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  Journalsemilitteraire

La survivante (Octavia E. Butler)

24 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

survivante.jpgFi, la vile couverture ! Voilà ce qu'on pourrait dire sur ce livre, de prime abord. Mais voilà aussi une image qui fera réagir les connaisseurs, et c'est fort émue que je vais vous dire quelques mots de ce roman, non seulement parce qu'il est d'Octavia Butler, mais aussi parce qu'il est le premier CLA que j'ai acheté en connaissance de cause...

CLA, mais qu'est-ce? Non, pas "classe d'accueil", comme pourraient le penser ceux qui connaissent la chose, mais Club de L'Anticipation, une collection mythique d'Opta qui publia dans des éditions cartonnées, illustrées et numérotées des auteurs comme Simak, Van Vogt, Heinlein, Asimov, Clarke, Anderson... un sacré casting, des détails du côté de nooSFere. Un objet geek à forte tendance collectioniteuse, donc.

 

La Survivante raconte l'histoire d' Alanna. Sur une Terre en proie à la crise, un pasteur et sa femme l'ont recueillie après avoir perdu leur propre enfant, malgré la désapprobation de leur communauté. Alanna est noire, Alanna est une sauvage, Alanna n'est peut-être pas capable de comprendre la parole divine. Pourtant, Alanna monte à bord du vaisseau qui emmène ces missionnaires vers une planète où l'homme peut vivre, malgré les autochtones, animaux humanoïdes couverts de poils aux couleurs changeantes.

Il s'avère pourtant que ces créatures ne sont peut-être pas si animales que l'homme aimerait à le croire... plusieurs tribus s'affrontent dans des conflits bien de chez nous, enlevant parfois leurs ennemis, tenant l'homme sous l'influence du meklah, produit alimentaire extrêmement addictif dont le sevrage semble impossible si on souhaite en survivre.

 

La force de ce roman n'est pas celle des Paraboles, mais elle est là pourtant. Si l'ensemble m'a d'abord paru un peu obscur (va-et-vient entre les narrateurs et les époques), l'immersion est vite totale dans l'esprit d'Alanna, et les thèmes présents dans les autres romans que j'ai lus de cet auteur sont là. ce sont eux, entre autres, qui font qu'elle me parle autant. La femme, la différence, la dignité, le métissage.... ah. Voilà, peut-être y a-t-il une part d'idéalisme malgré la dureté des mondes de Butler, mais j'ai trouvé ce texte, encore une fois, magnifique.

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La Patrouille du temps (Poul Anderson)

18 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

patrouille.jpgAprès une lecture déçue de Palimpseste (dernier titre de Charles Stross traduit à ce jour, jusqu'à la sortie très imminente et très attendue par moi-même du 4e tome des Prince-marchands... si celle-ci n'a pas eu lieu cette semaine, d'ailleurs), je me suis dit qu'il était temps de lire enfin les aventures de la Patrouille du temps,

Voilà un de ces titres que j'associe automatiquement à un âge d'or de la SF sans être capable d'exprimer clairment pourquoi, et maintenant que je l'ai lu, j'ai au moins la satisfaction de me dire que j'ai raison. Non seulement, le thème du voyage temporel me fascine, mais... les aventures d'Everard tiennent en haleine, aussi bien pour leur rythme que pour la richesse historique dans laquelle chaque nouvelle s'inscrit.
Car nous sommes finalement ici dans un recueil de nouvelles. Tout commence avec le recrutement d'Everard, qui découvre l'existence de la patrouille avant de suivre une formation pour travailler au service de celle-ci. Et quelle formation: le voilà envoyé au pléistocène, avec d'autres agents venus de toutes les époques, avec un commun des aptitudes détectées pour le travail qu'ils auront à effectuer... Quel est-il, ce travail? Contrôler le temps, en quelque sorte. Ou plus précisément, contrôler ce qui peut être vu comme des anomalies dans le déroulement des évènements tels qu'ils se sont passés.

Anderson joue avec l'histoire, avec les grands hommes et les conséquences de chaque geste. Au-delà de simples récits d'aventures, il invite à réfléchir au déroulement de l'histoire, aux échos des faits dans leur futur... et c'est une lecture tout simplement magnifique, autant que nécessaire pour renouer avec l'idée du voyage temporel.

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Komarr - La saga Vorkosigan (Lois McMaster Bujold)

5 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

 

komarr.jpgJe ne ferai aucune critique sur ce livre. D'abord, je ne l'ai même pas fini.

Mais surtout, surtout... je prends un tel plaisir à chaque tome des aventures de Miles Vorkosigan qu'elles méritent bien une page de pub, voilà, comme ça, gratuitement. Le moindre élément de résumé serait de toute façon spoiler pour qui n'aurait pas lu les tomes qui précèdent, et comme je prends le gros de mon plaisir à découvrir sans aucune info chaque nouvelle aventure... je ne voudrais le gâcher à ceux qui auraient le même manière de les lire.

Vous n'aurez qu'une anecdote. Je lis à peu près sans problème dans les transports en commun et je me disais ce soir, sur le chemin du retour, que décidément, chaque roman mérite d'être savouré, et que je serais capable d'en oublier mon arrêt, et je le serais presque aussi de demander à ceux qui m'entourent d'être un peu moins bruyant, car je lis un Vorkosigan, bordel.

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Dans l'oeil du cyclone - Dossiers Dresden, tome 1 (Jim Butcher)

5 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures d'après Minuit

dresden1.jpg Même s'il a tous les attributs du détective privé classique, Dresden est magicien et travaille en free-lance: bureau miteux, compte en banque en berne, collaboration avec un duo de flics dont un perplexe... il est consultant sur les affaires étranges où la magie ou l'inexplicable seraient intervenus. Voilà qu'en pleine période de vaches maigres, il est appelé pour un meurtre particulièrement sanglant dont la méthode ne laisse aucun doute: pour que deux coeurs quittent les corps qu'ils occupent simultanément, occasionnant de forts débits d'hémoglobine, il y a des chances qu'un sorcier particulièrement doué soit de la partie.

 

Ce titre a failli faire partie de mon précédent article, le personnage de polar ultra-cliché n'étant pas vraiment ma tasse de thé. Néanmoins, j'ai persisté, sans regrets : une paire d'heures un dimanche pluvieux, un style très "page-turner", une pointe d'humour et du suspens convenable. Oui, "convenable", pour ne peut-être pas dire "convenu": les ficelles sont bien habituelles mais une pointe d'humour et le narrateur, finalement sympathique, font du tout une lecture de grande consommation qui repose l'esprit.

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Voix du futur (Richard Comballot)

4 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures curieuses

VOIX.jpgUn livre bien particulier, dont je n'ai pas fini la lecture, mais dont je vous parle néanmoins. Parce qu'il le mérite.

 

Richard Comballot réunit ici 8 entretiens avec des auteurs de Sf français, Grands Anciens ou plus récents. Je ne suis pas une grande lectrice d'interviews (j'en sors chaque fois pleine d'idées de lecture et de frustrations de ne pas tout avoir sous la main, c'est donc plutôt mauvais pour moi), mais je viens de me régaler avec celui d'Ayerdhal. On y découvre l'homme, ses lectures, ses colères, sa formation, ses livres... des éléments d'analyse sur la SF aujourd'hui, et surtout sur son histoire récente. Le tout avec les allures d'une conversation plus ou moins formelle, où les idées ont le temps de se développer et de lancer des pistes de réflexion au lecteur...bref, la démarche est passionnante, et lire sous la forme d'un livre et non d'une page web qui disparaîtra de notre mémoire sitôt refermée donne une portée différente au texte.

Je viendrai compléter au fur et à mesure de mon avancée ! Si je n'oublie pas.

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Abandons de la semaine: Walking dead, le Sorceleur

4 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

 

Retrouvant la boulimie de lecture qui me caractérise parfois, j'ai expérimenté des lectures d'après minuit qui m'ont laissée de marbre.

 

walking-dead-1.jpgTout d'abord, un comics, Walking Dead (qui de la série ou de la BD est sorti en premier?). Allée au bout du premier tome, je n'irai pas plus loin. Pourtant, je fais partie d'un très sérieux groupe de réflexion sur la conduite à tenir en cas d'invasion zombie, et j'ai lu très attentivement le Guide de survie de Max Brooks (on n'est jamais trop prudent). Mais là, non. Aucun accrochage, l'impression de voir s'empiler les poncifs et les ingrédients attendus de la littérature sur le thème, et rien ne m'a donné envie d'aller au bout des 13 tomes à ma disposition pour connaître le fin mot de l'histoire.

Vous voulez un résumé? Un flic se réveille d'une période de coma, pour trouver un hôpital puis une ville désertée. Un homme et son fils, installés chez ses voisins, lui expliquent ce qu'il a manqué: "ils" attaquent, ne sont pas bien malins (on parle de zombies), les survivants ont fui vers les villes où le gouvernement leur a promis protection. Bien sûr, le flic part vers Atlante en quête de sa femme et son fils (quelle surprise!), y trouve des survivants, et il s'avère que la protection promise n'est pas franchement efficace si on se fie aux charniers de militaires en pleine rue.

 

Un roman où je ne suis pas allée au-delà de la cinquantaine de pages: Le Dernier voeu, sorceleur.jpgd'Andrzej Sapkowski. Roman, non, nooSFere nous apprend qu'il s'agit en réalité de six nouvelles mettant en scène le même personnage, qui m'a laissée totalement indifférente. Peut-être ai-je commencé dans de mauvaises conditions, en attendant un bus qui n'arrivait pas? Patienter avec un roman/recueil qui s'ouvre par l'arrivée d'un mystérieux magicien dans une auberge ne me convient pas... on le voit ensuite venir à bout d'une malédiction, qui avait fait d'une jeune fille une strige. Moui. J'ai renoncé peu après le début du récit suivant, sans regrets.

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L'Avatar - Kushiel, tome 3 (Jacqueline Carey)

4 Septembre 2011 , Rédigé par Angua Publié dans #Lectures SFF

kushiel-3.jpgQuelques mots sur une lecture de vacances: ce dernier tome des aventures Phèdre Delauney.

Nous y retrouvons les personnages des tomes passés, plus vieux d'une dizaine d'années. Phèdre file le parfait amour avec Jocelyn, s'épanouit à la cour de Terre d'Anges, avec toujours une même ombre au tableau: la captivité de Hyacinthe, sacrifié pour elle dans le premier opus. Seuls les dieux peuvent intervenir, à condition de savoir leur parler, et Phèdre désespère de trouver un jour le Nom de Celui qui saura délivrer son ami d'enfance. Mélisandre est elle toujours prisonnière à la Sérenissima et pourrait être oubliée de tous si... si son fils, 3e dans l'ordre de succession au trône, avait été retrouvé. Celui-ci est introuvable, et l'est d'autant plus que Mélisandre se manifeste au moment où il disparaît pour elle aussi, victime d'un enlèvement. Un battement de cil, la promesse d'une réponse cherchée des années durant, et voilà Phèdre lancée sur la piste d'Imriel de Courcelles...

 

Jacqueline Carey confirme son talent de conteuse, enchaînant les rebondissements et les personnages comme elle sait le faire. Encore une fois, sa vision revisitée du monde dans lequel nous vivons donne du charme à l'intrigue, même s'il s'agit d'un roman aux conclusions sans surprises... que j'ai refermé en me demandant si j'étais encore capable de lire de la fantasy.

Entendons-nous bien, de la fantasy stricto sensu, pas de celle qui flirte avec les genres et ouvre des heures de débats sur la case où il faudrait absolument ranger un titre. Ce qui m'y agace de plus en plus est la place laissée aux Dieux et au destin, je suis profondément attachée au libre arbitre, au fond... et une conférence donnée par Ketty Steward à Tilff (tiens, Liliba demandait où j'étais, voilà un élément de réponse! ) a pointé autre chose qui me gène souvent sans que je n'eusse encore mis exactement le doigt dessus: la question du droit du sang. Au fond, tel est encore l'objet principal de Kushiel: Phèdre en est l'Elue, Imriel un héritier.

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