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  Journalsemilitteraire

V pour Vendetta (Alan Moore, David Lloyd)

27 Janvier 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

v.jpgVoilà une BD déroutante, et pourtant, ô combien bonne...

Vivant dans une dimension parallèle, je n'avais jamais entendu parler du film ni de la BD avant les Utopiales dernières. Seul le masque m'évoquait quelque chose, à savoir les Indignés et la révolte. Il était temps que je passe aux origines du symbole.

Fin des années 90. L'Angleterre est une dictature, la catastrophe a eu lieu et un état fascisant est en place oppressant et exploitant l'homme comme il se doit dans un tel contexte. L'humanité de la fiction n'est pas trop loin de celle d'aujourd'hui : épuisement, désespoir, peu de temps, d'énergie et surtout peu de clefs pour réfléchir au monde alentour. Un soir où une adolescente part vendre son corps pour la première fois, la mort dans l'âme, son premier client est un agent de l'ordre. Bien sûr, ce qu'elle veut faire est interdit et mérite un châtiment, mais ce serait encore trop agréable pour elle si l'homme et ses sbires ne profitaient pas de la situation auparavant. Tout à coup, tel le héros surgi de la nuit, un inconnu intervient, la sauve et ... une première explosion a lieu. L'homme au masque, le sauveur, se fait appeler V. Aussi efficace que mystérieux, il est l'agitateur, le réveil des foules et l'angoisse du pouvoir qui ne parvient qu'à découvrir une chose : V est un ancien détenu d'un camp où se pratiquaient des expériences peu avouables, ce qui aurait eu pour conséquence d'en faire un homme à part.
Nous sommes bien du côté comics, monde que je connais peu, mais V m'y parait à part. Il est simplement fascinant. Son langage se fait de citations littéraires, son esprit reste à la fois insaisissable et transparent, ses actes extrêmes et désintéressés, au service d'une seule cause : impulser la révolution. Quel qu'en soit le prix, il sera celui qui détruit pour permettre aux autres de reconstruire.

Le tout dans un dessin dense, pesant comme Londres et l'angoisse qui y règne, avec un scénario peut-être classique, mais où les ficelles sont suffisamment bien tirées pour qu'on les oublie. Heureusement que j'ai lu l'intégrale sans avoir à patienter entre les différents tomes.

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La momie de la Butte-aux-Cailles (Claude Izner)

27 Janvier 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

momie.jpgUn tout petit billet sur une lecture qui commence à dater et que j'aurais déjà oubliée si elle n'était restée sur mon bureau...

Prêt d'un ami amateur de polars, qui me l'a présenté comme un roman où le personnage principal est la ville de Paris à la fin du XIXe. Après lecture... il avait totalement raison ! Non que ça m'étonne, mais trois semaines après l'avoir refermé, c'est à peu près tout ce qui m'en reste.

Pour ne pas résumer, ce roman est le 8e tome d'une série, dans laquelle les personnages sont les mêmes et évoluent. Tout commence ici lors d'un déchargement de bateau, quand un gamin de Paris fait une découverte horrifiante, se prolonge avec le licenciement d'un employé modèle d'une usine de parfums et la mort particulièrement suspecte d'une brave brocanteuse avec qui l'un des héros (et néanmoins libraire) a l'habitude de traiter. Je ne me suis pas prise au jeu de reconstituer les pièces du puzzle qui forment l'énigme (si je suis honnête avec moi-même... ça m'intéresse rarement), par contre, le portrait de Paris.... je me suis laissée séduire.

Un roman finalement très reposant, mais aussi bien agréable, dans une atmosphère qui semble être la cousine française des textes d'Anne Perry.

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L'Orange mécanique (Anthony Burgess)

14 Janvier 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

orangeJe suis tombée hier sur un "vieil" article de Cachou (oui, je lis parfois les blogs que j'apprécie dans le désordre chronologique le plus total) qui m'a fait un effet boeuf dès le titre. En effet, en cataloguant ma bibliothèque, je l'avais recroisé, et m'étais dit que c'était une priorité de relecture !

 

Ah, L'Orange Mécanique... ces mots résonnent particulièrement en moi. Ils sont associés à l'époque où j'étais au lycée, où je lisais de manière boulimique sans jamais lever le nez vers la télé, en écoutant ce que d'aucuns qualifieraient comme du gros punk qui tâche. Les Béruriers noirs, entre autre, qui glissent ces mots au détour de Vivre libre ou mourir... j'ai lu le livre par curiosité, pris une première claque, vu le film, qui en a été une deuxième, du haut de mes 16 ou 17 ans. Déjà un peu plus âgée qu'Alex.

 

Plus de 15 ans plus tard, si j'avais revu l'oeuvre de Kubrick, je n'avais jamais relu Burgess. Je l'ai fait hier et aujourd'hui, quasiment d'une traite, oubliant un four qui sonnait et n'entendant pas arriver une voiture dans ma cours.

 

Mais quoi, mais qu'est-ce ? demanderont ceux qui découvriraient ici ce titre.

L'Orange Mécanique est l'histoire d'Alex, jeune plein de vie, particulièrement friand d'ultra-violence, de sang qui gicle bien rouge et de devotchkas aux formes généreuses. La nuit, il retrouve ses drougs avec qui il prend du bon temps en castagnant le quidam moyen, braquant les petits commerçants et violant à tout va. Le jour, il sèche les cours chez Pôpa et M'man où il récupère de ses nuits bien remplies avant d'aller quérir quelques disques de musique classique dont il est particulièrement amateur.

Or, ses drougs sont des traîtres, et voilà qu'Alex se fait prendre, juger, emprisonner. Un nouveau meurtre involontaire l'amène à se faire remarquer et le voilà cobaye idéal pour la méthode Ludovico, destinée à réhabiliter le criminel le plus endurci en le dégoûtant définitivement de toute forme de violence. Le lecteur comprend rapidement que Notre Humble Narrateur n'est pas seulement cobaye, mais aussi symbole, instrument, marionnette pour ceux qui lui infligent le traitement. Puis pour ceux qui prétendent l'aider à retrouver une vie normale.

 

Le texte prend aux tripes dès les premières lignes. L'écriture de Burgess, même traduite, est virtuose, les néologismes percutants et le personnage d'Alex aussi odieux que pitoyable. Odieux quand on y réfléchit objectivement, car la narration à la première personne et la déshumanisation de ses victimes posent une distance énorme entre ses actes et leur gravité. Son absence de moralité est totale, son plaisir dans la violence palpable, et, si la réaction sensée devrait être le rejet, il inspire aussi une immense sympathie. Parce qu'au fond, même avant d'être aux mains du système pénitentiaire, la faille est évidente. Coupable, mais pas responsable. Alex est le produit d'une société à la dérive. Qui finira par se délecter de l'image créée par Alex, sans s'interroger une seule seconde sur ce qu'elle cache.

L'homme est noir et sans espoir ici. A la méthode Ludovico près, ce monde est déjà un peu le nôtre.

 

Au final, un roman sain, une lecture à faire absolument, pour continuer à s'interroger sur le monde dans lequel on vit.

Je me referais bien Farenheit 451, pendant que j'y suis...

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Sublutetia (Eric Senabre)

14 Janvier 2012 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

sublutetiaLa quatrième de couverture nous annonce "Un roman pour ceux qui veulent savoir ce qu'il y a sous leurs pieds". Bon. Personnellement, je trouve la formule maladroite, mais comme j'ai arrêté de lire les quatrièmes et que je sais que ce ne sont pas souvent les auteurs qui les rédigent, rien de bien grave.

Je m'étais fiée au titre et à la couverture quand j'ai emprunté ce roman, attendant (soyons honnêtes, on a souvent des espoirs en débutant un livre!) à une histoire d'aventures à la Voyage au centre de la Terre, pourquoi pas avec un soupçon de steampunk, le tout se lisant d'une traite comme un roman jeunesse bien ficelé dont on garde peu de chose sinon l'impression d'un bon moment de pause.

Eh bien...

Eh bien. Très vite, j'ai été agacée par l'écriture facile et les personnages. Lors d'une sortie scolaire, Keren et Nathan perdent leur groupe dans un changement de métro, prennent une autre rame qui les entraine loin du trajet habituel. Trajet que Nathan semble parfaitement connaître, même si le métro est visiblement pour lui lieu de toutes les angoisses. Les voilà seuls avec un inconnu lorsque le train s'arrête station Gérard Nerval, laquelle ne figure sur aucun plan, et que, alors que des bruits se font entendre, l'inconnu n'a qu'un conseil à leur donner : " Fuyez ! ". Et les voilà partis dans un réseau de galeries mystérieuses, traqués par des hommes en costumes de théâtre.

Bon.

C'est très mystérieux, et, pourquoi pas ? Je suis pourtant bon public en matière de niaisieries et de jeunesse. Mais non, rien à faire, j'ai abandonné ce roman peu après le milieu. Trop d'événements cousus de fils blancs . Tiens, on dirait que Nathan cache un terrrriiiiiible secret... ah, tiens oui. Je parie qu'il va chercher son père disparu ? Oui. La gourdasse qui l'accompagne va le suivre, bien sûr. Bien sûr. Ce sont les valeureux aventuriers qui découvrent "un monde qu'ils n'auraient jamais dû découvrir", alors que ce même monde doit être sauvé imminement, monde dans lequel on a des gentils pas vraiment gentils et des méchants très, très méchants. Note particulière à un groupe de méchants : des orangs-outans vivent eux aussi sous terre ! Sous le règne d'Hutan (si, si), qui communique avec les hommes grâce au langage de signes, retenus de l'éducation d'un chimpanzé... c'est la lectrice de SF en moi qui s'est mise à pleurer de désespoir quand on a appris que la lumière de la ville souterraine venait de cristaux situés à l'extérieur, dans une carrière à ciel ouvert que de très vilains agents immobiliers capitalistes allaient transformer en centre commercial... je ne sais plus dans quel ordre les infos ont été données, mais le cumul a été trop pour moi et, pour une fois, je n'ai aucun remords à laisser tomber en cours de route.

Enfin, ce titre aura eu le mérite de me faire découvrir les éditions Didier Jeunesse... dommage pour un premier contact.

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