juste donné envie de hurler de frustration. C'est d'ailleurs signe, je pense, que ce roman fonctionne, puisqu'il m'a touchée à ce point-là. Il aura suffit d'une phrase : "J'ai 29 ans" dit la grognasse le personnage féminin qui veut convaincre son mari de faire un enfant. IRL, j'ai des choses très concrètes à répondre sur le sujet. Dans une lecture que je fais pour le plaisir, sinon par curiosité, ce n'est pas ce genre de questions que je cherche.

Autre indice qui me persuade que ce roman en vaut la peine : à plus d'une reprise, j'ai pensé Butor et Robbe-Grillet... pour mémoire, ce dernier n'est pas franchement ma tasse de thé non plus.

 

Et enfin, pour finir, La Guerre des Chiffonneurs, de Thomas Geha.guerre-chifon.jpg

J'ai détesté aussi, mais j'en suis beaucoup moins troublée que pour le précédent. Pourquoi ? Eh bien... parce que nous sommes dans du Space'Op à l'ancienne, avec les personnages du même tonneau, un ensemble basé sur l'action, rien que l'action, encore de l'action, saupoudrée deci-delà d'une partie de jambes en l'air avec la nymphomane de service. En fait, ce n'est pas du tout ma came, mais la lecture est facile, rapide, distrayante, et je suis persuadée (peut-être à tort) que les amateurs y prennent le même plaisir que moi à lire de la mauvaise bit-lit (sait-on jamais, peut-être y en a-t-il de la bonne ?). Bref, je n'aime pas, mais ce roman ne mérite pas qu'on lui crache dessus pour autant.

Lire la suite

Mise à jour de Liste à Lire

31 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

Quelque part dans ce blog, traînait une liste de titres à lire. Des livres que j'ai, qui sont sagement rangés (et il vaut mieux pour ma sécurité, je risquerais ma vie chaque nuit passée près de ma table de chevet si je pratiquais la PAL). Une liste si poussiéreuse que je n'arrive même pas à remettre la main dessus, d'ailleurs, c'est dire l'importance que je lui donnais.

 

En ces lendemains d'événement-science-fictif-annuel-à-forte-charge-émotionnelle, en cette veille de rentrée (événement par lequel, à l'heure actuelle, je n'arrive pas à me sentir concernée), je me dis que faute de noter des trucs sur mes lectures du mois, je pourrais tenter, je dis bien tenter une liste de trucs à lire prochainement. Dans un futur hypothétique pas trop lointain de préférence. Avant les Utopiales, par exemple, même si en me fixant une date-butoir, l'anarcho-bordélique qui sommeille en moi grommelle déjà.

 

Dans un monde parfait, donc, prochainement, je devrais lire :

- Le Dieu était dans la lune, d'Hervé Thiellement, fini le 4 septembre !

- Les tangences divines, de Franck Ferric fini le 6 septembre 

- H.P.L., de Roland Wagner fini le 6 septembre

- Les faux-monnayeurs, de Gide fini le 14 septembre

- Dune, tomes 1 et 2, de Frank Herbert (lus au lycée... l'heure de la relecture a sonné, je ne me souviens que d'une histoire de vers géants, de distilles et de désert, soit bien peu de choses) Tome 1 fini le 9 septembre, tome 2 le 18.

- trois pièces de Musset dont le titre m'échappe : Il ne faut jurer de rien, lue le 16/09, restent On ne badine pas avec l'amour lu le 20 septembre et Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée.

- Géante Rouge n°11, le dernier Galaxies

- Cette chère humanité, de Philippe Curval

- une BD, type "roman graphique", prêtée depuis des lustres, dont j'ai totalement oublié le titre

- Sanshodo, de Jean Milleman.... et au 3 octobre, le tout fut fini !

 

Bon.
Et tout ça spontanément, sans réfléchir. N'imaginons pas ce que ça donnerait si je quittais mon bureau pour aller réfléchir devant ma bibliothèque.

En supposant que je ne mette pas les pieds dans une bibliothèque, que je ne redécouvre pas de truc oublié sur une étagère, qu'on ne me prête rien, que je ne franchisse pas le seuil d'une librairie, que mon entourage (qui contient son lot de (gros) lecteurs) ne me mette pas de trucs dans les mains, que je n'ai pas d'envie frénétique de tel roman, là, tout de suite maintenant... c'est peut-être jouable. Mais finalement, il y a longtemps que je ne m'étais pas sentie si prétentieuse !

Lire la suite

Les aventures de Vicki Nelson (Tanya Huff)

10 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

Après l'annonce de la disparition de Roland C. Wagner, je n'était plus franchement d'humeur à avancer dans ma lecture des finalistes du prix Rosny. Ni de SF d'ailleurs, ni de n'importe quel autre bouquin qui pouvait demander la moindre connexion neuronale.

Je me suis souvenue que j'avais emprunté ceci :

Couverture

La couverture vous laisse penser qu'il s'agit d'une Nième histoire de bit-lit dont le héros est une femme d'une nature solitaire, mais au fort caractère ? Qu'elle hésitera entre deux bellâtre, avec de préférence un mort-vivant dans le lot ? Qu'un terrible monstre sèmera des victimes qui auront horriblement souffert, ou mieux, encore, que le monde serait menacé ?

Dans ce cas vous avez raison. Dès les dix premières pages, c'est confirmé.

Et vous savez quoi ?

C'est immensément reposant à lire.

Lire la suite

Des aliens pour la jeunesse

8 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures jeunesse

Il y a quelques mois, je me suis lancée dans une quête qui n'était pas censée en être une : celle d'albumS pour enfants contenant des extra-terrestres.

Et pourtant.

J'ai mis sur la piste les spécialistes que j'avais sous la main : parents d'enfants jeunes et moins jeunes, lecteurs de SF et bibliothécaires.

Et... rien.
Ou presque rien, si peu en tout cas que le bibliothécaire de la Municipale ma Voisine en est encore esbourdi et s'interroge aussi profondément que moi sur ce manque. Des BD pour "jeunes" lecteurs (oui, "jeunes" entre guillemets, plus d'une m'a régalée), on en trouve, des romans "premières lectures" de qualité diverse, aussi.

 

Voilà néanmoins le fruit maigre de ma moisson d'albums:

 

grrick.jpg- Grrick, d'Alan Mets. Le narrateur, un jeune cochon, se rend en ronchonnant à l'école quand tout à coup une soucoupe se pose devant lui... et le voilà enlevé et empaqueté pour être offert à un enfant extraterrestre qui ressemble férocement à un cornichon !

Je ne suis pas fan de cet album. Une sombre histoire de valeurs que ça véhicule (je n'aime pas qu'on devienne copains en se mettant des coups sur le nez, et pas l'ombre d'un personnage féminin) mais bon... il s'avère que le public a été totalement conquis, peut-être parce que le jeu de mots final leur a échappé (et oui, ils finissent... "copains comme cornichons !")

 

 

 

- Bidou, d'Alexis Deacon.bidou.jpg

Ah, Bidou...

Là, c'est un vrai coup de foudre. Bidou est une petite extra terrestre perdue sur Terre, planète hostile où elle essaie de se faire sa place... mais les lapins n'ont pas de conversation, et le carton de chiots où elle s'installe lui vaut d'être jetée hors du refuge... Cet album est merveilleux. Le graphisme est sympa, rond, doux, l'histoire pleine de rebondissements dans un monde où tout n'est pas tout blanc ni tout noir (sans faire peur, c'est important pour des enfants de ma connaissance, ça) ce fut une découverte qui m'a plu.

 

- Enfin, A.L.I.E.E.N, de Lewis Trondheim, et Les mammouths, les ogres, les extra-terrestres et ma petites soeur, de A.Cousseau et N.Choux, dont je ne vous dirai rien car je ne l'ai pas eu entre les mains. Mais, qui sait ? Si quelqu'un est pris de la même idée tordue que moi, la référence peut servir !

 

Et, en matière d'albums.... c'est tout !

Si quelqu'un a une explication, je ne demande qu'à la connaître.

 

Une brève synthèse des premiers romans que j'ai eus dans les mains, pendant que j'y suis, où là, par contre, je suis sûre de ne pas avoir épuisé la question. Donc, j'ai lu :

 

attention-extraterrestres-949.gif- Attention aux extra-terrestres, de Benoit Jacques. D'abord lu d'un oeil distrait, j'ai détesté. Le graphisme m'a laissé froide, ma filleule (7 ans, lit toute seule, beaucoup, et aime ça) avait détesté aussi, et l'histoire... brof. Et puis, déprimée par la vacuité de ce que j'avais trouvé en matière d'album, je l'ai relu, même si ce n'en est pas un. En prenant mon temps cette fois, en regardant réellement les images. Le secret était là : voilà une histoire pour enfants qui s'accompagne bien d'un adulte ! Et voilà comment j'ai passé un temps fou à scanner les images (je sais, c'est mal, monsieur l'auteur, si vous passez par ici, rassurez-vous, elles n'ont été utilisées que par moi-même, une fois, aujourd'hui, et ce sera sans doute la seule), pour en faire la lecture à un groupe de marmots tout en leur permettant de voir de quoi il en retournait. Au début, ils ont été perplexes. Et peu à peu... conquis.

Les parents mentionnés plus haut me disent parfois qu'ils se demandent à quoi pensent les auteurs en écrivant pour les enfants, et c'est vrai qu'il y a de quoi s'interroger. Ce petit roman est vraiment une réussite, MAIS d'un tel niveau d'exigence qu'il a de quoi décontenancer le jeune lecteur.

 

 

 

 - Tom et Tim chez les Extraterrestres, de P. de Bourgoing et Y.Calarnou.tom-tim.jpg

Bon.

Hum.

Tom et Tim sont les héros d'une série qui présente une lettre à chaque fois, nous sommes dans celui de la lettre E. Ah si, un truc sympa : les pages se déplient et donnent une illustration nouvelle. A part ça... aucune histoire, des phrases prétexte à caser des "e", des mots qui flottent à côté des objets qu'ils désignent. Une furieuse impression de manuel scolaire vaguement fun, mais vu l'état de la série encore en rayon à la Municipale ma Voisine (pas du genre à laisser s'empoussiérer les vieilleries), c'est un truc qui sort beaucoup.

 

course-espace.jpg- La course de l'espace, de M.Cantin et L.Richard.

Là, non. Mais non, ce n'est pas possible. La féministe en moi hurle (qu'est-ce que cette greluche de Zaza à la fusée rose fuschia ? que ce petit con de Nigo - le bien nommé - qui reçoit en récompense de sa tricherie un "gros bisou sur la joue" ?), la grande enfant se sent vexée par la répétitions niaises (foi de Zaza, ça ne va pas se passer comme ça !... c'est ça, ouais...). Pourtant, l'idée de départ était amusante, une planète qui a le hoquet, c'est une idée fun... mais non, merci, pas pour moi.

 

alex.jpg- Alex l'extraterrestre, d'E.Trédez et E.Balandras.

J'ai cru en commençant que je le détesterais pour les mêmes raisons que le précédent, l'histoire s'ouvrant sur une compétition entre filles et garçons. Mais c'est alors que débarque Alex, l'extraterrestre... qui s'amuse bien de tout ça et ne se décide pas à dévoiler son sexe. Et là, sans être de la haute littérature, c'est néanmoins amusant et en plein réalisme des cours de récréation.

 

 

Et pour finir, ma découverte préférée : L'enfant bleu, de J.-M. Ligny et J.-P. Colbus.enfant-bleu.gif

Ouvrir un J'aime Lire me rajeunit de quelques dizaines d'années, et voir des hommes préhistoriques sur la couverture ne me motivait pas plus qu'à l'époque (oui, déjà, j'aimais les vaisseaux spatiaux et les voyages dans le temps, seul moyen de faire passer la pilule de la présence de nos lointains ancêtres). Ceci dit, le nom de Ligny contrebalançait, lui, je sais que j'aime ce qu'il fait.

Nous voilà dans une tribu qui souffre du froid et de l'hiver, où Amma, femme sans enfants, souffre encore plus de sa stérilité. Un soir, une étrange lumière bleue apparaît et le lendemain, elle découvre un enfant bleu, aux yeux roses, aux pieds munis de deux doigts. Il ne parle pas sa langue, mais elle le comprend. Il est seul, elle le recueille. Il y a la rudesse de la préhistoire et la poésie de personnages taiseux mais vrais, le tout relevé par des illustrations délicates. J'ai adoré.

Lire la suite

Roland C. Wagner

6 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

couv2 0328 - CopieCe qui est formidable, avec les "réseaux sociaux", c'est la rapidité de l'information.

Ce qui est épouvantable, avec les "réseaux sociaux", c'est la rapidité de l'information.

Elle vous arrive brute, se jette sur vous, vous saute au visage.

C'est ainsi qu'on apprend sans s'y attendre des nouvelles tragiques.

Auxquelles on ne se serait, de toute manière, pas attendu, tant elles paraissent démentes, improbables, impossibles. De mauvais goût.

 

On ne peut pas dire que j'ai bien connu Roland C.Wagner. Par contre, que je l'ai connu, oui. En tant que lectrice, tout d'abord, et encore, et toujours, il n'y a pas si longtemps, j'écrivais ici au sujet de Rêves de Gloire, monstre littéraire s'il en est. J'écrivais aussi ailleurs au sujet du Prix Rosny.

Prix que Wagner a eu six fois. Ce qui fait de lui l'auteur qui l'a eu le plus à l'heure actuelle, et il ne l'avait pas volé.

 

C'était hier. En parallèle, j'étais d'ailleurs allée une fois de plus sur sa fiche nooSFere, lister avec ma moitié poilue les titres qui nous manquaient. Un peu plus tôt, nous parlions de Rêves de gloire d'ailleurs, roman qu'il a adoré lui aussi, je pourrais pousser les révélations jusqu'à vous dire qu'il est fan de Wagner et... et que j'avais demandé à l'auteur plusieurs dédicaces pour lui.

 

Car à côté de l'oeuvre, il y a l'homme. Croisé à de nombreuses reprises sur des salons, des festivals, des conventions. Toujours inratable, que ce soit par ses tenues colorées, son goût de la provocation ou, surtout, par sa culture, son intelligence, son acuité sur les phénomènes de société, le monde, la littérature, la vie.

 

Un putain d'homme, un putain d'auteur. Et une putain de perte.

Lire la suite

Prix Rosny Ainé 2012

5 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Un journal semi-littéraire

couv2-0274---Copie.JPGL'info a déjà tourné et retourné partout sur le net, ce n'est donc pas un scoop que de publier ici la liste des nominés au second et dernier tour du prix Rosny Ainé, prix qui récompense chaque année un roman et une nouvelle de science-fiction (pour les curieux de l'organisation, je conseillerais un clic ici ).

 

Cette année, je suis décidée à lire tous les finalistes, au moins dans la catégorie romans,et en ayant lu trois parmi les huit candidats, la chose est grandement jouable avant le deuxième tour. Voilà donc la liste, et les liens vers mes éventuels billets :

 

 

 

 

Lionel Davoust – Léviathan : La Chute  (Don Quichotte) Lu et aimé, billet à envisager

Thierry Di Rollo – Bankgreen (Le Bélial’) idem que le précédent

Thomas Geha – La Guerre des Chiffonneurs (Black Coat Press)

Éric Holstein – D’Or et d’émeraude (Mnémos)

Anne Lanièce – L’Ardoise magique (Souffle du Rêve)

Norbert Merjagnan – Treis, Altitude Zéro (Denoël)

Roland C. Wagner – Rêves de Gloire (L’Atalante)

Laurent Whale – Les Étoiles s’en balancent ( BCP et Critic)

 

Lire la suite

Les Tours de Samarante (Norbert Merjagnan)

1 Août 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

tours.jpgSamarante est une cité perdue dans le désert, l'aliène, où six tours difficilement concevables s'élèvent vers le ciel. Au pied de ces tours vivent des hommes. Des hommes classiques, comme Triple A, qui appartient à une jeunesse perdue et pleine de rêve, ou moins conventionnels, comme Cinabre, une préfigurée seule de son espèce, livrée à elle-même par son concepteur. Autour de ces tours, le désert s'étend, ponctué par d'autres cités et quelques tribus nomades, dont celle où Oshagan, héritier unique d'une famille ancienne a trouvé refuge.

Alors qu'Oshagan revient à Samarante, Triple A se fait condamner pour une étrange forme d'atteinte à l'ordre public : sans aucun effet, il a tiré sur l'une des tours, symbole pour lui d'un pan de la société qui lui échappe. Son corps est conservé tandis que son esprit prend les commandes des yeux de Samarante, Argus qui ne laisse à l'abri nulle venelle et trouve davantage d'efficacité dans les neurones humains. Au même moment, Cinabre se lance à la recherche de l'organisatrice de soirées très privées auxquelles elle est conviée... et sombre dans un guet apens qui approfondit les aspects les plus noirs de la cité, déjà peu avenante.

Nous sommes ici dans un univers sombre comme je les aime, où l'humanité pense chercher son salut en délaissant un pan entier d'elle-même. Les technologies permettent de conserver la mémoire de plusieurs génération, de donner l'empathie la plus parfaite à ses préfigurés, d'organiser les systèmes de surveillance les plus pointus... tandis que l'eau est une denrée rares, et les bas-fonds de la ville une forme d'enfer.

Une lecture sombre, éclairée deci delà par quelques notes d'espoir incarnées par les personnages principaux ou secondaires. La rage de vaincre d'Oshagan. La douceur d'Orode, végétal doué d'une modeste raison et de langage, la beauté même de son idée. La simple humanité de Raks et Kaja. Incarnées surtout par Cinabre, dont le mystère persiste malgré quelques éclaircissements, et laisse entrevoir de nombreuses pistes pour la suite...

 

... laquelle suite est d'ailleurs nominée au 2e tour du prix Rosny ainé. Si j'ai plutôt bien aimé ce premier opus, j'en attends maintenant un peu plus du second...

Lire la suite